Briefing au Conseil de Sécurité sur la situation au Burundi par l’Envoyé spécial Michel Kafando

Special Envoy Michel Kafando26 July 2017, Security Council Briefing on the Situation in Burundi, Special Envoy Michel Kafando

Mr. President,

I would like to start by congratulating you on assuming the presidency of the Security Council for this month.

It is an honour for me to address for the first time the Security Council in my capacity as Special Envoy of the Secretary-General. As you are aware, EAC Facilitator, Former President Benjamin Mkapa was scheduled to brief with me this Council. Due to health reason, he is not here today. I wish him a speedy recovery.

My briefing will focus on three aspects:

  1. my meetings in Bujumbura
  2. my preliminary assessment on the situation in Burundi
  3. and possible way forward

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

Arrivé à Bujumbura le 27 juin, j’ai été reçu, successivement, par le Ministre des Relations extérieures et de la coopération internationale, Monsieur Alain A Nyamitwe et par le Président Pierre Nkurunziza. J’ai eu avec le Président Nkurunziza près d’une heure d’entretien en tête-à-tête. Ma rencontre avec le Président était essentiellement une visite de courtoisie.

J’ai également rencontré à Bujumbura, différents acteurs politiques burundais, les représentants de la société civile, et des confessions religieuses, les membres du corps diplomatique ainsi que la famille des Nations Unies.

En Tanzanie, j’ai été reçu par l’ancien Président et Facilitateur du dialogue inclusif inter-burundais, Monsieur Benjamin Mkapa, et le Ministre des Affaires étrangères, Monsieur Augustine Mahiga. Le Facilitateur dit avoir terminé son travail dont le rapport a été transmis au Président Museveni, le Médiateur en Chef du dialogue inter-burundais.

A Addis Abeba, j’ai également eu des entretiens, en marge du Sommet de l’Union Africaine, avec le Ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda, avec des leaders Africains qui suivent de près la situation au Burundi, notamment le Président en exercice de l’Union Africaine, Monsieur Alpha Condé, ainsi qu’avec le Président de la Commission de l’Union Africaine, Monsieur Moussa Faki.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

Je viens de vous relater, assez rapidement, les contacts que j’ai eus dans le cadre de mon premier voyage au Burundi et dans la sous-région. J’imagine que vous vous posez la question de savoir quelle analyse je fais de ces différents échanges?

Il ressort de ces entretiens, des appréciations divergentes sur la situation politique qui prévaut dans le pays. Les autorités burundaises sont confiantes en leur capacité à conduire les affaires du pays dans la sérénité. Elles estiment que la situation générale est calme, dénoncent les interférences étrangères dans la gestion de leurs affaires internes et rappellent leur attachement à leur souveraineté nationale.

Les représentants de l’opposition politique et certains de la société civile, pour leur part, s’inquiètent de ce qu’ils qualifient de  dérives autoritaires actuelles du pouvoir et demandent, à cet égard, une plus grande implication de la région et de la communauté internationale, en faveur de la tenue d’un dialogue inclusif et sans préconditions et avec la participation de tous les Burundais. Ils souhaitent également, la suspension du processus de révision de la Constitution, en cours, ainsi que la fin de la violation de leurs droits élémentaires et l’hostilité des autorités à leur égard, laquelle s’accompagne, selon eux, d’une répression par les forces de l’ordre ou par des groupes proches du pouvoir. En revanche, les partis politiques et organisations de la société civile, favorables au pouvoir, sont d’un avis opposé.

La situation socio-économique continue de se dégrader, en raison de la conjoncture politique tendue, qui dissuade l’engagement des investisseurs privés nationaux et internationaux. Le chômage, notamment des jeunes, est une réalité. Cette situation entraine des départs de populations vers les pays voisins, ce qui accroit indubitablement le nombre des réfugiés.

Quant à la situation sécuritaire, elle s’est améliorée depuis le début de l’année. A Bujumbura, tout semble calme et la population vaque librement à ses occupations. On note toutefois que, ces dernières semaines  ont été marquées par des attaques à la  grenade ayant occasionné plusieurs morts et blessés. Pour l’instant, les raisons de ces attaques n’ont pas été élucidées.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

C’est une telle atmosphère de paix que l’on souhaiterait désormais au Burundi. Mais dans quelle condition et à quel prix pourrait-on y arriver?

La première exigence est de donner la priorité au dialogue inclusif, condition sine qua non à tout règlement de la crise. Il devient impératif que le Gouvernement burundais accède à l’insistance des pays de la sous-région et de l’Union Africaine, appuyée en cela par les Nations-Unies, d’aller au dialogue inclusif, c’est à dire impliquant l’opposition exilée et celle de l’intérieur. C’est, à mon avis, à ce prix que nous parviendrons à instaurer la confiance entre les Burundais, à garantir des institutions crédibles, stables et démocratiques et à promouvoir la réconciliation nationale.

De ce point de vue, l’Accord d’Arusha doit demeurer la norme de référence la pierre angulaire. Tous les acteurs non-gouvernementaux que j’ai eu à rencontrer, le reconnaissent et l’exigent.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

Les nouvelles perspectives et orientations que nous devons envisager pour le règlement de la situation du Burundi, doivent converger, me semble-t-il, vers une action commune et collective des dirigeants Africains, et d’abord ceux de la sous-région, solidairement avec les Nations-Unies, visant à:

-Persuader le régime burundais d’accepter des mesures d’apaisement, notamment celles proposées par le Facilitateur et celles plus générales contenues dans l’Accord d’Arusha ;

-Une action commune aussi visant à encourager le régime burundais à s’engager impérativement dans le dialogue inclusif inter-burundais.

Dans cette optique, la récente visite du Président Nkurunziza au Président Magufuli de la Tanzanie, est un signe encourageant. Osons espérer que ce geste est l’indication de la  volonté de faire avancer le processus de dialogue inclusif.

Voilà pourquoi entant qu’Envoyé spécial et alors que de nombreux hauts responsables Africains se décide à s’engager personnellement et à fond dans le règlement de la crise, je suggère d’apporter plus de discernement dans l’examen de la question burundaise.

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil,

Comme vous le savez, je suis à ma première mission exploratoire et  entends poursuivre mes consultations dans les jours à venir.  Je crois en l’engagement de la sous-région a ouvrer pour la paix au Burundi avec le soutien de l’Union Africaine et je recommande fortement que les Nations-Unies accompagnent et soutiennent résolument ces efforts.

A terme, même s’il faut encore un tout petit peu de patience, nous arriverons certainement à un compromis dynamique.

Par conséquent, et pour me répéter, tous nos efforts doivent porter sur ce soutien sans faille à la région et, en particulier, aux efforts du Médiateur et du Facilitateur ainsi qu’à ceux du Gouvernement de la Tanzanie.

Je vous remercie de votre attention.

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Un commentaire sur “Briefing au Conseil de Sécurité sur la situation au Burundi par l’Envoyé spécial Michel Kafando

  1. Je trouve qu’il n’y a même pas de différence entre ce kafando et ses prédécesseurs qui ne cessaient de parler que la situation sécuritaire au Burundi est précaire alors que son amelioration se remarque sur tout le territoire national. Alors parler que les putschistes doivent impérativement s’asseoir avec le gouvernement qu’ils avaient voulu renverser est insensé.

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