Dossier & Invitation: Le Murundi dans la finance en transition et mondialisée (par Ntacorigira Victor)

 

Ntacorigira VictorLe Murundi dans la finance en transition et mondialisée

 
Avertissement :
 
Au moment où nous célébrons le 55 ème anniversaire de notre indépendance, le 01 juillet 1962-le 01 juillet 2017, il est toujours nécessaire de voir et de revoir notre cohabitation avec la monnaie « ce pure rien comme disait Aristote »dans l’optique de notre sagesse: »Umuntu n’ubuntu n’abantu » et dans notre espace-temps: »Muntu-Kuntu-Kintu-Hantu ».
Le  05 juillet 2014  à Bruxelles il y a eu un  lancement  par les Burundais, les  amis du Burundi  avec la présence de l’Ambassade du Burundi à Bruxelles , du premier  projet Burundian crowd day, pour que les Burundais puissent parler vrai en matière de nouvelles formes d’échanges. Le Gabon  était le pays hôte.  Le présent document est dans l’axe de ce projet  ambitieux.
La réalité, notre réalité, semble se torde, Des événements que l’on croyait impossibles se succèdent à une vitesse effrénée, dans un climat anxiogène. Entre les attentats, le repli sur soi, l’estompement de la norme chez certains, l’exclusion sociale et la pauvreté-dont on en vient à se demander si elles ne sont pas organisées, La porosité entre les intérêts économiques privés et les gouvernants publics, le réarmement ou la discrimination, pour ne prendre que quelques exemples, le réveil est dur.
Est-ce là la triste réalité que nous allons léguer à nos enfants? Ce qui est sûr, c’est que le monde change, la bascule a commencé. Ce qui ne l’est pas, en revanche, c’est l’architecture du futur. Nous pouvons, le façonner pour une société plus juste et plus humaine. Nous pouvons devenir acteurs plutôt que victimes du changement.
 
Introduction :
 
Un rouage essentiel de la société dans laquelle nous vivons est l’économie .Karl Polanyi, économiste Hongrois, spécialiste d’histoire et anthropologie économiques, défendait  l’idée, dans son livre phare la grande transformation, écrit en 1944,que l’économie de marché devient une société de marché lorsque le marché impose ses lois aux institutions et à la société. Il parle d’une société encastrée dans son économie alors que l’économie devrait être encastrée dans la société.
Pour beaucoup de citoyens, la petite musique ré enchanteresse passe par des engagements de nature économique (consommation responsable, activités économiques en coopératives, monnaies citoyennes, initiatives locales, circuits courts…) écoutons-la, car c’est cette musique qui fera la différence.
La monnaie a donc des effets contradictoires : elle est à la fois une ouverture vers la démocratie et un instrument d’exploitation, de domination, voire de confiscation
 
Définition :
 
Une monnaie se caractérise par la confiance qu’ont ses utilisateurs dans la persistance de sa valeur et de sa capacité à servir de moyen d’échange. Elle a donc des dimensions sociales, politiques, psychologiques, juridiques et économiques. En période de troubles, de perte de confiance, une monnaie de nécessité peut apparaître. 
 
La monnaie est définie par Aristote  par trois fonctions :
1. Unité de compte ;
2. Réserve de valeur
3. Intermédiaire des échanges
 
Aujourd’hui, ces définitions anciennes persistent mais doivent-être amendées entre autres, par la suppression de toute référence à des matières précieuses 
L’argent est un sujet TABOU que l’on ne remet pas en question facilement.
L’argent n’est PAS EXPLIQUE ni à l’école, ni plus tard. C’est une notion souvent obscure pour la plupart des gens qui n’ont pas suivi des cours d’économie. Ainsi on ne remet pas en question ce que l’on ne comprend pas.
Peu de gens savent que ce n’est plus le gouvernement qui créé la majorité de l’argent (la banque nationale ou l’agence fédérale fabrique encore la monnaie mais pas l’argent électronique).
Par ailleurs ce qu’encore moins de gens savent c’est que les banques créé l’argent qu’elle prête, elles ne l’ont pas. D’autres formes d’argent sont concevables et peuvent développer l’économie mais surtout améliorer le pouvoir d’achat de la population. Voyons d’abord comment fut créé l’argent.
 
