Huit blessés dans l’explosion d’une grenade à Bujumbura

Burundi-KamengeHuit personnes ont été blessées dimanche soir par l’explosion d’une grenade dans un quartier du nord de Bujumbura, considéré comme un fief du CNDD-FDD, le parti au pouvoir au Burundi, a-t-on appris lundi auprès de la police et de témoins.

« Hier (dimanche), 19h40 à Kamenge (…), devant (le) domicile du chef de zone, (un) jet d’une grenade (par) un criminel (a fait) 8 blessés dont 3 enfants et 1 femme », a annoncé le porte-parole de la police, Pierre Nkurikiye, sur son compte Twitter.

Les habitants de Kamenge s’inquiètent de la multiplication d’incidents dans ce quartier qui avait jusque-là été épargné par les violences ayant touché de nombreux autres endroits de Bujumbura, depuis le début de la crise en avril 2015.

Au moins deux autres attaques à la grenade et une au fusil, qui ont fait au moins deux morts et une dizaine de blessés, ont été recensées à Kamenge depuis la mi-avril, selon des sources policières et des témoins.

« Nous sommes inquiets de cette recrudescence de violences, qui ont toujours lieu pendant la nuit, alors que notre quartier est plongé dans le noir faute d’électricité », a dénoncé auprès de l’AFP un habitant de Kamenge.

S’exprimant sous couvert d’anonymat, il a pointé du doigt « le laxisme des autorités qui n’ont jamais organisé de perquisitions comme ils le font dans d’autres quartiers, alors que c’est dans ce quartier que l’on compte le plus d’actes de violence aujourd’hui ».

Des opposants assurent que de nombreuses armes circulent à Kamenge, dont une partie aurait été distribuée à de jeunes Imbonerakure, la ligue des jeunes du CNDD-FDD qualifiée de milice par l’ONU, ce que le parti a toujours nié.

Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences depuis la candidature en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Ces violences ont déjà fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture et ont poussé à l’exil plus de 400.000 Burundais.

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