Rapport d’activités de l’ OLUCOME de l’année 2016

Screenshot_2017-07-24-23-53-47RAPPORT D’ACTIVITÉS DE L’OLUCOME DE L’ANNEE 2016

RESUME EXECUTIF

Ce rapport d’activités de l’OLUCOME se résume sur quatre points importants centrés sur la gouvernance et la transparence, les dossiers de  lutte contre la corruption enregistrés et traités par l’Observatoire, les contributions de l’OLUCOME dans le processus de la recherche de la paix  durable au Burundi et les contraintes encourues lors de la réalisation de ses activités.

1.Dans le domaine de la gouvernance et de la transparence, en 2016, le Burundi a connu un recul notoire. En matière de lutte contre  la corruption, l’ONG Transparency International a classé le Burundi parmi les 8  premiers pays les plus corrompus au niveau mondial et parmi  les 4 premiers pays les plus corrompus au niveau africain alors qu’en 2006 il était en  36ème position au niveau mondial. Par conséquent, en 2016, l’indice de développement humain du PNUD classe  le Burundi le 184ème sur 188 pays évalués. Etant donné que la mauvaise gouvernance affecte aussi l’économie du pays, en matière de compétitivité économique, le Burundi a perdu 5 places car il a été respectivement le  152ème en 2015 et le 157ème en 2016 sur 190 pays évalués selon le classement de Doing Business. De plus, selon le rapport du Fonds Monétaire International (FMI) de 2015, le Burundi a été classé le premier pays le plus pauvre au monde avec un revenu par habitant de 315.2 USD contre celui de  287,3 USD en 2016 occupant ainsi  le 3ième rang des pays les plus pauvres au niveau mondial  d’après  la même institution. En 2016, selon le rapport sur le Bonheur mondial (World Happiness Report), le Burundi est le 2ième pays le plus malheureux du monde. Le classement prend en compte le PIB par habitant, l’aide sociale, l’espérance de vie à la naissance, la liberté de faire ses choix, la générosité et la confiance accordée aux dirigeants comme critères de classement. Le PIB par habitant et l’espérance de vie restent les variables clés. À elles seules, elles indiquent jusqu’à 50% le niveau du bonheur des différents pays évalués. Selon le rapport de l’OMS de mai 2016, l’espérance de vie est de 59,6 ans. Mais pour certains, il pense que l’espérance de vie au Burundi  est de 24 heures renouvelables.

La situation  socio-économique se présentait ainsi alors que le Burundi a ratifié les conventions internationales et promulgué les lois nationales telles que le Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC) qui prône une vie digne à tout citoyen, la Convention des Nations Unies de Lutte contre la Corruption (CNUCC), la Convention Africaine de Lutte contre la Corruption, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Charte Africaine pour la démocratie et la gouvernance, la Constitution burundaise, la loi organique des finances publiques, la loi budgétaire, la loi des finances communales et municipales,…

De ce fait, l’OLUCOME a alerté sur la dégradation progressive de l’économie burundaise qui se faisait remarquer du jour au lendemain. A cet effet, il a fait appel à maintes reprises aux autorités burundaises à remplir leurs obligations reconnues par ces conventions et lois précitées à savoir celles de favoriser l’augmentation de la production nationale, d’observer les principes de la bonne gouvernance dans toutes ses formes et d’effectuer une meilleure redistribution des ressources surtout dans les secteurs sociaux afin que tout citoyen sans aucune discrimination puisse  bénéficier des impôts et taxes dont il s’acquitte. Cependant, l’Observatoire a constaté que  le Gouvernement en place a un mauvais comportement de sucer le pauvre citoyen à travers l’augmentation annuelle des impôts et taxes sans se soucier de la part qui doit revenir au citoyen qui s’est acquitté de son devoir fiscal.

2.Par rapport au point concernant les dénonciations, au cours de l’année 2016, l’OLUCOME a traité 47 cas de corruption sur 170 cas enregistrés dans les secteurs de l’éducation, du commerce, de sécurité, de l’administration, des finances …causant un préjudice financier à l’Etat estimé à 240 406 500 000 Francs burundais. Ce montant regorge notamment  des dossiers de corruption et malversations  relatifs au montant sans trace dans le budget  général de l’Etat de 40 milliards Fbu par an depuis l’année 2010 déduit sur les salaires mensuels de chaque policier et militaire burundais  en mission de maintien de la paix à l’étranger et sur le  matériel militaire loué par les Nations Unies dans ces missions de maintien de la paix ; de 375 millions Fbu collectés par les jeunes au titre des frais de sécurité en mairie de Bujumbura ; des loyers impayés à la Banque de la République du Burundi par le Ministre de la justice et garde des sceaux de 31 500 000 Fbu, … Ces fonds sans trace pris  par les privilégiés de la République ci-haut mentionnés montrent à suffisance que la corruption a beaucoup augmenté  cette année en comparant les statistiques des rapports de l’OLUCOME des années antérieures (cf. le tableau de la  page 31) tout en tenant en compte que certaines personnes craignent de dénoncer, les enquêtes sur les cas reçus par l’Observatoire sont  difficiles à effectuer, …