La différence entre l’argent et la monnaie :
 
Par analogie, une longueur se mesure en unités de longueur (mètres, pouces, lieues…), de même l’argent se quantifie en monnaies (euros, dollars etc.), la monnaie est l’unité de mesure de l’argent
La « monnaie » est un concept économique désignant un « bien » servant d’unité de valeur (fixation du prix), une unité d’échange et un moyen d’épargne.
La monnaie permet donc d’acquérir des marchandises et des services. Elle octroie du « pouvoir » sur les biens.
L’argent est plutôt un concept social. En effet celui qui possède de l’argent possède du pouvoir sur les hommes (qu’il peut salarier, payer, acheter …) et sur le « monde » (l’argent permet de paraitre important).
On pourrait ajouter que « avoir de l’argent » permet aussi de ne pas connaitre « le risque de manquer » qui s’accompagne de stress, de peur de l’avenir, de l’humiliation de ne pouvoir être « comme les autres 
 
Histoire :
 
La monnaie a une histoire aussi longue que le commerce et les transactions. Elle est une condition essentielle de l’activité économique. Son histoire n’est pas dissociable de l’évolution des pratiques des agents économiques comme de celles de ses formes concrètes : Soit depuis l’invention des pratiques et formes primitives de la préhistoire jusqu’aux pratiques et formes les plus avancées de l’époque contemporaine, conséquence d’un lent processus de dématérialisation.
A l’ origine seul le troc permettait les échanges. Encore aujourd’hui en Afrique le troc a une très grande importance tant au niveau individuel qu’en inter entreprise. Le problème du troc : il est très limitatif car il faut trouver la personne qui est intéressée d’échanger ce que vous avez à proposer et qui de plus possède justement ce que vous recherchez.
Tout au cours de l’histoire et à travers le monde toutes sortes de choses sont utilisées comme monnaie: perle, fève de cacao, coquillage, sel, ambre, ivoire, pierres, plumes, tabac, etc…) Certaines choses sont adoptées comme monnaie parce qu’elles sont portatives, d’autres parce qu’elles ont une valeur décorative et d’autres encore parce qu’elles peuvent être consommées. Toutes elles sont reconnues comme un moyen d’échange acceptable ou comme un moyen de régler ses dettes.
C’est ainsi que naît l’ancêtre de l’argent qui permet l’échange entre les personnes en utilisant un « pour valeur » admis et reconnu comme tel par une communauté. « Ton veau vaut 100 coquillages et bien avec ces 100 coquillages tu pourras acheter des œufs, une charrue et des poulets pour le mariage de ta sœur ». C’est ainsi que naît cette fantastique mais naturelle invention qu’est l’argent, VECTEUR D’ECHANGE entre les hommes. Il est à la base de la structure des sociétés et sans lui aucune civilisation n’aurait pu émerger.
  
Rôle:
 
Les fonctions objectives de l’argent  ont une base subjective, émotionnelle : le désir d’un bien, d’un service ; mais un désir maîtrisé, qui ne pousse pas à l’accaparement, à la violence, à l’agression, un désir qui trouve sa solution dans l’échange facilité par la monnaie. La monnaie est pacificatrice. Ce désir ne peut être maîtrisé que par la confiance.
 
Le passage à la monnaie financière ou scripturaire facilite aussi les opérations de prêt ou d’investissement. L’argent n’est plus seulement un instrument d’échange ou d’épargne, il n’est plus seulement amassé, il est thésaurisé pour rapporter des intérêts, des plus-values. Il a une vie propre, on dit qu’il « travaille ».
 
Le système monétaire est alors inventé et tous les éléments sont réunis pour mettre en place le système financier. La monnaie se détache complètement de son support métallique, permettant de créer un véritable marché monétaire qui est un levier essentiel à l’accumulation capitaliste.
 
