Accord entre le Burundi et l’UA sur le salaire des soldats burundais en Somalie

c2ia54lwqaaul0uAccord entre le Burundi et l’UA sur le salaire des soldats burundais en Somalie

Le Burundi et l’Union africaine (UA) ont  conclu jeudi un accord sur les modalités de paiement des soldats burundais déployés en Somalie dans le cadre de la force de l’Union africaine (Amisom), a annoncé à l’AFP le premier vice-président burundais, Gaston Sindimwo.

« Nous sommes satisfaits, nous avons bien discuté avec M. Chergui et un MOU (« Memorandum of understanding », protocole d’accord) a été signé », a déclaré M. Sindimwo, après une rencontre avec le Commissaire paix et sécurité de l’UA, Smaïl Chergui.

Ce mémorandum a été signé dans la matinée entre les envoyés de l’UA et une délégation burundaise comprenant les ministres des Affaires étrangères, de la Sécurité publique et de la Défense.

Le Burundi avait fait pression sur l’UA en annonçant lundi qu’il allait entamer la procédure de retrait de ses troupes déployées en Somalie, si aucun accord n’était trouvé sur le paiement des salaires de ses soldats.

« C’est clair, la question du retrait de nos soldats (de Somalie) n’est plus à l’ordre du jour », a affirmé M. Sindimwo. « On a trouvé une solution qui sauvegarde notre souveraineté nationale et donc la question du retrait de nos soldats de l’Amisom ne se pose plus ».

Les salaires de l’Amisom sont financés par l’Union européenne (UE), mais les modalités de paiement sont encadrées par un accord entre l’UA et les pays contributeurs.

L’UE ne versait plus depuis des mois à Bujumbura les 5 millions d’euros mensuels destinés à payer les soldats burundais en Somalie.

Elle avait demandé à l’UA de trouver un moyen de payer ces soldats directement, sans donc passer par la Banque centrale du Burundi, afin d’empêcher le gouvernement de ce pays, asphyxié économiquement par des sanctions internationales, d’utiliser cet argent à d’autres fins.

D’après l’accord conclu, l’argent dévolu au paiement des salaires et de leurs arriérés passera par une banque commerciale burundaise, a expliqué M. Sindimwo, parlant d’un « bon compromis » pour le gouvernement.

Il reste cependant à voir si l’Union européenne sera convaincue par le nouveau mécanisme proposé. Aucun diplomate européen en poste au Burundi n’a pu être joint pour le commenter.

« Cela ne change pas grand-chose pour le gouvernement burundais, puisqu’il a la haute main sur la plupart des banques commerciales », a ainsi relevé un haut cadre burundais.

Avec 5.400 soldats, le Burundi représente le deuxième contingent de l’Amisom, après l’Ouganda. Déployée pour lutter contre les islamistes shebab ayant juré la perte du gouvernement central somalien, l’Amisom est forte de plus de 22.000 hommes.

Nairobi, 19 jan 2017 (AFP)

Le CNARED s’est tiré la récusation de Mkapa dans les pieds

c2r-clzxuaa0oddLe CNARED s’est tiré la récusation de Mkapa dans les pieds. C’est ce que vient de confirmer la session de « briefing » tenue à Arusha le 16 Janvier. Il y a une grande leçon à tirer dans cette chorégraphie maladroite et moins habile des membres de cette coalition, désormais ONG de droit Belge. Cette rencontre de Mkapa avec les opposants de l’intérieur comme de l’extérieur et les lamentations des proches de la galaxie cnarediste disant n’avoir pas été conviés (qui implicitement auraient participé s’ils avaient été invités) a sonné comme un tonnerre dans le ciel des radicaux du CNARED qui se disaient indispensables. Incontournables. Donc coup de tonnerre. Certains des membres de la coalition qui venait de passer des semaines à vilipender Mkapa ont répondu à l’appel de William. Benjamin a séduit. William a convaincu. Mkapa a conquis. D’une main douce. Et la malheureuse abdication de certains des hommes de Jean Minani parle d’elle-même et témoigne les débâcles d’une entité politique clopinant entre incohérence et incompétence avec une attitude aussi étrange qu’est leur culture politique. Le virtuel Titan tombe. Jupiter s’éclipse. Et cette fois-ci sans moindre doute.

