Cinq choses à savoir sur la visite de Li Yuanchao, vice-président chinois

C_nRBS9WsAAMPKWLe vice-président chinois Li Yuanchao est en visite officielle pour trois jours au Burundi, depuis mercredi 10 mai. Comment est-il reçu, et pourquoi ?

Une visite économique

Pour Pékin, la présence de Li Yuanchao au Burundi n’aurait qu’une visée : « Mettre en œuvre les consensus importants dégagés entre les deux chefs d’État [chinois et burundais] et les acquis du Forum sur la Coopération sino-africaine tenu en décembre 2015 à Johannesburg », précise le communiqué de presse de l’ambassade de Chine au Burundi.

Le vice-président chinois a d’ailleurs atterri à Bujumbura après un passage au Sénégal, où les résultats du sommet de Johannesburg ont été au cœur de ses échanges avec le président Macky Sall, d’après la presse chinoise.

Un signal politique

Pour Bujumbura, en revanche, la visite du numéro deux chinois est avant tout politique, et constitue une preuve que le Burundi est en paix. « Les autorités de ce rang ne peuvent pas se déplacer dans un pays en insécurité », avance déjà le ministre des Affaires étrangères, Alain Aimé Nyamitwe, rappelant de surcroît que ce déplacement est sur le plan économique un message envoyé au monde entier : « C’est une preuve que l’on peut investir au Burundi. » Le ministre en profite pour épingler « les partenaires du Burundi qui ont décidé unilatéralement d’arrêter leur coopération, contrairement à la Chine ».

Deux pays « amis » ?

À couteaux tirés avec l’ensemble de la communauté internationale après la décision controversée de Pierre  Nkurunziza de se représenter pour un troisième mandat et la crise qui s’en est suivie, le régime de Bujumbura se réjouit d’accueillir un vice-président de la deuxième puissance économique mondiale, « un pays ami » selon les mots des autorités burundaises.

Il faut noter que depuis deux ans, les personnalités du monde entier se succèdent à Bujumbura, mais souvent pour tenter de  dissuader le chef de l’Etat de se présenter aux élections − tel Sepp Blatter en 2015, alors qu’il était président de la Fifa − ou pour exiger un dialogue entre le régime et ses opposants. À l’image de Ban Ki Moon en février 2016, à l’époque Secrétaire général des Nations Unies.

« La paix règne sur le territoire »

Certains diront que la visite de Li Yuanchao tombe à point nommé, d’autres que le moment est mal choisi. C’est selon.

De fait le vice-président chinois est au Burundi moins d’une semaine après la célébration de « la journée de l’Europe » à Bujumbura où l’ambassadeur de l’Union Européenne a tenu à rappeler que « la situation au Burundi ne s’était pas encore normalisée depuis les événements en 2015, et que la sécurité qui est revenue restait superficielle et fragile ».

Des mots qui n’ont pas plu aux autorités du pays, présentes pendant les festivités. Le ministre burundais des Affaires étrangères a vite réaffirmé que la paix régnait sur tout le territoire national. Le vice-président chinois a, quant à lui, déclaré ce jeudi 11 mai que Pékin continuerait à appuyer le Burundi « sans contrepartie »,  et à le soutenir pour « défendre sa souveraineté nationale et lutter contre toute ingérence extérieure ».

Des marchés pour la Chine

Multiplication des rendez-vous diplomatiques avec la Chine et la Russie, tournées dans le monde arabe et en Amérique latine,  le pouvoir de Pierre Nkurunziza semble s’être fait de nouveaux « amis », durant ces deux dernières années.

« La Chine est en train de construire le nouveau palais présidentiel. Elle vient de donner 5 000 tonnes de riz pour faire face à la famine. C’est elle qui construit  des écoles et des barrages au Burundi maintenant », commente-t-on au sein du parti au pouvoir, le Cndd-Fdd.

Une opération séduction qui ne fait pas trembler pour autant l’Europe : « Ce n’est pas la Chine ou la Russie qui financeront l’éducation, la santé ou les forces de défense et de sécurité. On ne peut pas comparer ce que ces pays donnent par rapport à l’appui de l’Union Européenne », réagit de son côté un diplomate européen, qui a longtemps travaillé au Burundi.

le 12 mai 2017 à 11h00, Armel Gilbert Bukeyeneza, http://www.jeuneafrique.com

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4 commentaires sur “Cinq choses à savoir sur la visite de Li Yuanchao, vice-président chinois

