Crise au Burundi: sur le front diplomatique aussi

34967462252_b901649a9f_zLe Burundi, pays des Grands lacs africains, qui traverse une grave crise politique depuis plus de deux ans, s’en est pris très violemment à l’Union européenne, son principal bailleur de fonds, qui lui a imposé des sanctions budgétaires depuis plus d’une année. S’appuyant sur des documents qui ont fuité dans la presse sur le financement de défenseurs de droits humains, le pouvoir s’en est pris violemment à l’UE accusée pour cela d’avoir participé et même financé une déstabilisation du pays, alors qu’il s’était contenté d’attaques plutôt voilées jusqu’ici. Une charge qui ressemble fort à une manœuvre de diversion aux yeux de nombreux observateurs alors que le pays traverse une zone de fortes turbulences.

Tout avait pourtant bien commencé pour Bujumbura, avec le sommet des chefs d’Etat de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est (EAC) à Dar es Salaam, il y a une dizaine de jours. Les pays de la région avaient semblé donner leur plein soutien au gouvernement burundais, en demandant notamment la levée immédiate des sanctions européennes. Bujumbura avait même fêté ce qu’il a qualifié de «victoire éclatante» par de grosses manifestations à travers le pays.

Mais la fuite dans la presse d’un rapport présenté par le facilitateur dans la crise burundaise à cette occasion, a totalement changé la donne. Benjamin Mkapa y accuse Bujumbura, d’être pratiquement le principal obstacle aux négociations de sortie de crise. Et, pire pour le pouvoir, les chefs d’Etat de la région ont totalement endossé ce rapport et ont promis de faire pression sur le pouvoir burundais sans le claironner sur les toits, pour ne pas faire perdre la face au président Pierre Nkurunziza selon des sources diplomatiques.

Enfin, le gouvernement burundais s’attend à une semaine du 12 au 18 juin plutôt difficile, avec dès lundi prochain une réunion du Conseil des droits de l’homme des Nations unies sur son cas. Le responsable de la communication présidentielle, Willy Nyamitwe, a déjà annoncé qu’ils ne s’attendaient à rien de bon du côté d’un conseil qui a déjà condamné à plusieurs reprises Bujumbura pour de graves violations des droits humains. Cette réunion sera suivie, avant la fin de la semaine prochaine, d’une séance du Conseil de sécurité de l’ONU toujours sur la crise burundaise.

Et comme le pouvoir burundais fait face à une grave crise économique, il en veut énormément à l’Union européenne qu’il pense être derrière toutes ses difficultés.

08-06-2017 à 07:32, http://www.rfi.fr/afrique

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2 commentaires sur “Crise au Burundi: sur le front diplomatique aussi

  1. On ne sait plus dans quel monde on vit.
    Sommes-nous dirigés par les gouvernements ou par les médias et les ONGS ?
    Dans notre cas du Burundi par exemple RFI donne la position de l’UE citant « une source européenne » inconnue (un jour après c’est la même déclaration locale du Représentant de UE à Bujumbura) et en même temps c’est RFI qui interprète ce que les Chefs d’Etats de l’Afrique de l’Est sont en train de faire.
    C’est bizarre. Les médias et les ONGS sont -ils des super Gouvernements mondiaux ?

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    • Il est quasiment impossible de contourner les systèmes d’informations et de communications dans la bonne gouvernance, c’est à partir des médias que la population et les administratives passent respectivement leurs point de vue d’une part et leurs décisions d’autres part. Les médias alors ne dirigent pas les gouvernement mais sont capable de téléguider les orientations politiques. C’est pour cette raison que le gouvernement du Burundi et d’autres pays doivent laisser les médias informés et les gouvernement ont les devoirs de désinformer ou confirmer les informations en diffusion ( démocratie). Je regrette les propos de Willy Nyamitwe qui dis que le Burundi n’attend pas de bon résultat issues de la réunion de Genève sur les droits de l’homme au Burundi. Le gouvernement du Burundi a refusé de coopérer avec les experts des droits de l’homme pour confirmer ou démentir toutes ces allégations en vers le gouvernement du Burundi. C’est pour cette raison que le gouvernement du Burundi reste et restera sous pression de la communauté international qui souhaite voir les droits de l’homme respecté au Burundi. Je conseille au Président de la République de laisser les experts de l’ONU et de l’UA venir constater les choses comme cela se sont passé si non le peuple hutu va se révolter contre Nkurunziza et la Famille Nyamitwe qui veulent à eux celle ruiner le peuple hutu qui actuellement vie en bonne relation avec les Tutsi qui sont accusés par ces derniers comme la cause de cette crise financière ( sans carburant, électricité, endettement, corruption, …..). Il faut que le peuple hutu , on se révolte contre cette personne qui se terre à Ngozi tout près de sa mère alors que d’autres présidents sillonnent le Monde a la recherche des financements.

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