Le Burundi refuse un convoi d’aide rwandais

17952653_1313444212084413_3985406248122413364_nLes autorités burundaises ont refusé l’entrée sur leur territoire d’un convoi d’aide alimentaire en provenance du Rwanda, pays qu’elles accusent d’attiser la crise politique au Burundi.

Le convoi de 10 camions transportant 300 tonnes de nourriture est arrivé vendredi à la frontière entre le Rwanda et le Burundi. « Les formalités douanières ont été faites mais la police burundaise n’a pas fait passer le convoi », a explique aujourd’hui la directrice adjointe du Programme alimentaire mondial (PAM) au Burundi, Nicole Jacquet.

Cette aide était destinée à 100.000 personnes, des réfugiés congolais installés au Burundi mais également des Burundais. Quelque trois millions de Burundais nécessitent une aide alimentaire en raison de la grave crise politique qui secoue le pays depuis deux ans et de récoltes en baisse. Cette aide alimentaire avait été achetée par « la centrale d’achat du PAM » du Rwanda dans ce pays pour minimiser les coûts.

La police et le ministère de l’Intérieur burundais ont fait savoir au PAM qu’il y avait « un problème de sécurité » et, a ajouté Mme Jacquet, « les camions sont repartis ce matin sur Kigali ».

Le porte-parole de la police burundaise, Pierre Nkurikiye, a justifié cette décision aujourd’hui par le fait que depuis 2015, « il y a des criminels qui ont été appréhendés alors qu’ils venaient du Rwanda pour tuer des leaders ici ou commettre d’autres crimes ».

De nombreux messages de proches du pouvoir ont accusé ces derniers jours le PAM et le Rwanda de chercher à « empoisonner » les Burundais.

« Ce sont des informations mensongères (car) le PAM est toujours auprès du Burundi pour soutenir la population en insécurité alimentaire », a assuré Mme Jacquet.

Le Burundi accuse depuis le début de la crise le Rwanda d’en être l’instigateur et d’avoir créé des groupes rebelles d’opposants burundais, ce que Kigali a toujours nié. Depuis, les relations entre les deux pays sont très tendues, alors que de nombreux incidents ont été signalés à la frontière commune.

le 25/04/2017 à 20:56, http://www.lefigaro.fr/flash-actu

Burundi : «Le pouvoir qui peut faire disparaître n’importe qui»

33860832481_b587e3be46_zArrestations, chantage, disparitions. Face aux méthodes du pouvoir, les étudiants burundais n’ont d’autres choix que souplesse et discipline.

Le climat politique et social burundais est à la peur. Depuis sa réélection contestée en juillet 2015 pour un troisième mandat, le président Pierre Nkurunziza ne tolère plus la moindre contestation. Les arrestations arbitraires et disparitions d’opposants se sont multipliées. La répression a fait plus de 2 000 morts et plus de 400 000 Burundais et près de 2 000 militaires ont fui le pays selon un récent rapport de l’International Crisis Group. Depuis octobre 2016, l’ONU estime à 200 le nombre de disparitions.

Dans ce climat de tension généralisée, les étudiants burundais n’échappent pas à l’intransigeance des autorités. Après un mois de mobilisation, ils se résignent à «regagner les amphis, en espérant que les autorités arrêteront les sanctions et privilégieront la voix du dialogue», a indiqué mardi un de leurs représentants joint par Libération. Une décision qui met fin à un mois de grève contre le décret présidentiel réorganisant le système des bourses universitaires et des stages.

Une bourse changée en prêt

Jusqu’à présent les étudiants bénéficient sans condition d’une bourse d’études mensuelle de 30 000 francs burundais (moins de 17 euros). Le texte signé le 1er février 2017 par Pierre Nkurunziza prévoit de réformer cette aide publique en un prêt remboursable en fin d’études. «Cette nouvelle politique de prêt-bourse concrétise une volonté exprimée lors des Etats généraux de l’éducation en décembre 2014, explique Jean-Claude Karerwa Ndenzako, porte-parole du chef de l’Etat. Les étudiants vont désormais bénéficier d’un prêt qui évoluera en fonction du coût de la vie.»