Ces métamorphoses de l’argent, puis de la monnaie, contribuent à l’évolution de la société. L’argent pléthorique bénéficie à une bourgeoisie puis à des classes moyennes de plus en plus nombreuses, renforçant leurs moyens et leur désir d’acquérir des biens et de recourir à des services. En même temps que cette multiplication des désirs s’accroît l’exigence de confiance. Plus la monnaie roule, plus elle se transforme en crédits de plus en plus sophistiqués, plus l’exigence grandit à l’initiative de ces classes relativement aisées et individualistes : exigence de confiance, de transparence et de communication, qu’il n’y ait rien de caché. Ces exigences s’inscrivent dans un environnement démocratique, qui va avec le côté pacificateur de la monnaie. Mais cette évolution se heurte à l’exigence propre au capitalisme d’une accumulation en constante expansion.
Les « 30 glorieuses » qui ont suivi la Deuxième Guerre mondiale ont constitué dans la plupart des pays dits avancés une période particulièrement favorable aux progrès du niveau de vie, de la justice sociale et de la démocratie. Elles ont pris fin avec la décision de Nixon de laisser flotter le dollar, alors que jusque-là il était indexé sur le prix de l’or, et avec le choc pétrolier de 1973.
 
Depuis ces années de rupture, de nouvelles données sont apparues. L’économie survoltée par les nouvelles technologies de l’informatique et la mondialisation accélérée des échanges accroissent considérablement l’accumulation de monnaie, accentuent sa concentration par des groupes financiers transnationaux et simultanément, sa mobilité et la spéculation. On considère que les mouvements de la monnaie représentent environ quinze fois la valeur des échanges commerciaux proprement dits. C’est dire qu’il y a aujourd’hui un emballement des mécanismes monétaires, alors que depuis la création du billet à ordre, l’évolution était très progressive.
 
Au sein d’une zone sur monétarisée les groupes financiers accentuent leur pouvoir de domination, d’orientation des comportements et de confiscation des richesses. Des zones sous monétarisées en revanche sont plongées dans la misère. Selon un rapport récent des Nations Unies Chiffres cités dans le rapport du PNUD et repris par  pour le développement, les 225 plus grosses fortunes du monde représentent plus de 10 000 milliards de dollars, équivalant au revenu annuel de 47 % de la population la plus pauvre. Les 3 personnes les plus riches ont une fortune totale supérieure au total des PIB des 48 pays les plus pauvres. Il est particulièrement significatif que l’accès aux services de base minimaux (éducation, santé, eau potable) pour toute la population mondiale coûterait quelque 40 milliards de dollars alors que les dépenses de publicité mondiales s’élèvent à 400 milliards, celles du tabac à 50, de parfum à 12 milliards.
 
On est tenté d’incriminer les entreprises, mais elles ne peuvent que suivre le mouvement. Sinon, on ferme. Elles sont engagées dans une course effrénée vers la productivité. La course à la productivité, cela veut dire (pour nos pays) licencier, externaliser (sous-traiter), délocaliser, déqualifier. Les entreprises détruisent et précarisent les emplois en rejetant les moins performants. Elles dilapident les ressources naturelles. Elles s’orientent vers les productions immédiatement rentables. Certes, il y a de temps en temps des Forums, des symposiums, on entend des cris d’alerte… Autre effet du souci exclusif de compétitivité : les entreprises ignorent les services d’utilité sociale, dont la demande n’est pas considérée comme suffisamment solvable. Elles contestent et récusent les systèmes de régulation qui avaient assuré les progrès économiques et sociaux de l’après-guerre. L’obsession de l’équilibre budgétaire, la réduction des dépenses publiques, les dispositifs favorables aux entreprises réclamés par les tenants du libéralisme économique affaiblissent les politiques sociales de l’État.
 
Je pense que la société civile réagit contre ce qui lui apparaît comme une menace d’autodestruction : entre un capitalisme agressif et un état défaillant aux moyens réduits se constitue, dans un esprit d’initiative, d’engagement, d’entraide, un tiers secteur d’économie sociale et solidaire. Toute une série de services qui ne sont pas ou plus assurés par l’État (aide aux personnes dépendantes ou âgées, par exemple, le secteur de l’entraide, mais aussi les activités sportives et culturelles) sont reprises par le secteur associatif. Ce secteur se distingue de l’assistance, car l’assistance ne relève pas de l’échange, elle est une aide reçue passivement, de l’État-providence, du mécénat des entreprises ou d’institutions caritatives. Les entreprises de ce secteur tiers se situent dans le cadre du marché monétaire ; elles se servent de la monnaie comme toute activité économique marchande. Mais leur objectif n’est pas l’enrichissement des chefs d’entreprise ou des actionnaires. Elles s’inscrivent, sous différentes formes (coopératives, mutuelles, etc.) dans une recherche de solidarité, notamment à travers une gouvernance partagée, soucieuse d’équilibre et d’harmonie entre les partenaires associatifs, qui impose des contraintes autres qu’un conseil d’administration et des actionnaires. Non lucratives, elles peuvent néanmoins dégager un bénéfice d’exploitation, mais s’obligent à l’utiliser en vue d’améliorer la qualité de vie, de renforcer le lien social, de réduire la pauvreté, etc.
 