En Décembre 2016 lors de sa visite officielle à Bujumbura où il avait rencontré différents acteurs politiques, activistes et confessions religieuses, William Mkapa facilitateur de la médiation régionale dans le problème politique burundais soutenu jusque là par la communauté internationale et continentale avait parfaitement et clairement laissé entendre que ceux qui comptaient sur lui pour remettre en question la légitimité de l’actuel chef de l’Etat était « out of their minds » et que cela était une « folie ». Oui, Mkapa l’a dit. Et ni Museveni ni Magufuli ne l’a jusqu’ici contrédit. La cure a été difficile à ingurgiter pour l’opposition radicale en exil rassemblée au CNARED et la réaction ne s’était pas faite attendre. « Mkapa s’est déclassée lui-même…Il n’est plus en mesure de conduire une facilitation neutre et impartiale… ». Une réaction jugée par plusieurs analystes politiques de « précipitée » et de « sans effet ». Des mots en totale contradiction avec les actes et qui manquent de consensus en dehors de la Belgique.

Mais d’abord souvenons-nous. La raison première d’être du CNARED trouve son origine dans la contestation d’un « troisième mandat » de Nkurunziza. Ils n’ont que ça en commun. Rien d’autre. « Nkurunziza doit tombe. Peu importe le sacrifice matériel et humain à engager » disaient-ils. Après avoir subi des multiples défections partant de Audifax Ndabitoreye à Hussein Radjabu en passant par Pacifique Nininahazwe et Vital Nshimirimana, le CNARED est, après la reddition de FRODEBU, de l’UPRONA et du CNDD, presque vide structurellement et substantiellement. En se faisant désavoué par les membres de son groupe,  Minani et ses acolytes partisans du statu quo se voient  dans une situation extrêmement délicate pouvant leur assurer défaite et humiliation parce qu’ils restent minoritaires. Oui, Minoritaires et donc faibles.

Et puis, parlons forces politiques en présence au CNARED. En déhors du FRODEBU, CNDD et  UPRONA, il n’y a que le MSD de Sinduhije. Le reste des partis ne sont là que pour amuser la galerie. Avec les trois premières formations politiques en phase de rejoindre le bâteau présidentiel, car priorisant la « gestion du mandat » que le mandat lui-même comme l’a révelé à demi-mot Bamvunginyumvira sur Ikiriho, le CNARED se retrouve dans un embarras total. Et tout le monde sait très bien ce que pensent le MSD et son boss Sinduhije: ‘il faut faire plier Nkurunziza par les armes’. La participation de l’UPRONA, du CNDD et du FRODEBU dans le briefing de Mkapa en foulant aux pieds la décision du CNARED de ne plus considérer William comme facilitateur a signé une fracture entre deux oppositions radicales irrécinciliables pourtant membres d’une même plateforme politique pouvant conduire à une rupture définitive. L’une privilégiant la violence, l’autre préférant le dialogue. Cette deuxième faction a déjà compris que la politique de la chaise vide ne paie pas et malgré qu’elle soit encore minée par des chicaneries internes, la balle a été lancée et elle est dans le camp de ceux qui entendent se faire entendre par la violence.

