L’Autel s’est transformée encore une fois en une tribune politique malsaine !

Pere Hermenegilde Coyitungiye 21042017 160837Homélie du vendredi saint de l’abbé Hermenegilde Coyitungiye : « ku warutari : L’Autel » s’est transformée encore une fois en une tribune politique malsaine !

Clin d’œil de Pasteur Nshimirimana

Dans le traditionnel message Urbi et Orbi pascal, le Patron de l’Eglise catholique au monde – y compris le Burundi-  a eu une pensée particulière pour les peuples syriens et congolais.

A-t-il omis le peuple burundais qui, aux dires de l’abbé Hermenegilde Coyitungiye, le Burundi serait à feux et à sang ! Le peuple n’aurait plus le droit de pleurer ses morts. Le cynisme des autorités serait à son apogée. La vie humaine n’aurait plus de valeur.

Ce dernier a tenu à le lui rappeler !

Sur les réseaux sociaux, organes d’expression des pro- et anti-pouvoir au Burundi n’ont pas tardé à réagir à ses propos. Des éloges pour les uns. Des questionnements quant aux réelles motivations de ce curé pour les autres.

Aux propos de ce prélat,  les « bonnes » ou « mauvaises » langues (selon) n’ont pas hésité à faire un lien avec une certaine dynamique migratoire qui s’observerait au sein de sa congrégation de la Sanctuaire marial de Schoenstatt Mont Sion à Gikungu, Bujumbura/Burundi. Et de conclure, exemples à l’appui,  que finalement, son homélie s’inscrirait dans cette logique migratoire c’est-à-dire : « je provoque/j’accuse le pouvoir, il réagit et donc je suis menacé et j’embarque pour l’Europe  sur les traces de mes compères, pères Déogratias Mahungiro, Evode Bigirimana, Anicet Nyandwi ».

Ces derniers auraient déjà gagné l’Occident….Histoire à suivre  mais deux jours plus tard ces mêmes réseaux lancent les premières alertes en affirmant par exemple qu’ « après son sermon touchant dénonçant les crimes au Bdi, abbé Hermenegilde (est) menacé d’assassinat ».  Le ton est donné !

L’attitude de cet abbé interpelle, non pas sur son homélie qui reste du registre du déjà vu et entendu dans certains milieux qui combat le pouvoir en place au Burundi, mais surtout elle interpelle par rapport aux différentes prises de position de l’Eglise catholique dans les différentes crises que le Burundi a connu. Trois illustrations significatives (pour dire que d’autres faits ici et là, ont été observé):

En 1973,  « la justice est possible, la paix aussi ».

Dans leur lettre pastorale publiée en 1973 par exemple, les évêques du Burundi affirmaient à qui voulait les entendre  que « la justice est possible, la paix aussi ».

Nous sommes au lendemain des pires massacres aux allures génocidaires de 1972 où 300’000 ennemis de la Nation ( selon la version officielle) ont été massacré et où même  les églises ne furent pas épargnées car les pasteurs, les prêtres, les religieux et les religieuses furent recherchés et tués par dizaines, voir par centaines.

La paix et la justice sont toujours possibles ! Mais après 300’000 morts, de quelle paix et de quelle justice  s’agissaient-elles, la paix des morts  et la justice de Dieu ?

L’histoire nous le dira peut-être mais treize ans plus tard, une nouvelle réflexion s’invite dans le débat.

En 1986, « vivre ensemble ».

Sous la conduite de la même Eglise, avec  feu Mgr Bududira Bernard à la tête, des conclusions d’une réflexion sur le thème « vivre ensemble » animent les conversations dans ce Burundi

Des éloges fusent de partout mais ce « vivre ensemble », se transformera rapidement en cauchemar. Deux ans plus tard, c’est l’hécatombe avec les massacres de Ntega et Marangara où plus de 50’000 citoyens de ce monde appelé à « vivre ensemble » périront sous les balles de leurs semblables.

A travers une lettre ouverte, des intellectuels dénonceront cette barbarie mais curieusement, aucune prise de position des théoriciens du « vivre ensemble » ne se fera entendre.

Au contraire, d’autres membres du clergé s’en prendront plutôt aux signataires de la lettre ouverte comme si les faits dénoncés n’avaient pas eu lieu (lire à ce propos les commentaires de la lettre ouverte du 22 août 1988 par des professeurs d’université du Burundi dont deux prêtres).

Alors, que dire de cette réflexion sur le « Vivre ensemble » ? Une énigme !

En 2015, « Sindumuja »  

Un appel de l’Eveque Simon Ntamwana, à la veille des élections de 2015, devenu, avec le temps  un slogan officiel des hommes et femmes qui combattent le pouvoir

Avec bonne ou mauvaise intention au départ, le monde retiendra l’impact du slogan dans le subconscient collectif de la population.