Soulignons seulement que ce secteur des entreprises solidaires présente toujours un caractère marginal par rapport au PIB, c’est-à-dire le calcul du produit intérieur brut, qui donne la mesure de la croissance. Pourtant elles n’en représentent pas moins des montants considérables. Mais l’évaluation de ces montants est très difficile, parce que ces entreprises ne reposent pas sur un modèle économique dont la mesure est simple et se fait en termes monétaires.
 
Les entreprises solidaires ont certes une comptabilité monétaire partielle, mais elles ont aussi des effets qualitatifs dont la mesure est complexe, contestable, ne se plie pas facilement à des comparaisons, donc à des choix. Il est pourtant souhaitable de mettre en place des indicateurs précis, clairs, acceptés par tous, qui permettent de les évaluer et par là même de les légitimer aux yeux de tous.
 
Une solution à ce problème a été envisagée : la création d’une monnaie complémentaire, de nature solidaire, affectée aux seules activités présentant des critères d’utilité sociale.
 
De telles monnaies complémentaires existent déjà. Le chèque repas en est une. Très répandu, il est solidaire et mixte puisqu’il combine le versement des entreprises en faveur de leurs employés et la participation de ceux-ci. Le chèque vacances en est une autre. Un même titre pourrait être étendu à d’autres achats (équipement scolaire par exemple) dès lors qu’ils satisfont aux critères d’utilité sociale qui ont été adoptés.
 
On trouve une autre forme de monnaie complémentaire avec les points de fidélité distribués par les libraires, les cinémas, les loueurs de voiture, les grands magasins, etc. .
On peut également penser aux activités d’intérêt général prises en charge par les collectivités territoriales (centre sportif, médiathèque, cantine scolaire, transports en commun, etc.). .Il existerait en plus  une  monnaie complémentaire électronique qui pourrait par extension servir aux entreprises solidaires, qui pourraient ainsi comptabiliser leurs activités de formation ou d’accompagnement. Elle pourrait aussi servir aux particuliers pour des échanges de services.
 
Il s’agit là d’expériences ébauchées ou en gestation. Elles posent des problèmes de régulation et d’articulation avec la monnaie courante. Mais cette incursion prospective permet de retrouver le sens d’une monnaie qui ne serait plus un instrument d’accumulation (fondantes, ces unités de compte perdent leur valeur si elles ne sont pas utilisées), qui redeviendrait un levier de coopération et de confiance apportant, comme l’a été l’invention de la monnaie, un moyen de satisfaire des désirs partagés.
 
Bien sûr, cette idée de la monnaie socialement utile a un côté utopiste, sa réalisation est incertaine et ses effets peuvent être inattendus. Mais je pense surtout en termes de contrepoint: l’existence de ce tiers secteur de l’économie n’est pas sans conséquences. Ainsi, le patronat aussi parle maintenant d’entreprises « socialement responsables ». Il existe des agences de notation, qui jugent les entreprises sur leurs bilans sociaux. . De nouveaux indicateurs, tels ceux du PNUD (programme des Nations-Unies pour le développement) prennent en compte des facteurs comme l’espérance de vie, le niveau d’éducation, la parité hommes-femmes. Ce sont de petits progrès, mais qui réintroduisent de la morale dans une pulsion d’accumulation devenue dominante.
La dimension humaine, on ne peut la réintroduire que par la pratique. L’économie solidaire s’attaque à des problèmes que certains veulent écarter comme insolubles. Elle montre pourtant que certaines améliorations sont réalisables, et peuvent être introduites dans l’économie. Elle pose la question de l’utilité sociale, dont la nature et le champ varient selon l’époque et le lieu et qui doit être définie localement. Elle n’a pas vocation à se substituer au modèle économique existant. Sa force, c’est d’être sur le terrain et d’avoir à inventer. Elle ne peut s’y maintenir que dans une tension permanente entre l’économique et le social. C’est comme d’aller à bicyclette : si on cesse d’avancer, on tombe.
 