Or, pour un gouvernement qui les qualifie déjà de « terroristes » et de « criminels » la voie armée lui donnerait encore une  raison de les noyer impitoyablement dans le sang. On serait encore parti pour d’autres mauvais mois d’une polémique sanglante inutile qu’ils ne gagneraient pas. Bujumbura, par le fait que le CNARED, qu’il ne reconnaît d’ailleurs pas en tant qu’entité, a précipitamment claqué la porte et refusé de rencontrer Mkapa sous de faux prétextes, pourrait alors dénoncer la mauvaise foi de certains acteurs politiques qui demandent une chose et son contraire. Qui réclament le dialogue politique en menant des activités à caractère terroriste contre le Burundi. Et tous les moyens seraient bons pour combattre le terrorisme. Il opterait alors, avec la bénédiction de Mkapa et donc de la communuté internationale, pour la composition avec le FRODEBU, CNDD et UPRONA qui s’ajouteraient sur Rwasa. Et vous savez la suite? Une large coalition politique contre le terrorisme serait lancée pour anéantir Sinduhije et tout autre acteur qui penserait encore à la guerre. A l’état actuel des choses, revenir sur sa propre décison tout en répondant au dialogue prévu en mi février à Arusha humilierait peut être mais  éviterait le CNARED de s’effondre. Sinon, il se l’est tirée dans les pieds et en l’état, il est incapable de bouger.

Des deux oppositions radicales justement. La menace qui pèse sur elles est réelle. L’écoulement de l’une conduirait peut être, juste peut être, à la survie de l’autre mais l’écroulement de l’une entraînera indubitablement l’écroulement de l’autre. Et la mort s’en suivra. L’un doit s’écouler pour que l’autre survive. Le choix est clair. Survie ou mort ? Violence ou dialogue? Cependant, le problème majeur pour ces deux factions reste qu’elles sont en manque criant de crédibilité. Elles n’ont pas de base populaire solide qui leur permettrait de conquérir le pouvoir. Surtout pas aujourd’hui et même pas  en 2020. Et somme toute logique, Rwasa Agathon règne sur l’opposition. La vraie opposition. Il l’incarne et pourrait probablement et possiblement lui rendre une posture d’une plausible alternative au CNDD-FDD. Le possible nous impose cette réalité parce qu’en politique c’est avant tout le rapport de force sur le terrain et non sur le clavier.

Tout ce couac au sein de la plateforme qui s’est depuis vers fin 2015 présentée comme une alternative au pouvoir de Bujumbura ne fait que réconforter et renforcer Nkurunziza et son parti. Le CNARED étouffé. Le CNARED éssouflé. Le CNARED affaibli. Le CNARED souffrant. Le CNARED agonisant. Le CNARED mourant. Il est au bord du gouffre et rien, en l’état, ne paraît pouvoir l’empêcher. Et cette vérité est cruelle. Terrible. Effrayante. Mais réalité quand même.

En récusant Mkapa, le CNARED s’était censuré lui-même et en se faisant cloué au pilori par ses propres membres, qu’importe le nombre, en répondant gaillardement à l’invitation de Mkapa, il venait de décocher la flèche la plus empoisonnée et la plus fatale. Le CNARED aura beau dire et beau faire mais il restera aux yeux de l’histoire, un rassemblement politique, à l’image de ADC-IKIBIRI en 2010, qui a mis du temps à édifier son image au crayon en ignorant que son portait, se faisait peindre avec de l’ancre indélébile à cause de son  incohérence et de son incompétence.

https://fridolinandres.wordpress.com

CNARED: l’incohérence ultime

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Sur les 11 personnes présentes sur cette photo d’archives, il ne reste que 5 ou même 3 peut être au CNARED.

La réponse positive de certains politiciens de l’opposition burundaise à l’invitation du facilitateur controversé Benjamin Mkapa a suscité une vive polémique, sans parler des critiques acerbes venues de la part du Conseil national pour le respect de l’accord d’Arusha et la restauration d’un Etat de droit ( Cnared). Ce qui n’a pas laissé indifférent le blogueur Jean Marie Ntahimpera qui y voit certaines incohérences.