Créée en 1964, l’université du Burundi compte actuellement plus de 14 000 étudiants pour une capacité d’accueil d’environ 4 000 places. Une explosion du nombre d’inscriptions qui rend nécessaire une réforme du système de financement et d’attribution des bourses. Le tout sur fond de profondes difficultés économiques.

Mais la hâte et le manque de communication du gouvernement n’ont fait que crisper les étudiants. Ces derniers estiment ne pas savoir quels seront les critères d’attribution de ces nouveaux prêts-bourses. Ni comment ils devront les rembourser si, une fois leur diplôme en poche, ils ne trouvent pas d’emploi. Aujourd’hui, une grande majorité des étudiants exigent le retrait du décret présidentiel et demandent à être associés aux négociations, craignant que leurs bourses ne finissent par être supprimées.

Une contestation diabolisée

Les étudiants de l’Ecole normale supérieure (ENS) avaient été les premiers à entrer en grève le 24 mars, avant d’être rejoint par ceux de l’université du Burundi (UB), puis par ceux de l’Institut national pour la santé publique. Dès le 28 mars, les premières arrestations ont commencé. «Le gouvernement préfère attaquer les étudiants plutôt que de choisir le dialogue» constate l’avocat burundais en exil et président de l’Action chrétienne pour l’abolition de la torture (Acat) au Burundi, Armel Niyongere.

«Tout gouvernement doit prendre ses responsabilités pour empêcher qu’une fraction d’étudiants, qui ne sont pas des citoyens honnêtes, en contaminent d’autres», se défend le porte-parole de la présidence. «Nous sommes dans un pays qui privilégie la bonne conduite, il y a une tradition et des mœurs qui doivent être observées, confie à Libération Jean-Claude Karerwa Ndenzako. Toute personne qui présente une entrave a l’ordre public peut être poursuivie.» Même si les étudiants ne sont associés à aucun mouvement politique d’opposition, le gouvernement les considère comme des «Sindumujas», terme qui désigne les opposants à l’actuel troisième mandat du président.

«Le régime essaye de casser le mouvement en le présentant sous l’angle politique. Les étudiants sont arrêtés sous prétexte de déstabiliser les institutions et d’atteindre à la sécurité de l’Etat» explique Vital Nshimirimana, président du Forum pour le renforcement de la société civile au Burundi (Forsc), exilé en Europe.

«Il y a une culture de la peur»

Le très redouté Service national de renseignement, le SNR, sous l’autorité directe du président, est chargé d’interpeller les étudiants jusque dans leur campus de Mutanga. Des arrestations aux airs d’enlèvements. «Quatre personnes m’ont embarqué et m’ont fait entrer dans une voiture aux vitres teintées. J’ai été directement conduit dans les locaux du SNR pour atteinte à la sécurité de l’Etat», raconte l’un d’eux, qui a depuis été libéré.

«Il y a des étudiants qui travaillent avec le SNR pour dénoncer et arrêter les délégués», confie un autre étudiant qui a échappé de justesse au service de renseignement venu l’arrêter dans sa chambre. Comme deux autres de ses camarades, traqués depuis des semaines, il vit aujourd’hui dans la clandestinité.

Une dizaine d’étudiants a été arrêtée et cinq sont incarcérés dans prison centrale de Mpimba en attente d’être jugé. Ils risquent cinq à dix ans de prison.

Côté police, on se refuse à tout commentaire. «L’affaire est entre les mains de la justice», botte en touche Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police du Burundi. «Le SNR est au-dessus de toute institution, estime Me Niyongere. Il y a une culture de la peur face à un pouvoir qui peut faire disparaître n’importe qui», ajoute l’avocat. «Et ce n’est que maintenant, profitant de la crise, de la peur qui règne dans le pays que le gouvernement a choisi de faire passer en force ce décret sur les bourses», complète Vital Nshimirimana.

Les étudiants n’échappent donc pas à la politique de la peur. Tout est fait pour les intimider ou pour les diviser. Ainsi, les autorités offrent du riz et de l’argent aux non-grévistes. Et se montrent intransigeantes avec les autres. Dans une décision rectorale du 12 avril, huit étudiants parmi les délégués généraux ont été exclus de l’UB. Ils sont accusés par l’université d’avoir caché «le contenu et le destinataire» aux signataires de la lettre envoyée au président. Même sort pour cinq autres étudiants de l’ENS.

