Leaders religieux africains déterminés à « renforcer leur synergie » pour la promotion de la paix sur le continent

Emmanuel NtakarutimanaLes leaders religieux africains sont déterminés à « renforcer leur synergie » pour la promotion de la paix et la prévention des violences sur le continent, a déclaré Emmanuel Ntakarutimana, de la Congrégation religieuse des Dominicains au Burundi, modérateur d’une récente conférence internationale à Bujumbura sur le « Dialogue inter-religieux pour la Paix et la Prévention des conflits dans les pays Africains ».

Ntakarutimana s’exprimait au cours d’une interview accordée à Xinhua au lendemain de la clôture de cette conférence, organisée comme « suivi » d’une autre organisée en 2016 dans la même capitale burundaise avec les mêmes participants ressortissants d’une dizaine de pays Africains dont le dénominateur commun est « d’avoir fortement été touché par des situations dramatiques de conflits violents et de guerres civiles, parfois teintées d’extrémisme religieux ».

Les 60 participants de délégations des confessions religieuses chrétiennes (catholiques et protestantes) et musulmanes invitées à ces assises, ressortissaient de 11 pays : Burundi (pays hôte), Kenya, Togo, Ouganda, République Démocratique du Congo(RDC), Rwanda, République Centrafricaine(RCA), Ethiopie, Soudan du Sud, Ethiopie et Zimbabwe.

Le modérateur de la conférence a souligné que les violences fondées « apparemment » sur l’appartenance identitaire au niveau religieux dans certains pays africains, montrent bel et bien l’existence des groupes qui prennent des appartenances religieuses « comme des mobiles ou des inspirations pour des actions d’atrocités », qui n’ont rien à voir avec les fondements des livres religieux dont ils sont supposés suivre.

A titre illustratif, il a rappelé l’attentat perpétré au Kenya par des islamistes somaliens du groupe Al-Shabaab du 2 avril 2015 contre le collège universitaire de Garissa (nord-est), tuant d’un coup 148 étudiants et blessant 79 autres, ainsi que les « sanglantes atrocités » commises actuellement au nord du Nigéria avec le groupe Boko Haram et autres groupes assimilés.

Il a fait remarquer que « le plus écœurant » est qu’en cas d’élections, certains politiciens locaux s’adonnent à la balkanisation de l’électorat en utilisant le « vote chrétien » et le « vote musulman ».

« Que ce soit en Somalie, en RCA, en Ouganda ou sous d’autres cieux africains où sévissent encore de tels extrémismes religieux, il existe ipso facto des défis immenses pour la paix ; d’où les leaders religieux locaux (chrétiens ou musulmans) et d’ailleurs, doivent agir en synergie pour consolider des initiatives de médiation interne dans l’intérêt supérieur de la paix civile, en se gardant d’être des pyromanes, mais en restant sans cesse des pompiers de premier plan pour éteindre les étincelles de violence si minces soient-t-elles », a-t-il plaidé.

Face à ces défis, il s’est dit optimiste sur le fait que les leaders religieux africains, au regard des recommandations successives des assises de juin 2016 et de juillet 2017 à Bujumbura, sont décidés à « d’abord balayer leurs propres portes » pour avancer dans le processus de la promotion de la paix et de la prévention des violences en Afrique.

Toutefois, a-t-il nuancé, ils reconnaissent également que des « fragilités » peuvent marquer les confessions religieuses notamment en cas de divergences par affinités selon les idées politiques.

« En effet, si les religieux commencent à fonctionner sur ses appartenances idéologiques au niveau politique ; en fait, eux-mêmes ne peuvent plus se retrouver ensemble pour parler d’une seule voix et porter un message qui soit cohérent avec les réalités du moment », a-t-il expliqué.

L’autre dérapage possible aux dépens de la paix, a-t-il poursuivi, est qu’il peut arriver sous certains cieux africains, des leaders religieux « qui sont tellement connectés à des leaders politiques, qu’ils n’arrivent plus à faire une distinction entre leurs propres responsabilités religieuses et l’agenda du politique en ce qui concerne la défense de leurs intérêts spécifiques ».

Pour lui, dans cette perspective de promotion de la paix en Afrique en impliquant les principales confessions religieuses à « forte visibilité » (christianisme et islam) sur le continent, il faut prendre en compte également « la gestion des mémoires et des blessures historiques ».

French.china.org.cn |  le 09-07-2017

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