Après que Benjamin Mkapa ait qualifié de « fous » ceux qui ne reconnaissent pas la légitimité du président Pierre Nkurunziza, le Directoire du Cnared a décidé de ne plus reconnaitre l’ancien président tanzanien comme facilitateur. Mais ce dernier a invité les politiciens au « debriefing » à Arusha le 16 janvier, et certains membres de cette plateforme s’y sont rendus, et pas des moindres. Les représentants du Frodebu et du Cndd étaient là. Les vice-présidents de l’Uprona de Charles Nditije étaient prêts à y aller, mais n’ont pas été invités. Les représentants des medias et des organisations de la société civile en exil se sont plaints de ne pas avoir été invités. Ce qui signifie que s’ils étaient conviés, ils s’y seraient rendus.

Que veut dire tout ça ?

Que le collectif des partis de l’opposition n’a pas ou n’a plus autorité sur grand-chose. Le Cnared a été créé pour unir l’opposition contre un pouvoir arbitraire. Mais le constat aujourd’hui est qu’il a échoué. Il est fait d’une dizaine de partis politiques, mais ceux qui ont un vrai poids sont nommément le Msd, le Frodebu et l’Uprona. Si les deux derniers n’écoutent plus le directoire du Cnared concernant une question aussi cruciale que la reconnaissance ou pas du facilitateur, c’est que le seul parti important qui reste fidèle ou loyal à la plateforme de l’opposition est le Msd. Mais il me semble qu’Alexis Sinduhije, son président, a pris une certaine retraite politique, ce qui me pousse à me demander ce que ceux qui parlent au nom du Cnared représentent réellement.

Le problème de cette plateforme à avoir une autorité sur ses membres est double. D’abord il a du mal à coordonner les partis membres. Ensuite, certains chefs de partis qui en font partie n’ont plus la main sur leurs partis. Soyons francs, on ne peut pas diriger efficacement l’opposition burundaise à partir de la Belgique. La géographie aussi compte.

Bonne décision, manque de stratégie

Je pense que la décision de ne plus reconnaitre Benjamin Mkapa est bonne. Après tout, le facilitateur ne sert à rien s’il n’a pas de respect pour une des parties en conflit. Mais cette décision aurait été efficace si tous les partis membres du Cnared et les leaders de la société civile en exil avaient tenu tous non seulement un même langage, mais adopté une même stratégie pour la suite des négociations. Si personne dans ces groupes n’avait répondu à l’invitation de Mkapa, celui-ci aurait compris qu’il n’avait plus de légitimité. Il allait se sentir ridicule, peut-être démissionner ou alors approcher le Cnared pour dire : « j’ai compris, c’est vous l’opposition légitime, dites-moi maintenant ce que vous voulez ». Mais maintenant que certains membres des partis les plus influents du Cnared sont prêts à répondre à ses invitations, et que les responsables du mouvement Halte au troisième mandat peuvent jouer leur carte de façon indépendante, Mkapa peut dire au directoire du Cnared d’aller au diable sans risquer de perdre son job. C’est le Cnared qui devient ridicule.

Visite de travail du commissaire Chergui de la Commission de l’UA

16105566_747827358708816_5607859212236015226_nLe commissaire en charge de la paix et de la sécurité au sein de la Commission de l’Union Africaine (CPS/UA), Ismaïl Chergui, est arrivé à l’aéroport international de Bujumbura mercredi après-midi pour une visite de travail de deux jours au Burundi.

La visite du commissaire Chergui au Burundi intervient au moment où la présidence burundaise vient d’ordonner au MRECI d’enclencher le processus de retrait des troupes burundaises déployés en Somalie dans le cadre de la Mission de l’Union Africaine en Somalie (AMISOM).

Le commissaire Chergui n’a pas fait de déclaration à son arrivée sur l’objet de sa visite comme le programme provisoire de son déplacement à Bujumbura, l’avait prévu.

« Aucun motif officiel n’est spécifié sur l’agenda de cette visite même si un observateur avisé de la scène diplomatique burundaise, peut tenter de le deviner », s’est contenté d’indiquer à Xinhua sous couvert d’anonymat un haut cadre diplomatique relvant du service du protocole du ministère des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale (MRECI).

