Les évêques du Rwanda et du Burundi s’engagent pour la paix

Mgr Joachim NtahondereyeL’Association des conférences des ordinaires du Rwanda et du Burundi (ACOREB), a appelé au rétablissement des relations politiques entre les deux pays.

Au cours de son assemblée plénière, entre le 20 et le 23 mars à Gitega, elle s’est penchée aussi sur la réforme familiale.

Les conférences épiscopales du Rwanda et du Burundi se sont rencontrées pour faire le point de la situation ecclésiale et sécuritaire en vue de contribuer à la paix et à la réconciliation entre les deux peuples.

L’Association des conférences des ordinaires du Rwanda et du Burundi (ACOREB) a tenu son assemblée plénière, entre le 20 et le 23 mars à Gitega – à l’Est de Bujumbura –, après la visite officielle du président rwandais Paul Kagame au Vatican et la nomination du nouveau nonce apostolique au Rwanda, Mgr Andrezey Jozwowicz.

Situation sécuritaire

Les pasteurs de l’Église catholique du Rwanda et du Burundi déplorent la situation sécuritaire dans leurs pays. Ils font part aussi de la préoccupation de « deux peuples qui sont toujours impatients de voir les relations politiques se rétablir pour faciliter la libre circulation des biens et des personnes », notent-ils dans un communiqué signé de Mgr Joachim Ntahondereye, évêque de Muyinga et président des évêques catholique du Burundi, et de Mgr Philippe Rukamba, évêque de Butare et président de la conférence épiscopale du Rwanda.

Le sort des réfugiés burundais du camp de Muhanga au Rwanda – qui ont besoin d’une assistance spirituelle et matérielle – les a également préoccupés. « Les évêques se sont engagés à faire un plaidoyer auprès des partenaires pour avoir une assistance substantielle », assure-t-il.

Les deux Églises de la région des grands lacs d’Afrique « encouragent les efforts fournis pour mettre en route le dialogue politique inter-burundais combien indispensable pour retrouver la paix et la consolider, tout en reconnaissant qu’il doit encore être rendu inclusif ».

Jubilé de la miséricorde et pastorale familiale

Par ailleurs, les évêques se réjouissent de la célébration du jubilé de la miséricorde qui a enclenché un programme de réconciliation pour consolider le vivre ensemble dans un pays qui ressent encore les séquelles du génocide de 1994 : « Au Rwanda l’année de la miséricorde a été un point de départ d’un programme pastoral de 3 ans qui aboutira à une année dédiée spécifiquement à la réconciliation en 2019. »

Enfin, l’Église catholique note plusieurs défis dans la pastorale familiale. Concernant la réforme du procès en nullité de mariage, elle déplore notamment « la carence de personnel formé et le manque de tribunaux constitués ».

Les évêques ont donc décidé de « faire une enquête préliminaire qui permet de déterminer les cas à réserver au procès le plus bref ou au procès ordinaire et de former les curés à cette pratique et d’élaborer un vade-mecum pour les y aider ». Cela leur demande « d’intensifier les efforts de l’accompagnement des couples, dans la création et le renforcement des bureaux diocésains ».

30 mars 2017, Jean-Paul Musangania, http://urbi-orbi-africa.la-croix.com

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4 commentaires sur “Les évêques du Rwanda et du Burundi s’engagent pour la paix

