Burundi/Turquie: « De jeunes relations prometteuses » (interview du MAE burundais)

59635a99ce9f6La visite officielle du chef de la diplomatie burundaise à Ankara, le mois dernier, a permis de renforcer les relations bilatérales entre les deux pays.

« Les relations turco-burundaises sont jeunes mais prometteuses », a affirmé Alain-Aimé Nyamitwe, ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, dans un entretien accordé à Anadolu.

Rappelant qu’il a effectué une visite officielle à Ankara (Turquie), du 13 au 15 juin dernier, le chef de la diplomatie burundaise a estimé que cette visite a permis de renforcer, d’une manière concrète, les relations bilatérales entre les deux pays.

« C’était la toute première visite d’un ministre des Affaires étrangères du Burundi en République de Turquie », a-t-il rappelé.

Le Burundi, petit pays de l’Afrique centrale, qui a plongé dans une grave crise politico-sécuritaire, depuis plus de deux ans, s’est lancé à la recherche de nouveaux partenaires après que ses anciens partenaires comme l’Union européenne ou la Belgique, ont décidé de geler l’aide directe au gouvernement.

«La Turquie a promis d’ouvrir prochainement son ambassade au Burundi et d’aider le pays à résoudre ses problèmes et sortir de la crise», s’est réjoui le ministre rappelant que le Burundi a lui-même ouvert à Ankara, en avril dernier, son ambassade.

«Nous avons même échangé sur la relance du projet de la compagnie Turkish Airlines de servir Bujumbura», a-t-il dévoilé, notant qu’une équipe technique turque sera bientôt à Bujumbura pour analyser la capacité d’accueil et technique de l’aéroport International de Bujumbura.

«Des investisseurs turcs ont également promis de venir exploiter la zone économique spéciale récemment instituée sur la frontière burundo-congolaise. Déjà ils viendront ce mois-ci (juillet) sur place pour échanger avec le gouvernement burundais sur les modalités de collaboration», a ajouté M.Nyamitwe.

Le ministre a également indiqué qu’un mémorandum sur le domaine agro-pastoral et un autre sur la coopération entre les ministères des affaires étrangères ont été signés entre les deux pays.

« Il s’agit d’un accord qui institue également les consultations entre les deux ministères et qui va davantage être exploité dans l’analyse des questions bilatérales et multilatérales », détaille-t-il, signalant que cette visite a été, en outre, une occasion d’expliquer de vives voix les communs intérêts de lutter contre les ingérences étrangères dans les affaires internes des pays.

« La Turquie et le Burundi ont un passé récent commun. Les deux pays ont vécu des tentatives de coup d’Etat qui revêtaient une dimension étrangère évidente», a-t-il estimé.

C’est pourquoi, il y a eu une entente politique et diplomatique qui s’est créé entre les deux pays, a souligné le ministre burundais des Affaires étrangères.

Dans le domaine de l’éducation, Alain-Aimé Nyamitwe confie que les autorités turques ont promis de revoir à la hausse les bourses d’études accordées aux Burundais.

« L’attribution de ces bourses va être réaménagée car nous avons en effet découvert que certains étudiants burundais ont bénéficié d’appuis de la part d’associations ou organisations non reconnues par Ankara. Mais les autorités turques nous ont promis que cette question sera vite réglée », a-t-il dit.

« C’est d’ailleurs dans le même but que le président Turc Recep Tayyip Erdogan a envoyé son émissaire spécial à Bujumbura, au mois de mai, pour échanger avec les autorités burundaises et voir comment les organisations non-reconnues par Ankara, qui œuvrent ici au Burundi, soient remplacées par celles reconnues par le gouvernement Turc ».

Et dans un proche avenir, a-t-il annoncé, un représentant de la Fondation turque Maarif sera installé ici au Burundi. « Une démonstration de la bonne volonté de la République Turque à travailler avec le Burundi », conclut-il.

11.07.2017, http://www.trt.net.tr/francais

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Un commentaire sur “Burundi/Turquie: « De jeunes relations prometteuses » (interview du MAE burundais)

  1. Les étudiants burundais qui vont partir suivre leurs études en Turquie devront affronter deux défis (i) apprendre le turc, une langue parlée presqu’exclusivement dans ce pays (ii) apprendre l’islam et devenir des mahométans. C’est à se demander à quoi leur serviront ces deux acquis une fois de retour au pays.

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