Selon cette source, ce délégué de l’UA prévoit, au cours de son séjour burundais, des entretiens avec les plus hautes autorités burundaises dont le président Pierre Nkurunziza.

Créée par le Conseil pour la Paix et la Sécurité de l’Union Africaine (CPS/UA) le 19 janvier 2007 avec l’aval de l’Organisation des Nations Unies(ONU) à la suite de la guerre civile somalienne, l’AMISOM comptait, début 2016, 22.000 soldats ressortissants de quatre pays contributeurs africains, à savoir l’Ouganda (6000), le Burundi (5400), l’Ethiopie (4400) et le Kenya (3600), en charge de combattre le groupe terroriste somalien connu sous le vocable d’Al-Shabbaab.

Le gouvernement burundais a fixé le 6 janvier 2017 à la CSP/UA comme date butoir de paiement des arriérées de toutes indemnités dues à ses militaires déployées en Somalie dans le cadre de la participation burundaise aux opérations militaires de l’AMISOM faute de quoi il a brandi la menace de retrait de ses soldats.

Les arriérés des indemnités des soldats burundais déployés en Somalie dans le cadre de l’AMISOM, se comptent déjà 11 mois d’impayés à cause d’un « contentieux » survenu en 2016 entre le gouvernement burundais et l’Union Européenne(UE) financière des troupes contributrices.

Au deuxième semestre 2016, l’UE a décidé de durcir les sanctions financières contre le gouvernement burundais, en annonçant sa volonté de « payer directement » aux soldats burundais déployés dans le cadre de l’AMISOM leurs indemnités, sans que celles-ci poursuivent leur transit sur les comptes de l’Etat burundais, en empruntant les créneaux de la Banque de la République du Burundi (BRB).

Le gouvernement burundais a réagi en fustigeant cette décision de l’UE, en invoquant la nécessité de protéger sa souveraineté et le maintien intégral de son autorité sur ses troupes déployés en Somalie.

Le 15 juillet 2011, l’UA et le gouvernement burundais ont conclu un mémorandum d’entente dans le cadre du partenariat en ce qui concernant les relations les liant au niveau de l’AMISOM ; lequel mémorandum prévoit la possibilité du retrait « définitif de ses troupes en cas de violation des clauses de ce pacte par l’une des parties prenantes.

La présidence burundaise souhaite que le MRECI réfléchisse sur les modalités pratiques de retrait de ces troupes avant les assises du prochain sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’UA, prévu à Addis-Abeba(Ethiopie) les 30 et 31 janvier 2017, ainsi que de veiller à ce que cette tribune africaine en soit largement informée.

En novembre dernier, l’UA avait rejeté « fermement » la décision de l’UE de suspendre le paiement des salaires des soldats burundais déployés en Somalie dans le cadre de l’AMISOM, sans écarter « les lourdes et négatives conséquences de la décision européenne sur les opérations de l’AMISOM et sur les avancées sécuritaires déjà acquises » en Somalie.

French.china.org.cn |  le 19-01-2017

Bujumbura se trahit dans la visite de l’Ambassadeur Smail Chergui au Burundi (par NININAHAZWE Pacifique)

img-20170118-wa0006Bujumbura se trahit dans la visite de l’Ambassadeur Smail Chergui au Burundi

La menace de retrait des troupes en Somalia n’est qu’un leurre. Nkurunziza compte énormément sur cette mission pour tenir encore pendant quelques temps.