Le Murundi :
 
En l’an zéro ou o du Murundi, On découvre l’existence d’état (roi, notables, princes et descendance, clergé- abahanuzi) 30.000 avant l’ ère occidentale. Le Murundi avait déjà dépassé les allers- retours entre l’objectivité et la subjectivité (raison et émotion), manifestement, il n’y a pas que cela pour constituer le bien être. Le bien-être n’est que l’affaire de vie avec les autres.
 
Albert Einstein  n’a pas dit autre  chose quand il proclamait que l’ensemble de ce qui compte ne peut être compté et l’ensemble de ce qui peut être compté; ne compte pas. »
 
Comme disait l’Abbé Michel Kayoya  lors de l’acte de Berlin en 1885 il y aura un avant et il aura un après; rien se sera plus comme avant.
 
Au Burundi, la défaite de Runyota   contribua à  alourdir encore la pression coloniale sur la population. Quand le pays revint au calme, nous a dit un témoin, nous fûmes ensuite punis par le colonisateur qui nous imposèrent la capitation de 5F. Nous arrivâmes à 6F, à7F et à 10F.Un homme pauvre qu’on respectait, on ne le respecta plus.. Ils nous ont fait payer sans scrupules, ils ne faisaient que donner des ordres au Mutware (autorité locale); c’est lui qui s’acharnait sur nous.
 
L’Européen qui débarque au Congo se sent, se croit, s’arroge d’office une action éducatrice, quelle que soit sa profession, quel que soit son travail, le paternalisme est intégral.
Autant la Belgique transforma rapidement le Ruanda-Urundi sur le plan politique, autant elle fit relativement peu du point de vue économique. La diffusion  de la monnaie, à travers les échanges internes sur les marchés et un salariat maigre et épisodique, resta limitée. L’argent obtenu par les biais des ventes des produits agricoles et des produits de l’élevage ou des travaux temporaires de manœuvres était dépensé aussitôt pour acheter des produits importés et surtout pour payer l’impôt, de sorte que l’épargne était nulle.
Pour la plupart des gens, amahera, « L’argent » (tire du mot Allemand heller) prit la connotation de «  ce qui ne dure pas » par assimilation au verbe Kirundi Guhera « s’épuiser vite ».
La construction des routes pour remplacer le portage ne démarra qu’après la famine de 1928-1929,qui avait montré la nécessité de doter le pays de moyens de communications modernes.
Mais l’élément le plus marquant  de la période mandataire en matière économique demeure sans conteste la mobilisation du travail agricole. Pays insuffisamment et mal nourri, le Burundi se trouve dans une région qui connaissait depuis longtemps des famines périodiques.
La politique Belge en matière agricole découla de cette triste constatation, combinée avec l’espoir persistant d’en faire un réservoir de vivres frais pour le Katanga.D’où l’extension obligatoire de cultures vivrières traditionnelles, l’importation de nouvelles plantes ou de nouvelles variétés.
Du point de vue financier, doté d’un patrimoine propre par la loi sur l’union administrative avec le Congo Belge, le Ruanda-Urundi dut, en dépit de sa pauvreté, équilibrer lui-même ses dépenses par des recettes qui consistaient surtout en impôts indigènes et en taxes douanières. Cette situation a particulièrement pris forme dans le paternalisme appliqué à la fois par l’Etat et l’Eglise.
 
Actuellement :
 
En résumé comme dit le présentateur de la météo à Bruxelles : Pour la météo du jour il suffit d’ouvrir la fenêtre :
 
