Burundi : le clergé sous pression

Burundi, le clergéAu Burundi, comme au Rwanda, l’Eglise catholique a exercé par le passé une influence certaine. A l’heure actuelle, quel est donc l’état du clergé au Burundi ?

Deux pays, deux ethnies, deux crises, une seule et même Église. Au Rwanda, comme au Burundi, l’institution n’a jamais cessé de jouer de son influence, de faire entendre une voix qui porte dans les collines, aux deux tiers peuplées de catholiques. Une différence pourtant, et de taille dans cette région des Grands Lacs : à Kigali, les prêches ont longtemps relayé le discours identitaire quand, à Bujumbura, ils le dénonçaient. Vingt-deux ans après le génocide, et à la suite d’un long silence, les évêques rwandais ont retrouvé la parole en novembre 2016 et demandé pardon pour le rôle de l’Église catholique dans les crimes de 1994 – suivis en cette démarche par le pape, en mars.

Leurs collègues de Bujumbura, eux, ont appris à se taire devant la déliquescence de leur pays et les menaces dont ils font l’objet. Plutôt légaliste, la hiérarchie catholique burundaise est souvent entrée en conflit avec des dirigeants politiques qui l’étaient peu. Du putsch de Jean-Baptiste Bagaza, en 1976, à l’assassinat du président Melchior Ndadaye en 1993 et la guerre civile qui a ensanglanté le pays jusqu’en 2006, les évêques ont multiplié les condamnations.

Certains y ont même laissé la vie, comme l’archevêque de Gitega, Joachim Ruhuna, tué en 1996 par les rebelles hutus. Sept ans plus tard, c’est l’archevêque irlandais Michael Aidan Courtney qui est abattu lors d’une embuscade tendue au sud de la capitale.

Récalcitrants

Et ce sont les révélations concernant l’assassinat, en septembre 2014, de trois religieuses italiennes qui vont attiser la contestation contre Pierre Nkurunziza, candidat à sa réélection au début de 2015. Incarcéré après avoir lié ce crime aux services secrets burundais, le journaliste Bob Rugurika est libéré après un mois, sous les ovations de la foule.

Une liesse jusqu’alors inconnue dans le pays, et qui accompagnera, quelques mois plus tard, le général Nyombare pendant les quarante-huit heures de son coup d’État manqué – sous le regard bienveillant d’une Église catholique burundaise qui ne bouge pas.

L’institution a pris clairement position dès le début de la crise et, s’en tenant aux accords d’Arusha, s’oppose à un troisième mandat présidentiel, par la voix d’Évariste Ngoyagoye, l’archevêque de Bujumbura. Pendant quelques mois, les sermons se durcissent dans les églises. Avant que Pierre Nkurunziza remporte la mise et que ses partisans veuillent remettre au pas les prêtres récalcitrants.

Emprisonnés, exfiltrés

« Quelques-uns ont été emprisonnés, d’autres exfiltrés, témoigne un membre du diocèse de Gitega. L’archevêque Ngoyagoye a été plusieurs fois menacé de mort. » La conférence épiscopale se fait taper sur les doigts dès qu’elle tente de parler de la situation interne du pays, et lors des offices, les sympathisants du pouvoir n’hésitent pas à corriger les sermons qu’ils jugent un peu trop orientés.

Le pouvoir est chaque jour un peu plus détesté

Cela n’empêche pas certains prêtres d’interpeller le chef de l’État, par l’intermédiaire des Saintes Écritures. Soutenant officiellement les négociations, le clergé burundais semble attendre son heure. « La situation économique est si grave que, sans l’aide internationale, le pouvoir est chaque jour un peu plus détesté », observe le professeur Nestor Bidadanure.

En novembre, Pascal Nyabenda, président de l’Assemblée nationale, a joué les éclaireurs en appelant l’Église à convaincre les bailleurs de fonds. Une demande à laquelle la principale institution religieuse du pays s’est contentée de faire la sourde oreille.

le 05 juillet 2017 à 15h36, Par Olivier Caslin, http://www.jeuneafrique.com/mag
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6 commentaires sur “Burundi : le clergé sous pression

  1. Même si mon commentaire vient très tardivement, permettez mes très chers compatriotes de clisser un seul mot à propos de l’article et des commentaires. La Sainte Église de Jésus au BURUNDI a l’obligation, contre vents et marrais, de montrer le droit chemin aux enfants de Dieu de ce pays toutes croyances confondues. Je suis confiant que même s’il advenait une situation telle que celle de Pierre la nuit où Jésus fut appréhendé, ces plus honnêtes hommes ne manqueraient pas de dire un mot pour apaiser les esprits en débandade. Le BURUNDI a besoin de rassembler tous ses fils et filles pour assurer son développement. Je connais bien la vie de l’exile et ça me ronge le cœur d’entendre que des burundais croupissent dans la misère des camps des réfugiés. Pour aider à ces réfugiés de rentrer sans crainte, l’Eglise de Jésus doit jouer un rôle visible. Aux commentateurs, je vous prie de vous retenir et d’user d’un langage pouvant permettre aux burundais d’espérer d’avoir un avenir meilleur.