Au nom de « Sindumuja », on tue son semblable.  « Sindumuja » égale opposant politique. « Sindumuja » pour demander le rapatriement des militaires burundais en mission pour le maintien de la paix dans le monde avec les conséquences que l’on connait. « Sindumuja » pour appeler le monde à asphyxier le Burundi, son peuple et son économie. Mais ce qui étonne toujours, c’est le silence de l’auteur !

Prions pour nos Pasteurs.

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5 commentaires sur “L’Autel s’est transformée encore une fois en une tribune politique malsaine !

  1. Cher auteur de cet article:

    Nashaka ngusabe ko wokwivuza kuko uracarwaye
    Kahise kigihugu cacu. Nogusaba ko wokwambara
    amarori ya kubu uve muri 72, 88, …. abarundi uyu munsi
    dukeneye amahoro niyo abadutwara bakomeza gusubira
    inyuma nkuku kwawe, abariko baravuka uyu munsi
    nabo bazobibagirira mubusaza. Turabe uwuzovyungukamwo.
    Hanyuma ikindi ba mubeshuza ivyo umuntu avuze mureke gusimbira
    Kuwubivuze, mukirundi bavyita Kuhererwa canke kuburirwa, toramwo ico ushaka. Abantu nkamwe ntaco mwungura igihugu, abungere bimitima nibo babona ingene abantu bajuragirika gusumba abandi.
    Uyu museseradoti ni intwari kuko avuze ibi yavuze
    aziko ashobora no kuzimanganirizwa ubuzima,. Abarundi twikebuke,

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  2. Cette attaque virulente contre l’Eglise catholique prouve que l’institution se trouve dans une situation que les Anglophones appellent a Catch 22 situation: You are damned if you do and damned if you don’t. (Une situation sans issue : vous avez tort quoi que vous fassiez). L’Eglise catholique est condamnée si elle ne dénonce pas l’injustice et l’oppression. Elle est condamnée lorsqu’elle le fait. Elle a tout fait pour empêcher de détruire la paix chèrement acquise. L’histoire lui en saura gré. « Ntawuhomera iyiyonka » a un jour jeté l’éponge, l’évêque de Muyinga bien avant la crise. Un éminent journaliste est-africain, Charles Onyango-Obbo dira plus amer : « Personne ne pouvait imaginer qu’il y a au Burundi des gens suffisamment fous pour replonger le pays dans la guerre ». Il faudrait ajouter : « Qui pouvait imaginer qu’il y a au Burundi des gens suffisamment fous pour réactiver le virus terrible de la haine ethnique ? et justifier la vengeance sur des innocents ?» Fasse au triomphe militaire, policier et milicien total, l’Eglise n’a d’autre arme que la prière et le secours aux opprimés. Comme le lui demande le bon pape François : « L’Eglise doit être un hôpital de campagne pour tous les blessés de la vie. » Pour citer une belle parole entendue : « L’Eglise catholique ne peut prendre d’autres armes que la prière et la fraternité des hommes ». Face aux sombres nuages qui s’accumulent, elle doit être préparée matériellement et spirituellement à secourir les milliers de victimes qui s’annoncent. Sans oublier les épidémies, car avec la guerre et la décomposition sociale actuelle, le pays risque de subir les sept fléaux d’Egypte y compris le virus Ebola qui ne fera pas de différence ethnique. Ceci dit, face au mal absolu qui tue, mutile, torture, viole, embastille et exile, l’Eglise ne doit pas avoir peur de dénoncer l’horreur ni s’excuser de le faire.

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  3. None ga sha Jimmy ndakubaze? None ko atariko arakuririra, ko atagutumye, woho uriko umuvugira kabuki? Nuko umusunvya ubwenge, nuko umubabaye ukongera ukamukunda gusumvya uko yikunda n’ubuzima bwiwe n’abiwe canke? Mbega hoho wewe wahindutse umuvugizi wiwe canke? Rira ivyatsi hiyo, maramara neza, hama utinde uhumure ayo maso yawe yahumye, tinda uve ibuzimu uje ibuntu maze wugurure ayo matwi yawe yazivye maze ubone ko igihugu kigeze aho umwansi ashaka hama utebe ubone ko igihugu n’abakibamwo ko badashobora kubandanya bakibamwo ibintu mwasibanganije bikibandanije biri uko bimeze! Ivyo yavuze ni kuneza y’Uburundi n’ abarundi kandi nawewe urimwo! Aho ntasoni kombona ivyirabura bisigaye vyera iwawe nayo ivyera bikaba ivyirabura iwawe! Dukeneye Uburundi burongorwa n’abarundi b’umutima, iteka n’ubuntu! Nuko rero Jimmy iteka ntibiryitwa k’umunwa gusa, rinagaragarira muvyo umuntu avuga camke akora! Nuko rero bon week-end!

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  4. Ntawukorera Imana n’ifaranga. Abazungu bamwemereye udufaranga none aciye atangura kuvuga aya muhe!
    Mugabo! Yibagiye n’ingoga!Ndazi ko abo ariko aravugira batamutumye (Avocat du diable!) bazomuhindukirira kanko babigiriye se na ba sekuru;

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