Le Travail
 
Témoignage de monsieur Alain Majesté  journaliste à Bujumbura en mars 2017 à Jeune Afrique
Un quart du salaire pour manger
Alain-Majesté vit modestement en « limitant les dépenses ». Sa plus grosse sortie d’argent est destinée à ses déjeuners en ville, à midi, entre deux reportages. Un tiers de son salaire, soit 27 euros par mois, part chaque mois dans la nourriture. Il se rend généralement dans des petits restaurants – « petits, petits », souligne-t-il – et mange du riz avec quelques haricots, « un repas réservé aux petites personnes à maigre revenu ».
Alain a vite fait d’énumérer chacune de ses dépenses, il les a toutes en tête. Il sait précisément où va son argent, chaque billet a de la valeur. Pour ses déplacements, il utilise les transports en commun dans lesquels il estime laisser 16 euros chaque mois. À raison de 19 cents le trajet, on comprend qu’il passe beaucoup de temps sur la route, son lieu de travail se situant à 30km de chez lui.
« Je ne travaille pas pour l’argent »
À la pharmacie, il dépense presque 6 euros pour s’approvisionner en médicaments, « des calmants, la plupart du temps ». Une partie de son salaire est destinée à son crédit téléphonique de 8 euros mensuels mais il considère que « c’est trop peu, en général les gens prennent un crédit à 16 euros ». Pour 8 euros, il aime aussi renouveler ses tenues de temps à autres, « un pantalon par mois en moyenne ».
Alain-Majesté n’a pas tellement le cœur à faire « la grande fête » le samedi : « J’ai peur de dépenser l’argent que je n’ai pas ». Il se fait plaisir en se procurant quelques bières, cinq par week-end, qui lui coûtent autour de 4 euros chaque semaine.
En attendant des jours meilleurs, il insiste sur le fait qu’aucune épargne n’est pour l’instant envisageable à la fin du mois. S’il persiste à travailler c’est dans l’espoir de vivre de sa passion dignement. « Je ne travaille pas pour l’argent, c’est trop peu. Je vais au bureau pour remplir mon carnet d’adresse et pour espérer être embauché dans un grand organe de presse ».
Malgré la conjoncture, Alain a beaucoup d’ambition, mais pour cela, concède-t-il, « il faut des sous et je ne les ai pas ». Fonder une famille relèvera également du parcours du combattant. Quant à l’idée de partir, il essaie d’y résister. « J’aimerais rester ici, au Burundi, pour promouvoir mon pays, mais si c’est trop compliqué, alors peut-être qu’un jour je partirai ».
Les D.I.G : ( info Bujumbura news juillet 2015)
DIG est une abréviation qui signifie « Directeur Général, » quoi qu’elle soit lue en anglais, alors qu’elle est normalement française ! Le terme DIG est pris consciemment pour marquer la différence avec DG. Ce réseau très implanté dans Bujumbura (Mairie) est composé par des jeunes filles et des femmes mariées qui excèdent 25 ans ! On y trouve également quelques garçons, notamment les « Mario, » ces jeunes hommes vivant grâce aux femmes des autres. Souvent, ils vivent de leurs exploits sexuels, dans cette ville où la plupart de femmes mariées se lamentent qu’elles ne connaissent que très rarement l’orgasme avec leurs maris !
Les DIG se recrutent principalement parmi les anciens prostitués ! Professionnellement, elles ne sont plus à la page. Mais compte tenu de leur carnet d’adresses comportant notamment les noms des grands patrons (Nationaux et Expatriés) et leurs contacts téléphoniques, ces DIG ne chôment pas. Ainsi, elles vivent des commissions qu’elles touchent de la part de ces VIP et autres patrons. L’opération est simple. Il y a un « boss » qui veut se détendre avec une jeune fille. Souvent, ce sont des liaisons extraconjugales. Comme il ne peut pas aller lui-même faire la chasse, elle contacte une DIG, en lui donnant le profil de ses préférences (Taille, seins, visage, teint, âge, …). Les DIG sont des commissionnaires du sexe.
Selon Adidja (Un nom fictif pour protéger la source), « même quand il y a des délégations étrangères en mission dans notre pays, on se charge du « deal » et on vit de la commission qui tourne autour de 20%. » Les DIG ne connaissent pas des problèmes de trésorerie. A en croire Erica (Nom fictif), 29 ans, 100 000 Fbu ou 300 000 Fbu, c’est notre argent de poche quotidien pour patrouiller dans les grands hôtels, aller à la plage ou visiter nos patrons dans leurs bureaux. Ca nous permet de bien entretenir nos relations.
A la question de savoir où elles trouvent ce budget, la réponse est claire et nette : « Nous détenons beaucoup de secrets de nos clients, parmi lesquels des patrons de ce pays. Pour garder jalousement ces secrets, ils nous achètent d’une certaine manière et nous financent sans beaucoup de problèmes. » Sur ce point, Adidja ne mâche pas ses mots et dans une aisance extraordinaire, elle conclut : « c’est mieux qu’un haut cadre de la Fonction Publique. Personnellement, je ne pourrais plus me réveiller pour aller toucher 200 ou 300 000 Fbu à la fin du mois. »
Le problème majeur de ces DIG, elles sont souvent en conflit avec ces « belles créatures » qu’elles offrent à leurs clients, ces patrons de Bujumbura. Une passe peut aller jusqu’à 300 000 Fbu et la jeune fille va encaisser 60 000 Fbu. En une journée, la jeune fille peut avoir deux ou trois clients. Elle rentre avec 120 ou 180 000 Fbu, alors que la DIG encaisse, sans beaucoup souffrir, une bagatelle somme de 240 ou 480 000 Fbu ! Et où se trouve le terrain de jeu ? La réponse est aussi impressionnante.
Deux ou trois patrons cotisent et louent une maison qu’ils mettent à la disposition d’une DIG. La maison est équipée avec un équipement de luxe, comme chez une VIP qui se respecte. La DIG qui occupe cette maison n’a qu’à tenir son agenda, son fiche de stock et son carnet de reçu ! La vie est belle pour elle. Comme dans un urinoir d’un grand hôtel, ces « patrons » se relayent dans cette maison, avec les filles ayant l’âge de leurs enfants !
 