La Régie des œuvres universitaires, qui s’occupe de l’organisation des services sociaux à l’UB, a annoncé que les étudiants en grève ne toucheraient pas leur bourse d’avril et que tous ceux qui n’auraient pas repris «le chemin des amphithéâtres au plus tard le lundi 24 avril 2017 à 8 heures […] se seront exclus d’eux-mêmes de l’année académique» et leurs chambres universitaires seront réattribuées. Une énième menace. Les étudiants de l’ENS ont repris le chemin des cours dès ce lundi. Et les étudiants de l’UB, qui n’avaient hier pas répondu à l’appel du recteur, ont donc finalement décidé de regagner à leur tour les salles de classe. Les étudiants continuent de demander l’annulation du décret présidentiel et la libération de leurs camarades… Mais avec un minimum de discrétion.

25 avril 2017 à 18:38, Joris Bolomey, http://www.liberation.fr/planete

Le Premier Vice-Président lance le Plan stratégique 2016-2020 de la CNIDH

IMG-20170425-WA0015Le Premier Vice-Président de la République lance le Plan stratégique 2016-2020 de la CNIDH

Le Premier Vice-Président de la République, S.E. Gaston Sindimwo  a procédé ce 25 avril 2017 au lancement officiel du Plan Stratégique 2016-2020 de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH) devant un parterre des parlementaires, des ministres, hauts fonctionnaires de l’Etats, des diplomates, des représentants de la Société  Civile.

Dans son discours de circonstance, le Premier Vice-Président de la République s’est félicité que ce lancement du Plan stratégique de la CNIDH a lieu au moment où la paix et la sécurité règnent sur l’ensemble du territoire national,  ce qui favorise la jouissance effective des droits de l’homme. Et de rappeler que les droits de l’homme au Burundi  n’est pas un concept nouveau comme on peut le remarquer dans les valeurs défendues par nos traditions.

Il a souligné l’engagement du Gouvernement pour la cause des droits de l’homme et la volonté de continuer à mettre en place et affermir les institutions, mécanisme, politique , projets et programmes permettant la jouissance effective de ces droits pour tous les habitants du Burundi, citoyens et étrangers.

Il a félicité la CNIDH pour le travail accompli depuis sa création en 2011 et l’encourage d’aller de l’avant. Il a promis le soutien du gouvernement à cette institution dans la mesure de ses moyens.

Il n’a pas oublié de remercier les partenaires qui continuent à appuyer la CNIDH dans l’accomplissement de ses missions.

Descente de l’ambassadeur de Belgique dans certaines communes des provinces de Ruyigi et Muramvya

Amb QuintinSe rendre compte des réalisations de la coopération belge à travers ses ONG

L’ambassadeur du royaume de Belgique au Burundi, Bernard Quintin, a successivement effectué, les jeudi 20 et vendredi 21 avril 2017, une descente dans certaines communes des provinces de Ruyigi et Muramvya. L’objectif principal de cette descente était de se rendre compte des réalisations de la coopération belge dans des secteurs comme l’agriculture, la nutrition, la santé et la formation professionnelle à travers ses organisations non gouvernementales (ONG) afin de pouvoir les revigorer. Au cours de ces différentes visites, l’ambassadeur a pu longuement échanger avec les responsables des projets ainsi que les bénéficiaires de ces derniers, et a constaté la qualité des projets et l’engagement de tous les acteurs.

Pendant la journée du jeudi 20 avril 2017, M. Quintin a commencé par une visite dans la zone Nyamabuye de la commune Nyabitsinda de la province de Ruyigi où il a visité l’antenne Moso. Les travaux qui y sont réalisés constituent l’aménagement des marais de riziculture, un projet fait par le programme Paiosa. «Et cela, dans le but de contribuer à la réduction de la pauvreté à travers une augmentation et une meilleure valorisation des productions agricoles et d’élevage », a précisé le chef de l’antenne Moso. Il a également indiqué que le Paiosa développe un grand nombre d’actions dont l‘aménagement des marais pour favoriser l’accès de la population à l’eau dans toutes les saisons, la lutte contre les crues, ainsi que l’accompagnement des producteurs. Dans le but de bien gérer la production et d’éviter le gaspillage des récoltes par la population, sept hangars ont été également construits dans cette localité. Et on prévoit construire d’autres pour atteindre vingt-cinq hangars.