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  2. Au Rwanda l’Eglise a demandé pardon pour les crimes commises par ses serviteurs et non pas par l’institution. La question est kuberiki bavuga ivyerekey l’Eglise et l’Etat ubu? Est-ce une des cartes à jouer? Malheureusement le pouvoir de l’Eglise catholique d’antan n’est plus. Si non vyari kuba…….

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  3. Ewe Mbabarempore. Iyo upfuma nyene wihorera. Veux tu dire qu’en 1994 c’est l’eglise qui a tue le president Ndadaye democratiquement elu avec tout son cabinet. Peut etre tu veux que les gens entendent que Ndadaye et son Cabinet tues etaient des tutsi. Veux-tu faire comprendre au monde que au cours de ces annees memes tous les etudiants hutu tues a l’universite du Burundi etaient des tutsi et qu’ils ont ete massacree ou brules vifs par l’eglise catholique. Veux-tu faire comprendre au monde que le major Buyoya qui a cree des camps de concentration de type Nazi dans tout le pays ou les milices tutsi sans echecs et sans defaite, aides par l’armee monoethnique tutsi venaient collecter des hutus pour les tuer l’a fait en qualite de representant de l’eglise et au nom de l’eglise ou il qu’il etait Hutu?
    Les europeens peut etre vont te comprendre mais pas les Burundais.
    Wewe uri umurundi wa he ? Evidemment, ça peut se comprendre, ta position est déjà prise.
    Actuellement nous ne voyons que la « pègre » parmi nos ……….. tu devines ?

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  4. [[[Vingt-deux ans après le génocide, et à la suite d’un long silence, les évêques rwandais ont retrouvé la parole en novembre 2016 et demandé pardon pour le rôle de l’Église catholique dans les crimes de 1994 – suivis en cette démarche par le pape, en mars.]]]
    Ce texte en haut relève de la pure propagande car l’Eglise catholique n’a pas joué de rôle dans le genocide au Rwanda, le pardon qu’elle a demandé concerne ses membres qui ont trempé dans les crimes (même si elle ne les a pas envoyé les commettre), l’Eglise en tant qu’institution n’a pas commis de crimes. Les africains ont fini par s’habituer aux mensonges propagés par « le jeune afrique » un journal qui devrait avoir honte de son soutien aux dictateurs africains, le voisin du nord a donné mission a ce soit disant journal de salir le Burundi, ça ne donnera rien.
    L’Eglise du Burundi devrait faire attention avec ce genre de propagande publié par jeune afrique, ce journal fonctionne grâce aux fonds donnés par des neocolonialistes et certains dictateurs africains comme le voisin du nord, ne vous laissez pas entrainer par ces prétendus journalistes comme le BECHIR de jeune afrique.

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    • Umuryambwa aba umwe agatukisha umuryango, ntuhakane ko mu Rwanda les religieux batakoze ihonyabwoko, comme par ailleurs mu Burundi muri 1993 hari aba religieux bafashije kwica abatutsi. Wewe uri umurundi wa he ? Evidemment, ça peut se comprendre, ta position est déjà prise.
      En outre, pourquoi t’en prendre à BECHIR, sais-tu combien de temps il a travaillé pour son Journal ? Tu connais vraiment l’âge de « JEUNE AFRIQUE » et la quantité d’informations utiles qu’il a diffusé depuis des temps ? Non, sûrement non; je parie même que tu n’as jamais lu un seul n° de ce cher document. Nous, de notre temps, on s’amusait même avec !!! Quelle intelligence, JEUNE AFRIQUE.
      Actuellement nous ne voyons que la « pègre » parmi nos ……….. tu devines ?

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  5. Ce n’est pas à l’église de convaincre les bailleurs de fonds; c’est à l’état, au pouvoir actuel de se mettre en ordre. Le pas vers le dialogue avec l’opposition, dispersée soit-elle, serait un bon signe. Le pas vers l’apaisement politique, sécuritaire, serait aussi un bon signe

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