Le prince Louis Rwagasore mettait avant tout l’unité des Burundais

DDo7BbYXoAEYwgsLe Burundi commémore le 55e anniversaire de son indépendance le samedi 1er juillet 2017. Cet événement important pour le pays est commémoré sous le thème, « L’unité et la vigilance pour le maintien de la sécurité, voie sûre pour consolider notre indépendance nationale ». L’événement se déroule au moment où certains se posent pas mal de questions sur la vie politique, économique, sécuritaire et sociale du pays. Certains croyaient le contraire de la situation du pays qu’ils voient aujourd’hui. Bien qu’il soit nécessaire d’améliorer les relations internes et internationales, le Burundi est debout, il a fait preuve de son indépendance et de sa souveraineté.

Nous célébrons le samedi 1er juillet 2017, un événement mémorable dans le cœur des jeunes et des vieux Burundais et des amis du Burundi. C’est un événement qui nous appelle à réfléchir sur ce que chacun de nous aura contribué pour consolider cette indépendance. L’indépendance était un point de départ pour construire le pays selon la volonté de son peuple, selon les besoin du pays et du peuple. 55 ans après, une occasion qui nous est encore offerte pour s’auto évaluer. « Qu’ai-je fait pour marcher dans le chemin que nous ont tracé le prince Louis Rwagasore et ses compagnons de lutte ? Qu’ai-je-fait pour consolider l’indépendance durement acquise ?», faut-il se demander. Le prince Louis Rwagasore n’a pas eu le temps d’exprimer tout ce qu’il ressentait après l’accession du Burundi à l’indépendance, encore moins la moitié de ce qu’il aurait enduré avec ses compagnons de lutte tout au long de ce combat. Mais, l’Histoire nous révèle que le combat n’était pas facile. « Qui dirait qu’on peut obtenir de l’omelette sans casser les œufs ? ». Il y avait donc risque d’y périr. Mais, conscients de tout cela, lui et ses compagnons ont pris le risque. En effet, ils étaient lassés de voir le traitement inhumain par les colonisateurs que les Burundais enduraient dans leur propre beau pays. Qui n’a pas vu, a entendu comment un vieux ou un jeune était battu impitoyablement à la chicotte sans donner une moindre raison. Tout Burundais a une chair de poule s’il se représente une scène où un citoyen est sauvagement battu dans son propre pays par un étranger qui a presque envahi ce pays. Qui ne pouvait pas sentir l’amertume de voir les richesses de son pays emportées dédaigneusement par le colonisateur pour développer son pays? Comment rester indifférent devant l’imposition politique, économique et sociale du colonisateur? « Cela a raisonnablement révolté et conduit le prince Louis et ses compagnons à agir, combattre pour l’indépendance du Burundi ».

Mais, qu’avons-nous fait après la mort de Rwagasore?

Le prince Louis Rwagasore avait une vision pour son pays et le peuple burundais. Malheureusement, il n’a pas eu l’occasion d’accomplir son programme. Souvenons-nous, il est mort avant l’accession du pays à l’indépendance. Mais, il avait un rêve pour le pays, un rêve de faire du Burundi un paradis terrestre. Malheureusement et regrettablement, après sa mort, sa vision n’a pas illuminé les leaders qui lui ont succédé à la commande. Et le peuple burundais est resté dans la confusion, déboussolé, avec toute une série de questions sans savoir à qui les poser. Et lui qui s’est donné corps et âme pour le pays et ses citoyens, s’il revenait aujourd’hui, quel serait son sentiment ? A écouter son discours après la victoire de son parti, il est indéniable que ce qu’il voulait combattre avec toute son énergie a pris une grande place. Nul ne trouverait une explication aux actions de sabotage électoral, des gouvernements imposés, des tueries avec des destructions répétitives de notre chère nation, de l’exclusion, de la mauvaise gouvernance, de l’injustice dont le Burundi a été une proie depuis plus de cinquante ans. Pire encore, qui pourrait expliquer comment Rwagasore et le peuple burundais voulaient tailler le destin du pays, mais qu’aujourd’hui certains Burundais appellent les étrangers à orienter ce destin ? Dans ce monde capitaliste, quelqu’un pourrait se demander si ces étrangers le feraient pour l’intérêt du Burundais et pour le leur. Où est allé l’amour de la patrie, la conscience est-elle en vacances ? La main dans la main, tous dans l’unité, nous devons consolider la paix et la sécurité et construire ensemble notre nation en vue de consolider l’indépendance à laquelle nous avons accédé, la sueur aux fronts et même le sang versé.