  1. Monsieur le chargé de la Rédaction à Bujumbura news, quelqu’un a déformé mon commentaire. C’est remarquable même quand on crique dans ce commentaire, l’original s’affiche. Je vous demande de laisser passer l’original.
    Mon commentaire original était celui-ci:
    « Une opération séduction qui ne fait pas trembler pour autant l’Europe». Et pourtant, Monsieur le Diplomate, l’Europe tremble devant l’insoumission des autorités Burundaises qui ont opté pour la défense de la souveraineté nationale et du plein droit du Burundi à se choisir ses vrais amis tels la Chine, la Russie et d’autres . Ces chers enfants du pays qui constituent la fierté du peuple Burundais ont refusé de se courber devant les dictats de l’Europe. Ils sont des «ABAGABO». Devant cette détermination des autorités burundaises, l’Europe tremble et cherche à tout prix à semer le désordre dans le pays, espérant par là reconquérir son dernier mot sur le Burundi. Ils ont préparé leurs mercenaires burundais pensant qu’en passant par eux le combat sera très facile. Malheureusement, ils ont échoué sur tous les fronts. Curieusement, devant cette défaite de ces mercenaires, l ‘Europe ne désarme pas. Elle cherche maintenant à passer par les Organisations et les Institutions Internationales, espérant qu’on moins là, les intransigeantes insoumises autorités burundaises seront châtiées sans pitié et par là le pouvoir sera remis à ses mercenaires enfants chéris. Cependant, à entendre le message du Vice-Président Chinois lors de sa visite au Burundi, il s’avère que là aussi le combat ne sera pas du tout facile pour l’Europe. «Uwuramvye azobona vyinshi» = «Qui vivra verra», nous dit l’adage burundais.
    L’Europe tremble devant les autorités burundaises, Monsieur le Diplomate.

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  2. « Une opération séduction qui ne fait pas trembler pour autant l’Europe ». Et pourtant, Monsieur le Diplomate, l’Europe tremble devant l’insoumission des autorités Burundaises qui ont opté pour la défense de la souveraineté nationale et du plein droit du Burundi à se choisir ses vrais amis tels la Chine, la Russie et d’autres. Les chers enfants du pays qui constituent la fierté du peuple Burundais ont refusé de se courber devant les dictats de l’ Europe. Ils sont des « ABAGABO ». Devant cette détermination, l’Europe tremble et cherche à tout prix à se venger en cherchant semer le désordre dans le pays espérant reconquérir leur dernier mot sur le Burundi. Ils ont préparé leurs mercenaires burundais pensant qu’en passant par eux le combat sera très facile. Malheureusement pour eux, ils ont échoué sur tous les fronts. Curieusement, devant cette défaite de ces mercenaires, l’ Europe ne désarme pas, elle cherche maintenant à passer par les Organisations et les Institutions Internationales pensant qu’on moins là, les intransigeantes insoumises autorités burundaises seront châtiées sans pitié et par là le pouvoir sera remis à ses mercenaires enfants chéris. Cependant, à entendre le message du Vice -Président Chinois lors de sa visite au Burundi, il s’avère qu’il ne sera pas facile pour l’Europe de réussir ce combat. « Uwuramvye azobona vyinshi »= « Qui vivra verra » , nous dit l’adage kirundi.
    L’Europe tremble devant les autorités burundaises Monsieur le Diplomate.

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    • Je voulais a cet effet Monsieur Philemon vous appuyer en partie, vu l’economie Europeen qui decline presentement.
      Aussi, sachez que le Burundi est detenteur des richesses minieres incisiderables. Ce bloc occidental d’Europe et Americain, savait que c’est lui qui allait l’exploiter, moyennant 5% que devait beneficier notre cher pays.
      Le bloc Russo-Chinois lui, exploite ces mines avec 18% que beneficie notre cher pays. Le Pouvoir actuel du pays lui, a choisie ce bloc Russo-Chinoi, vu l’avantage plus eleve que beneficiera le pays.
      A savoir aussi que KABILA de la RDC a donne l’exploitation des mines de ce pays aux chinois.
      Maintenant posez-vous la question:
      1) Croyez-vous qu’il est facile a ces europeens et Americains de ceder aux Russes et aux Chinois alors qu’ils ont deja perdu le RDC de KABILA?
      2)Cette construction d’un soit disant Ambassade des EU a KIGOBE, construction tres modernes qu’on trouve tres ralement en Afrique, est-ce gratiut? N’y a t-il pas derriere quelque chose de cachee?
      Monsieur Philemon, notre seul chance est celle ci: Il faudra que les 2 supers rivaux economique s’entendent, et se disent a notre insu,  » Laisse moi la Syrie ou le Congo, et moi je te laisse le Burundi. Ils ont partage le monde, mais nous nous savons pas.

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