Première surprise. Le commissaire de l’Union Africaine le plus honni par le régime Nkurunziza est accueilli avec égards et honneurs militaires. Qui peut encore compter les anciens tweets de Willy Nyamitwe insultant l’Ambassadeur Smail Chergui ? Pourtant hier soir le Commissaire Paix et Sécurité de l’UA était chaleureusement accompagné de son frère Aimé Nyamitwe, du redouté Mutama 2 (Gen. Bunyoni), d’un autre ministre de Nkurunziza ainsi des généraux Prime Niyongabo et André Ndayambaje. Tout ça pour l’homme derrière MAPROBU ? C’est dire toute l’importance accordée à sa visite. Nkurunziza a désormais peur que l’UA et l’UE lui répondent : « nous prenons acte de ta volonté de faire rentrer vos troupes, discutons alors du calendrier !  »

Deuxième surprise : le symbole ! Des burundais avaient été choqués par l’absence de Nkurunziza aux obsèques du Général-major Juvenal Niyoyunguruza tombé en Somalie en septembre 2009. Le jour des funérailles, Nkurunziza s’était montré à la télévision nationale en train de chanter dans une église. Par ailleurs Nkurunziza ne s’incline jamais devant les corps de nos militaires tombés en mission, ce qui l’intéresse ce n’est que l’argent qu’il tire de leur sacrifice. À tout ce beau monde, l’Ambassadeur Chergui a donné hier soir une leçon magistrale : « ne trompez personne que vous aimez les troupes en mission plus que moi. Avant de traiter avec vous, laissez-moi d’abord honorer leur mémoire !  » Bien sûr il n’a pas dit ces mots, c’ est un diplomate. Mais sa visite au cimetière de Mpanda dès son arrivée à Bujumbura le dit mieux que toutes les paroles qu’il pourra prononcer.

Les choses sérieuses se passeront ce jeudi matin. Les troupes burundaises en Somalie ne sont pas payés depuis 12 mois parce que le partenaire financier de la mission, l’UE, ne peut pas financer le gouvernement Nkurunziza suite aux sanctions Article 96 de l’Accord de Cotonou.

L’UE veut payer directement les militaires burundais. Nkurunziza résiste et refuse de donner les listes des militaires à payer, parce que cela lui couperait une manne financière dont il a tant besoin. Bien plus, Nkurunziza recourt au chantage et menace de retirer brusquement les troupes. Au-delà des apparences bon enfant, que va dire réellement Chergui ? Va-t-il céder au chantage ou va-t-il rester ferme ? Une chose est sûre : l’ambassadeur Chergui, qui avait pris l’initiative de MAPROBU, connaît très bien la situation politique du pays. Il sait très bien que des « criminels » sont envoyés dans Amisom en guise de récompense à leur zèle dans la répression.

Il sait que l’argent provenant de Amisom va être utilisé par Nkurunziza pour financer les meurtres des burundais. Il sait que ces missions permettent à Nkurunziza d’endormir les ex-FAB tandis qu’il est en train de les détruire tranquillement chaque jour. Il sait que cet argent est souvent détourné au Burundi. Il sait tout. Et sa position va engager encore une fois la crédibilité de l’Union Africaine, aux yeux des citoyens africains et aux yeux de la communauté internationale.

Ce que le Commissaire Chergui ne connaît peut-être pas encore, c’est la position du Général Prime Niyongabo qui tente de sauver ce qui peut l’être encore. Prime tremble à l’idée de la fin des missions en Somalie, Il aura du mal à maîtriser les troupes. Prime est d’accord sur le principe du payement direct des militaires, à condition que l’argent passe par la banque centrale du Burundi. J’espère que l’UE et l’UA vont comprendre rapidement le piège de cette proposition : Bujumbura appliquera aux militaires le faux taux de change et s’emparera ainsi de la moitié des soldes ; Il pourra organiser des retards de payement et toutes sortes de retenus à la source qui lui permettront de continuer à utiliser l’impôt des citoyens européens pour verser le sang de son peuple.