  1. Je profite de cet article pour partager une idée qui m’habite. Nos évêques inter-lacustres devraient d’urgence organiser un synode mixte pour comprendre ce mal plus grave qu’Ebola qui ronge nos peuples. Le virus de la haine contre les tutsis qui est venu du Rwanda en 1959 y retourne en 2015 avec la crise burundaise car les massacres des tutsis burundais réactive l’enthousiasme des milliers génocidaires rwandais. L’Eglise rwando-burundaise devrait se réunir en synode mixte et mener une étude anthropologue, sociologique et théologique pour comprendre la cruauté de nos peuples. La haine qui envahit tout dans nos pays est antinomique avec l’Evangile d’amour du Christ. Comment peut-on expliquer cette haine qui envahit tout jusqu’au sein même des hommes et femmes de Dieu dont l’appel premier est l’amour évangélique du prochain. Comment expliquer cette cruauté extrême qui n’a même pas de pitié pour des femmes et des enfants? En 52 ans de conflit, la guerre en Colombie a fait 300.000 morts. Trois cent mille c’est le bilan d’une semaine de massacres au Rwanda-Burundi car les cibles des tueurs sont les plus vulnérables les femmes et les enfants. Le massacre de la jeunesse tutsie burundaise a suscité une jubilation dans les milliers génocidaires rwandais. Les photos des suppliciés tournaient en boucle sur les réseaux sociaux génocidaires. J’ai eu froid au dos devant tant de haine. Comment expliquer la haine d’étudiants qui étaient des bébés pendant le génocide des tutsis rwandais en 1994 mais nourrissent toujours la même haine génocidaire contre les tutsis ? Comment expliquer la haine d’un fonctionnaire international, chrétien et au style de vie scrupuleux qui me dit, rouge de cruauté que « le prochain génocide rwandais sera pire que le précédent ». Comment expliquer que des dirigeants militaires et civils burundais qui se disent profondément chrétiens peuvent décider de détruire la paix chèrement acquise et justifier le massacre de la jeunesse tutsie par le devoir de vengeance pour leurs pères suppliciés en 1972? Une vengeance contre des innocents 45 ans plus tard. Et pourtant la sagesse ancestrale burundaise conseille d’interrompre justement le cycle de violence au lieu de l’activer.Un synode rwando-burundais permettrait de réfléchir sur l’avenir de nos peuples sur la base de la règle d’or du Christ : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’ils vous fassent ».

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    • @Jean Habonimana
      Une chose est sûre: c’est que vous êtes rempli de haine vous-même. Et ce ne sont pas avec des gens de votre espèce que la région des grands-lacs pourra exorciser ses démons qui l’habitent depuis des décennies.

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      • Tu ne crois pas si bien dire. J’ai la haine contre ceux qui ne nous reconnaissent pas le droit à la vie et qui massacrent le petit peuple tutsi tous les 20 ans, à la machette, au feu et au gourdin. Ils meurent au gré de la lointaine politique de Bujumbura dont ils n’ont que faire. François avait 10 ans dans ma classe de 5ème en 1965. Marcellin aussi. Suppliciés sans savoir pourquoi . En 1965 on ne tuait que les mâles. Flora Habonima avait 13 ans, brûlée vive en 1993 à Kibimba. Sa mère mourra de chagrin peu après. La souffrance de sa mère ne me quitte pas. Flora venait de réussir, la pauvre, le terrible concours de 6ème. Le bébé de mon cousin Apollinaire avait deux semaines en 1993…etc. Comment ne pas avoir de haine dans ces conditions ? Plus depuis 2015, toute cette jeunesse tutsie actuelle massacrée, mutilée, paralysée, embastillée qui ne demandait qu’à vivre leurs vies et qui n’exprimait les mains en l’air que leur droit constitutionnel à la liberté d’opinion. Et pourtant ma souffrance n’est pas sélective, je suis habité par les souffrances des innocents hutus victimes de la vengeance des génocides cycliques contre les innocents tutsis. Le chagrin de mon ami d’enfance J.M. ne m’a jamais quitté. Il avait 17 ans comme moi en 1972. Sa famille entière a payé le prix lourd à la vengeance de l’extermination des tutsis depuis Nyanza-Lac jusqu’à Bujumbura rural en 1972. Génocide déclencheur (toujours passé sous silence) du contre-génocide des hutus. Comment oublier le chagrin de ce camarade de classe qui a perdu en 1972, 5 frères et sœurs dont un prêtre et une sœur catholique. Ce sont tous ces malheurs qui aurait dû nous amener au réalisme stratégique depuis Arusha : Vivons enfin en paix et en démocratie dans le respect des droits de la personne pour cesser de nous exterminer mutuellement et nous consacrer à l’essentiel c’est-à-dire donner une vie décente à ce peuple le plus arriéré et le plus malheureux du monde. Hélas, la malédiction du régime DD nous replonge dans les affres de la guerre inutile.

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  2. « Concernant la réforme du procès en nullité de mariage, elle déplore notamment « la carence de personnel formé et le manque de tribunaux constitués ». Pas de tribunaux, pas de justice! Quant au personnel formé, il est demandé aux autorités ecclésiastiques de s’ouvrir aux laïcs formés en droit (des personnes et de la famille, droit judiciaire, …) et qui ont une expérience avérée en la matière. Par ailleurs pourquoi ne pas ouvrir une faculté de droit canonique ou si ce n’est pas possible une chaire de droit des religions. En tout cas, les laïcs sont prêts à servir leur Église.

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