L’envoie de l’Argent en Ligne  (info western union 15 juin 2017)
 
Chaque année, les migrants transfèrent 550 milliards d’euros vers leur pays d’origine. Une manne considérable. Souvent, l’argent transite par des sociétés de transfert de fonds, comme Western Union ou MoneyGram, qui prélèvent au passage de juteuses commissions. Des projets existent pour faire mieux travailler cet argent au profit des pays pauvres.
Une fois par mois, Jean-Paul Ngendakumana se rend au bureau Western Union de la gare du Midi, à Bruxelles. Il dépose une centaine d’euros en liquide, en échange desquels il reçoit un code à douze chiffres. Un tirage de loterie? Non, les numéros sont un précieux sésame grâce auquel il pourra transférer cet argent à sa famille au Burundi. Il envoie le code par sms à son frère, Janvier, qui peut retirer l’argent, converti en francs burundais, quelques heures plus tard dans n’importe quelle banque de Bujumbura.
« L’immigration de Jean-Paul a été une aubaine pour la famille », explique Janvier, que nous avons rencontré dans la capitale burundaise. « Cela a permis d’espérer que notre situation financière s’améliore. Nos parents sont vieux. Leurs revenus n’arrivaient pas couvrir toutes les dépenses familiales. Chaque mois, Jean-Paul envoie de l’argent pour payer les frais de scolarité de ses deux petits frères qui sont à l’université privée (300 000 francs burundais par trimestre équivalent à 150 euros). Il paie aussi les frais de scolarité de nos cousins paternels (12 000 Fbu par trimestre, l’équivalent de 10 euros) ».
Sa générosité ne s’arrête pas là. Il aide occasionnellement à payer le loyer et, à chaque événement social important, depuis les mariages jusqu’aux levées de deuil en passant par les dots des proches, il apporte sa contribution, dont le niveau dépend du degré de parenté avec les concernés. Au total, Jean-Paul contribue entre 50  % et 70 % aux dépenses familiales. « Dans notre pays lorsque les gens savent que ton fils vit à l’étranger, ils comptent sur toi financièrement dans ce genre de cérémonies. Et tu ne dois pas les décevoir », explique son frère.
 
Conclusion et Invitation
 
Construisons les moyens d’échanges de demain
(E)Change Bruxelles, c’est construire et mettre en place ensemble des solutions d’échanges entre citoyens pour une économie durable et solidaire.
Envie d’utiliser autre chose que l’Euro pour l’échanger ?
Motivé pour soutenir l’économie locale ?
Envie de préserver nos biens communs ?
Envie de plus de solidarité dans l’échange ?
Partant pour limiter l’impact sur l’environnement à chaque échange de biens, de savoirs ou de services.
 
Vous êtes invités
Le 10  juillet 2017

Rue Wayez N°94 à n1070  Anderlecht
Maison de la participation
Entrée gratuite
Un verre d’amitié
Contact : Ntacorigira  Victor
             e-mail :ntacovic2000@yahoo.fr  (inscription)
             gsm :0479.75.39.05
Avec le soutien de : Asbl Financité-Centre européen de recherche en micro-Finance-Ulb-Commune d’Anderlecht-Fmdo-Collectif  Bruxelles-Bujumbura.
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Ntacorigira Victor Invitation
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