Indépendance du pays, une fierté chez certains

A travers le prince Louis Rwagasore et d’autres Burundais, le parti Uprona a combattu pour l’indépendance du Burundi. Abel Gashatsi, président du parti Uprona, se réjouit d’être à la tête d’un parti qui a réalisé une noble action qui ne sera pas oubliée dans le pays. Il regrette les crises cycliques que le Burundi a connues depuis 1962. Cela a provoqué des difficultés dans la gestion de cette indépendance, dit-il. Selon le président du Rassemblement des démocrates du Burundi, Jean de Dieu Mutabazi, il faut décrier le crime odieux d’assassiner le héros de l’indépendance. Lui et le peuple burundais condamnent la responsabilité du colonisateur belge dans ce crime. M. Mutabazi dit que ce colonisateur est également, et malheureusement, responsable de la politisation des ethnies au Burundi depuis les années 1930. M. Mutabazi trouve que les événements que le Burundi a connus dans les années 1961, 1965, 1972, 1988, 1993 à nos jours, ont toujours porté une marque ethnique. Il dit que, lui et certains autres politiciens honnêtes et unitaristes ont toujours tenté de mettre fin à cette ethnisation de la politique au Burundi. « Si le colonisateur nous a inoculé le virus de l’ethnisation de la politique au Burundi, plus de 85 ans plus tard, nous continuons toujours à en souffrir, mais nous sommes conscients que notre salut réside dans l’édification de notre unité nationale», dit M. Mutabazi. Il estime que si le colonisateur belge à travers ses pays amis de l’Europe et son organisation, l’Union européenne, ont pris des sanctions injustes et inexplicables, cela prouve que le colonisateur garde sa volonté de maintenir le Burundi tout comme d’autres pays africains dans le sous-développement, une autre forme déguisée du colonialisme. « Ayant pris conscience de cet état de fait, le peuple burundais et le gouvernement qu’il a élu font tout pour garder la tête hors de l’eau en vue de maintenir son indépendance politique et avancer résolument vers l’indépendance économique », dit M. Mutabazi. Par ailleurs, dit M. Gashatsi, « à voir la vision du prince Louis Rwagasore dans la recherche de l’indépendance, il mettait en avant l’unité de tous les Burundais, la cohésion de tous, la conjugaison des efforts toutes les ethnies confondues, Hutu, Tutsi et Twa dans le combat pour l’indépendance». Mais, à ce moment là, « le devide and rule » (diviser pour régner) du colonisateur continuait à guetter. « Après l’assassinat du prince Louis Rwagasore, nous avons connu des divisions, et ainsi les Burundais se sont entretués, il y a eu des assassinats, ça a été un échec », regrette le président de l’Union pour le progrès national.

Il y a encore à faire pour consolider l’indépendance

M. Gashatsi pense que si Rwagasore n’était pas mort, le virus ethnique n’allait pas naître et grandir comme nous l’avons assisté. « Mais, aujourd’hui, le problème ethnique a connu une avancée significative dans le sens de la simplification », ajoute-t-il. Il appelle néanmoins le gouvernement à privilégier la sensibilisation allant dans le sens de la promotion de la cohésion sociale, de l’unité nationale. Sur le plan de l’économie, M. Gashatsi rappelle que le héro de l’indépendance avait une vision claire sur la promotion des coopératives. Il remarque que ce noble projet n’a pas continué. « Mais, il y a la Fédération nationale des coopératives». Peut-être ce n’est pas suffisant ou n’est pas taillé sur la mesure du prince Louis Rwagasore. Ainsi, appelle M. Gashatsi, « Il faudrait que les autorités actuelles renforcent l’économie du pays pour que tout citoyen ait de quoi manger. Il faut que la politique du pays en matière d’économie soit renforcée ». En effet, dit-il, il y a la pauvreté, le chômage et d’autres défis auxquels les autorités du pays devraient se pencher pour que le pays prospère. Il souhaite aussi que la gouvernance soit améliorée du moment que le pays est sorti de la crise politique, mais trouve que tout le monde a un rôle à jouer. Il apprécie le fait que les politiciens s’assoient ensemble pour discuter l’avenir de leur pays surtout préparer les élections de 2020.

Il y a encore des défis auxquels il faut faire face

Le Burundi est resté débout malgré les sanctions qui ont été prises. « Le Burundi est un pays souverain », dit M. Gashatsi. Néanmoins, il estime qu’il faut améliorer les relations pour relever l’économie du pays. En effet, dit-il, le Burundi est classé parmi les pays pauvres de la planète, « c’est pourquoi l’aide étrangère s’avère nécessaire». Il s’oppose cependant à une manœuvre des Européens de dicter la politique du pays, et félicite les autorités burundaises qui ont su gérer le pays quand certains pensaient qu’il allait disparaître s’il n’obtient pas l’aide étrangère. M. Gashatsi appelle les Occidentaux à revoir les sanctions injustes qu’ils ont prises car, elles touchent la population et non les autorités du pays, encore moins le président de la République. « Au lieu de songer aux sanctions, vaux mieux développer les relations diplomatiques. Les autorités burundaises devraient elles aussi améliorer les relations avec ces pays, pour voir ensemble comment lever les sanctions tout en respectant la souveraineté du pays », appelle M. Gashatsi. M. Mutabazi relève des défis comme ceux liés à l’insuffisance énergétique et l’insuffisance de devises pour effectuer des importations, mais se réjouit du fait que ces défis ne sont pas insurmontables et non exclusifs pour le Burundi. Ainsi, il appelle le peuple burundais et le gouvernement à rester solidaires et à ne pas tomber dans le piège de l’ethnisme que veulent lui tendre le colonisateur et certains Burundais qu’il qualifie de descendants du Parti démocrate chrétien (PDC) accusés dans l’assassinat du Prince Louis Rwagasore. Il appelle au maintien de l’unité du peuple burundais dans sa diversité politique, ethnique, religieuse, clanique et régionale. Aussi, faut-il renforcer l’amitié avec les autres peuples et gouvernements de la Sous-région, de l’Afrique, de l’Europe, de l’Asie et d’Amérique ; développer les mécanismes d’auto défense vis-à-vis des ennemis avérés, et poursuivre la lancée actuelle du développement économique pour venir à bout des défis que le Burundi connaît actuellement.

Alfred Nimbona, http://www.ppbdi.com

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