Les dessous de la tentative de coup d’État du 13 mai 2015

Coup d'État du 13 mai 2015Cet article s’efforce de lever le voile sur un certain nombre de secrets soigneusement soustraits à la connaissance du peuple depuis plusieurs années.

Aujourd’hui d’aucuns savent à plus d’un titre que le sous-sol burundais qui a toujours aiguisé les appétits de certaines puissances occidentales, regorge de ressources minières incommensurables. Le fer est présent sur tout le territoire national, le nickel, l’uranium, dans le lac Tanganyika le pétrole. De l’école primaire à l’école secondaire, quand il fallait citer les produits qui apportent des devises au pays, très rapidement, l’élève écrivait : le café, le thé, le coton et s’arrêtait là. Et donc, seulement ce qui pousse et le sous-sol ? C’est tout simplement, parce que l’élève avait appris que le Burundi n’a rien d’autre que ce qui pousse. Derrière toute cette opération de mystification se cachait un veau d’or.

Avec la lutte pour l’indépendance, il était impossible d’exploiter ces minerais. L’obstacle ? Le prince Louis Rwagasore et son équipe. Le futur Héros de l’indépendance fut tué, huit mois avant l’indépendance. L’indépendance acquise, les colons sont partis pour revenir peu après. Cette fois-ci, pas comme des colons mais des coopérants. Pierre Ngendandumwe compagnon de lutte et successeur du prince Louis Rwagasore après André Muhirwa n’a pas facilité les choses. Et combien de temps sa résistance a duré ?

Le président Michel Micombero a tardé à signer les contrats d’exploitation, oubliant que ce que la Belgique veut au Burundi Dieu le veut. Quant à son successeur Jean Bagaza a carrément refusé ignorant que c’est grâce à la bénédiction de la Belgique qu’il a pris le pouvoir.

Ce n’est qu’avec l’arrivée du major Pierre Buyoya à la tête du pays que tout est devenu idyllique. En guise de reconnaissance, Pierre Buyoya a signé les yeux fermés le décret-loi n°01/30 du 31 août 1992 instituant un régime de zone franche et par l’ordonnance ministérielle n°540/415 du 28 septembre 1992 et la délivrance d’un certificat n°001/93 délivré le 3 février 1993 à la société belge AFFIMET, commanditaire de l’assassinat du président Melchior Ndadaye. Les militaires n’étaient que des bras exécutants. Son tort ?

En date du 17 août 1993, Son Excellence Melchior Ndadaye a convoqué un conseil des ministres, après avoir délibéré sur le dossier AFFIMET, le conseil a fait table rase du certificat octroyé à l’AFFIMET. Dès lors, l’épée de Damoclès planait sur la tête du président fraichement élu. Et 64 jours plus tard, il a été assassiné.

En parlant des activités de l’AFFIMET, je ne dis pas : on dit, il parait que, mais je parle en tant que témoin oculaire. C’était tout simplement une honte. Tout se passait devant mes yeux, alors que je travaillais à l’aéroport international de Bujumbura. Tous les manifestes d’arrivée passaient entre mes mains et devais faire rapport chaque matin.

Ainsi pour dire que je devais voir tout ce qui entre et tout ce qui sort. « Import-export », sauf le contenu des malles de l’AFFIMET. J’étais scandalisé par l’obséquiosité du chef de bureau des douanes aéroport de l’époque et d’autres autorités fiscales devant les déclarants de la société AFFIMET. Le chef de bureau envoyait des vérificateurs dans les entrepôts de l’AFFIMET, mais vérifier quoi ? Puisque les malles qui contenaient ces minerais étaient considérées comme des colis diplomatiques ? Rien qu’apposer les plombs et retourner dans leurs bureaux en attendant l’arrivée de l’avion de la compagnie Sabena. Sabena qui faisait la navette Bujumbura-Bruxelles, trois fois par semaine, c’est-à-dire mardi, vendredi et dimanche. Combien de tonnes aurait-elle transportées depuis 23 février 1993 jour de signature du certificat, jusqu’au 17 août 1993, jour de son annulation ?

Qu’en est-il du régime du président Pierre Nkurunziza ? De 2005 à 2015, il n’a rien donné. Peut-etre qu’il voulait des négociations et non des ordres, parce que son pouvoir ne doit rien à la générosité de la Belgique.

Aujourd’hui, le ministère de l’énergie et des mines vient d’annoncer les activités de lancement officiel des travaux d’exploitation des gisements de terres rares de Gakara par la société RAINBOW MINING BURUNDI (RMB) en sigles qui auront lieu, ce 20 juillet 2017, sous le Haut Patronage de Son Excellence le président de la république. J’ose espérer qu’il s’agit d’un contrat signé après négociation et à la satisfaction de toutes les parties et surtout que le peuple burundais sera le premier bénéficiaire.

Alain Desire Karorero

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