Assurer la cohésion et la cohérence de tous les programmes

Par la suite, la délégation Belge s’est également rendue auprès des équipes basées dans la commune Kinyinya. Il s’agit du programme multi-acteurs d’amélioration alimentaire mise en œuvre dans trois communes des provinces de Ruyigi et Cankuzo. Et selon le coordinateur du Fonds belge pour la sécurité alimentaire au Burundi (FBSA), Nabor Barancira, il a indiqué que ces ONG financent les besoins qui sont identifiés par la population bénéficiaire. M. Barancira a aussi ajouté que l’organisation mondiale de l’alimentation (FAO) appuie le ministère ayant l’agriculture dans ses attributions pour le suivi évaluation ainsi que la coordination de tous ces projets mis en œuvre, tout en assurant la cohérence de tous les programmes et en renforçant les capacités de la population bénéficiaire.

Environ 1,25 millions d’euros pour renforcer les capacités de plus de 6000 ménages

 «Pour l’année 2017, la FAO, Louvain coopération, Wereldsolidarity-solidarité mondiale, Croix-rouge Belgique, Caritas international Belgique et le collectif stratégique alimentaire disposent d’une allocation du Fonds Belge pour la sécurité alimentaire afin d’améliorer la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables de ces trois communes et plus précisément dans le domaine agricole», a informé M. Barancira. Ce dernier a en plus affirmé que Louvain coopération, en partenariat avec l’Ucode-Amar, travaille pour rendre accessibles, les semences/plants, les intrants et l’outillage de qualité à plus de 6 000 ménages de la région du Moso. En parallèle, M. Barancira a précisé que les ONG en question développent une activité d’alphabétisation et de post-alphabétisation avec une attention particulière dédiée aux femmes. Par après, M. Quintin a visité les associations Agakura et Adisco qui œuvrent dans la diversification économique de la région du Moso à travers la formation professionnelle des jeunes ruraux et le soutien en entrepreneuriat.

Renforcer l’éduction et la santé pour tous

A la deuxième journée de sa mission, l’ambassadeur Bernard Quintin a visité le village Imuhira, qui possède des projets sur les collines Nkonyovu et Rurenda en commune Rutegama de la province de Muramvya. Ce village constitue un centre professionnel avec le cycle fondamental ainsi que les sections maçonnerie et menuiserie pour le cycle post-fondamental. Selon le représentant légal de ce village, Paul Ntukamazina, il a indiqué que ce centre a été introduit dans le but de renforcer le développement et l’aide à l’enfance dans cette commune. Il a ajouté qu’actuellement, ce centre compte 623 lauréats pour l’école fondamentale ainsi que quarante sept pour l’école technique secondaire (ETS).

Après la visite du village Imuhira, la délégation belge s’est rendue au chef lieu de la province de Muramvya où elle a d’abord rencontré, Ali Kassim, le conseiller principal du gouverneur de la province de Muramvya. M. Quintin a ensuite visité le nouveau bâtiment qui a été construit avec le soutien du royaume de Belgique à travers la Coopération technique belge (CTB). Cet immeuble construit en étages est constitué de bureaux provinciaux ainsi que le bureau du district sanitaire de Muramvya. Quant au représentant de la CTB au Burundi, il a indiqué qu’un programme visant l’informatisation de sept hôpitaux pilotes au niveau national est déjà mis en place, avec également l’octroi de certains équipements spéciaux comme ceux de la radiographie et d’autres.

M. Kassim a clôturé son propos en saluant les œuvres que le royaume de Belgique exécute à travers la CTB dans cette province et en les demandant de continuer à soutenir le peuple burundais dans le développement intégral. A la clôture de sa mission, M. Quintin a affirmé qu’il a constaté que toutes les actions qui ont été réalisées par le royaume de Belgique au Burundi à travers ces différentes ONG ont un impact direct sur la population bénéficiaire. Et que c’est un bilan très positif qui montre l’intérêt de maintenir sérieusement la coopération belgo-burundaise.

Avit Ndayiragije, http://www.ppbdi.com