Pour nous, le payement direct des militaires n’est pas une mauvaise chose si les soldes ne passent pas par la banque centrale du Burundi et si l’UA arrive à mettre en place un système sérieux de vetting qui empêche la participation de criminels aux missions. L’UA et l’UE doivent éviter de financer la mort des burundais ou de récompenser des criminels. Si rien n’est fait en ce sens, Il serait mieux de dire à Nkurunziza « merci pour la contribution hautement appréciée de vos troupes et discutons calmement de votre projet de retrait. »

NININAHAZWE Pacifique

Représailles contre quatre avocats engagés dans la défense des droits humains

siteon0L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme (partenariat OMCT-FIDH) condamne fermement la décision de la Cour d’appel de Bujumbura qui a confirmé la radiation d’Armel Niyongere, Vital Nshimirimana et Dieudonné Bashirahishize du Barreau de Bujumbura. La Cour a également suspendu pour un an Lambert Nigarura et lui a interdit de siéger au Conseil de l’ordre pendant cinq ans.

Le 16 janvier 2017, la Cour d’appel de Bujumbura a décidé de radier de l’ordre des avocats de Bujumbura MM. Armel Niyongere, président de l’ACAT-Burundi et directeur de SOS-Torture/Burundi, Vital Nshimirimana, délégué général du Forum pour le renforcement de la société civile(FORSC) et Dieudonné Bashirahishize, vice-président de l’Association des barreaux de la Communauté d’Afrique de l’Est. La Cour a également décidé de suspendre pour une période d’un an M. Lambert Nigarura, président de la Coalition burundaise pour la Cour pénale internationale (CPI), et lui a interdit de siéger au Conseil de l’ordre pendant cinq ans.

Cette décision fait suite à la participation des quatre défenseurs à la session d’examen du Burundi par le Comité contre la torture (CAT) des Nations unies. Les quatre défenseurs avaient tous participé à la production du rapport alternatif soumis au CAT sur la pratique généralisée de la torture au Burundi, avec l’appui de l’OMCT. Ils sont accusés de « participation à un mouvement insurrectionnel », « tentative de coup d’Etat », « trafic d’images » et « prise de position en violation des règles déontologiques ». Le 29 septembre 2016, l’Ordre des avocats du Burundi avait déclaré « non fondée » puis classée sans suite la demande de radiation transmise le 29 juillet 2016 par le procureur général près de la Cour d’appel de Bujumbura.

« Sanctionner des avocats pour leur participation dans les mécanismes onusiens est aussi indigne qu’absurde car l’implication de la société civile est un fondement du système et une garantie de son efficacité », a déclaré Gerald Staberock, secrétaire général de l’OMCT. « Cela ne fait que démontrer combien la justice burundaise manque d’indépendance. »

L’Observatoire rappelle que cette décision de radiation est symptomatique de la situation prévalant au Burundi : une guerre ouverte menée par le gouvernement burundais contre les droits humains. Celle-ci s’exprime de deux manières : d’un côté, le refus de coopérer avec toutes les instances internationales de défense et protection des droits humains (telles que la CPI ou les Nations unies) ; parallèlement, un harcèlement continu des défenseurs et des organisations de la société civile burundaise à la fois au Burundi et à l’étranger.

« Cette décision viole de manière flagrante les Principes de La Havane de 1990 sur le rôle du Barreau qui garantit notamment le droit à la liberté d’expression des avocats. Ces derniers ont le droit de prendre part à des discussions publiques portant sur le droit, l’administration de la justice et la promotion et la protection des droits de l’Homme », a ajouté Sheila Nabachwa, vice-présidente de la FIDH.

https://www.fidh.org

L’ambassadeur Smail Chergui a honoré la mémoire des militaires burundais morts en Somalie

img-20170118-wa0000L’ambassadeur Smail Chergui a honoré la mémoire des militaires burundais morts en Somalie

Le commissaire du conseil de paix et sécurité de l’Union africaine en visite au Burundi vient de déposer les gerbes de fleurs sur les tombes des militaires burundais tombés sur le champ de bataille en Somalie. Ici devant la tombe du feu Général Major Niyoyunguruza Juvénal tué le 17 septembre 2009 dans un attentat suicide des Al-Shabbaab à Mogadischio.