La cérémonie pour le roi du Burundi est maintenue

imagesRéinhumation La famille du monarque a saisi la justice civile pour renvoyer la réinhumation de Mwambutsa IV. En vain.

La réinhumation du roi du Burundi Mwambutsa IV au cimetière de Meyrin a bien failli être renvoyée. Selon nos renseignements, sa famille, notamment sa fille, la princesse Rosa-Paula Irbagiza, a saisi mardi la justice civile genevoise pour demander au plus vite l’annulation de l’événement funéraire. Et pour cause, la fille du roi tient elle aussi à organiser cette cérémonie qu’elle juge trop précipitée et exclusive. Mercredi après-midi, le Tribunal de première instance a rejeté cette requête urgente.

La cérémonie et l’inhumation auront donc bien lieu demain après cinq ans de bras de fer entre la nièce du monarque, vivant à Paris, et sa famille, dont sa fille, soutenue par le Burundi. Débouté ce printemps en dernière instance par le Tribunal fédéral, le pays africain a dû renoncer à rapatrier les restes du roi et respecter la volonté du défunt d’être enterré dans le canton.

Mardi, la princesse Rosa-Paula Irbagiza, dernière fille survivante du roi, a fait savoir en début de semaine via un blog burundais «qu’il fallait du temps» pour organiser une telle cérémonie à Genève. Notamment pour permettre aux membres de la famille, établis dans plusieurs pays, de participer à l’événement funéraire. Elle a donc demandé instamment à la nièce du roi de «s’abstenir d’organiser dans la précipitation» une telle cérémonie. Une requête écartée par l’intéressée et la justice genevoise.

Avocat de l’entreprise de pompes funèbres chargée de la cérémonie, Me Thomas Barth réagit: «L’entreprise a été informée du dépôt de cette requête visant à suspendre l’inhumation, puis de son rejet, parfaitement logique eu égard à l’arrêt rendu récemment par le Tribunal fédéral. Le programme prévu est bien entendu maintenu.» Dans ses observations à la justice hier, Me Andrea Rusca, avocat de la nièce du roi, estime «qu’il faut séparer l’inhumation, qui vise à cesser l’atteinte qui est portée à la mémoire du roi et à la personnalité de ma cliente, des éventuelles cérémonies organisées par les uns ou les autres et qui peuvent avoir lieu avant, après ou pendant cette inhumation. Les funérailles du roi ont eu lieu il y a quarante ans. Rien n’empêche les membres de sa famille de venir se recueillir sur la tombe et d’organiser, à un tout autre moment, la cérémonie de leur choix.»

Durant les cinq ans de bataille juridique, la fille du roi voulait rapatrier les restes de son père au pays. Afin, dit-elle, de créer un processus d’unité et de réconciliation nationale. Un argument qui n’a jamais convaincu les juges.

Par Fedele Mendicino, 28.06.2017, 22h35, http://www.tdg.ch/geneve

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3 commentaires sur “La cérémonie pour le roi du Burundi est maintenue

  1. « Les funérailles du roi ont eu lieu il y a quarante ans. Rien n’empêche les membres de sa famille de venir se recueillir sur la tombe et d’organiser, à un tout autre moment, la cérémonie de leur choix.» »

    L’histoire retiendra que le dernier Roi du Burundi qui, avec ses enfants, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour le Burundi a été déterré précipitamment trente cinq ans plus tard, exposé pendant cinq ans et enterré précipitamment sur l’ordre des juges suisses.

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    • Ntahitangiye, l’avant-dernier Roi du BURUNDI n’aurait jamais dû être déterré, jamais. Ceux qui sont à l’origine de cette abomination devraient rester dans leurs petits souliers et arrêter de créer des polémiques inutiles. La justice a tranché et, que je sache, la justice est plus souveraine que « la dernière fille survivante du Roi ».
      Et heureusement que la justice a tranché parce que franchement si on n’est pas capable de respecter la dernière volonté de son père, je me demande comment on peut tenir à assister à une cérémonie funéraire en sa mémoire, cérémonie qui n’aurait jamais dû avoir lieu en l’occurrence.

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      •  » l’avant-dernier Roi du BURUNDI n’aurait jamais dû être déterré, jamais. »
        Je réfléchis et je me demande :
        Qui a donné l’ordre de le déterrer ?
        En donnant l’ordre de le déterrer ne savait-il pas qu’il y aurait une opposition à la raison pour laquelle on l’a déterré ?
        Sachant qu’il y avait mésentente dans la famille pourquoi n’a-t-il pas attendu un consensus dans la famille avant de le déterrer ?
        Sachant qu’il y a mésentente jusqu’aujourd’hui, il n’y aurait jamais consensus dans la famille et le Roi ne serait jamais déterré
        La dernière volonté d’un père de famille ce sont ses sentiments, les membres de la famille qu’il laisse ont aussi leurs sentiments, existe-t-il un pays qui a une loi pour pouvoir prononcer un jugement entre ces sentiments ?
        Un conseil pour les Baganwa et pour nous :
        Faisons attention :
        1)La pire situation dans laquelle on peut pousser un pays , c’est la guerre civile (l’histoire des Hutu et Tutsi)
        2) La pire situation dans laquelle on peut pousser une famille ou une communauté, ce sont des déchirures difficilement guérissables. Ce qui semble être le cas chez les Baganwa.

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