3.Quant aux contributions de l’OLUCOME dans le processus de la recherche de la paix au Burundi, l’Observatoire a compris que parmi les causes principales de la longévité au pouvoir et des violences interminables au Burundi se trouvent le  partage  inéquitable de  la petite quantité de richesse nationale dont le Burundi dispose. C’est pour cette raison que l’OLUCOME s’est lancé dans ledit processus en faisant d’une manière complémentaire d’un côté le plaidoyer et de l’autre côté des demandes à travers ses écrits et publications auprès des leaders politiques, des dirigeants burundais  actuels, des autorités  régionales, internationales et de la médiation tout en précisant que les mesures soient prises par chacun en ce qui le concerne pour que  la production nationale augmente, qu’il y ait une redistribution des ressources d’une façon juste et équitable et que les principes de la bonne gouvernance soient respectés dans toutes ses formes.

Ainsi, par le biais du plaidoyer de l’Observatoire et d’autres, la médiation a accepté de mettre les questions d’ordre économique parmi les 4 grandes questions qui seront discutées lors des pourparlers inter burundais externes. L’OLUCOME va continuer son  plaidoyer lors des prochaines sessions des pourparlers externes pour que les stratégies sur l’augmentation de la richesse nationale,  sa distribution juste et équitable ainsi que le respect des principes de la bonne gouvernance au Burundi soient conclues et figurées dans le document final sanctionnant ces pourparlers.

4.Quant aux contraintes encourues lors de la réalisation de ses activités, les politiciens ou d’autres acteurs  veulent que l’OLUCOME soit de leur côté et pour les parties en conflit, qu’il ait un parti pris dans les positions qu’il émet dans ses publications. Durant l’année 2016, le parti au pouvoir a considéré et considère l’Observatoire comme son ennemi d’où il a mal interprété certains écrits   de l’Observatoire via  ses  positions  officielles. Malgré ces considérations des uns et des autres,  l’OLUCOME a mené et continuera à mener  ses activités en regardant s’il respecte les objectifs et les valeurs de l’Observatoire, les textes internationaux ratifiés par le Burundi et les lois nationales justes. Face à une situation où une personne morale ou physique n’importe laquelle transgresse auxdits textes, l’OLUCOME  donnait  et donne son opinion sans partie pris  sur base des mêmes textes et ses valeurs auxquels il est attaché.  Dans ce rapport, nous avons donné beaucoup de recommandations mais nous voudrions revenir sur quelques-unes très importantes pour que la paix durable au pays revienne de manière effective et l’économie burundaise soit prospère :

A l’endroit du Gouvernement  en place :

  • De participer au dialogue inter burundais externe sans condition avec tous les protagonistes ;
  • De respecter le contenu des Accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation et la  Constitution burundaise plus particulièrement en ce qui est des mandats présidentiels ;
  • D’appliquer d’une manière effective les conventions internationales et les lois nationales justes  telles que le Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et Culturels (PIDESC), la Convention des Nations Unies de Lutte contre la Corruption (CNUCC), la Convention Africaine de Lutte contre la Corruption, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Charte Africaine pour la démocratie et la gouvernance, la Constitution burundaise, la loi organique des finances publiques, la loi des finances communales et municipales,…au cas contraire faire recours aux experts internationaux en matière de gouvernance pour aider  à leur mise en application ;
  • De faire retourner à la caisse de l’Etat les montants colossaux détournés par les corrompus et les corrupteurs se trouvant dans les dossiers traités par l’OLUCOME et autres tout en traduisant ces derniers en justice ;
  • De prendre toutes les dispositions nécessaires pour équilibrer la balance commerciale déficitaire.

A l’endroit des politiciens burundais :

-De veiller à  ce que ces Accords d’Arusha pour la paix et la réconciliation ne soient pas bafoués au profit des extrémistes ;

  • D’exiger une évaluation de la mise en œuvre du contenu des Accords d’Arusha  avant de penser à l’amendement de la Constitution burundaise ;
  • D’apporter dans ces pourparlers des projets de développement du pays et non des slogans dont ils se servent pour manipuler la population ;
  • D’adopter un plan de reconstruction du Burundi de type  plan Marshall au sortir des pourparlers inter burundais externes ;
  • De considérer dans la planification de leur programme de développement du pays les taux croissants de natalité et de chômage tout en privilégiant les reformes des secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de l’industrie pour relever l’économie burundaise ;
  • D’exiger un audit international  sur les fonds en provenance des missions de maintien de la paix à l’étranger ;

A l’endroit des parlementaires  burundais :

-Créer une commission parlementaire qui fera une enquête sur la gestion des fonds d’AMISSOM et de l’argent  versé dans le fonds Social ;

A  l’endroit de la Communauté internationale :

  • D’exiger une évaluation de la mise en œuvre du contenu des Accords d’Arusha  avant de penser à l’amendement de la Constitution burundaise ;

-De faire pression aux parties en conflits dans la crise burundaise  pour qu’il y ait un accord dans les plus brefs délais ;

-De continuer à soutenir financièrement le peuple burundais.

Pour lire le rapport en entier … RAPPORT D’ACTIVITES DE L’OLUCOME DE L’ANNEE 2016

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