SIMBARE, histoire d’un fonctionnaire devenu boulanger

Jean-Baptiste-SimbareJean Baptiste Simbare, boulanger-pâtisserier, cet homme proactif montre que pour se développer, il faut exercer une fonction avec application et volontarisme. Il a bien voulu raconter son parcours professionnel jusqu’à ce qu’il atteigne la position qu’il occupe aujourd’hui. Son portrait.

Jean Baptiste Simbare, homme d’affaires âgé de 83 ans et père de 7 enfants né sur la sous-colline Kuwiraro à Kiganda en province de Muramvya. Il est boulanger-pâtisserier et agro-éleveur. Il fait travailler les autres et rend service à l’Etat et à la société. C’est quelqu’un qui aime sa famille et sa terre et a veut la valoriser. Comme traits de caractères, c’est un homme humble, fidèle, discipliné persévérant qui sait rebondir face à un échec et qui a de la patience.

Il a terminé l’école primaire en 1948 et a fait la 7ème préparatoire au Petit Séminaire de Mugera. Il n’a pas pu terminer ses études. « J’ai fait la première année du secondaire au collège des Barnabites à Bukavu au Congo en 1951, j’ai échoué et on m’a renvoyé de l’école », raconte-t-il. Puisque l’école formelle ne m’a pas réussi, je me suis lancé à l’école de la vie. Je suis retourné à la maison pour garder les vaches de mon père pendant deux ans après quoi je me suis lancé dans une aventure à la recherche du travail et j’ai fini par trouver à Gitega, ajoute-t-il. En 1954, il a été nommé secrétaire indigène en qualité de quoi il accompagnait le blanc en faisant exécuter les travaux qu’il demandait en traduisant le français en kirundi parfois avec erreurs. Ensuite, il a été enquêteur démographe au Burundi. En 1961, les colons belges avant de partir ils se sont précipités à former les cadres burundais qui vont les remplacer dans chaque service et M. Simbare a posé sa candidature pour être inspecteur de police sans avoir la qualification scolaire exigée et, par miracle, il a été admis. Enfin, il a été muté pour être inspecteur du travail dans le gouvernement du Burundi indépendant jusqu’en 1969. C’est la même année qu’il a demandé une mise en disponibilité pour se lancer dans ses propres affaires, notamment la fourniture des matériaux locaux de construction

À partir de rien, on peut avoir à de bons résultats

Les travaux de construction l’ont fatigué et l’ont rendu malade jusque sur le lit de l’hôpital en Europe. Il eu l’inspiration de convertir l’obstacle de la maladie en opportunité. « J’ai fait un examen de conscience. Si je venais à mourir, est-ce que ma femme pourra continuer à faire mon travail pour faire vivre ma famille ? La réponse était non. Alors j’eus l’idée de fonder quelque chose dans laquelle ma famille pouvait être partie prenante d’où la boulangerie-pâtisserie. » Avec le peu d’argent qui lui restait, il a pu installer à Bujumbura une boulangerie dénommé « TRIANON ». Puisqu’il aimait sa terre et voulait la valoriser, il a fait l’autopromotion en faisant l’élevage de vaches et de poules de race de qualité qui favorise la fertilité du sol tout en fournissant du lait et des œufs à la pâtisserie. Pour le moment, la complémentarité entre le monde rural et le monde urbain est en train de lui réussir. Il conseille aux jeunes d’entreprendre dès le bas âges car, à partir de rien on peut atteindre de bons résultats, il suffit de garder le courage avec discipline et détermination.

Le grand capital se trouve dans nos têtes

Il fait savoir qu’après s’être remis, il est allé visiter les salons d’exposition de boulangerie-pâtisserie en Europe pour savoir comment on prépare le pain et les matières premières qu’on utilise. Au fur du temps, il a fini par savoir. Il conseille aux jeunes entrepreneurs d’aller auprès des professionnels dans le domaine voulu et de ne pas minimiser leur capital, car le grand capital se trouve dans nos têtes, précise-t-il. Avant d’ajouter que pour se développer, il faut planifier le peu ou le plus qu’on a et savoir bien le gérer. Beaucoup de gens ont l’habitude de léguer à leurs enfants des biens matériels mais, lui, il a voulu léguer un héritage moral et pédagogique qui donne une inspiration aux autres. D’où le livre « A mes enfants, petits enfants et arrières petits-enfants au sens large »

On peut retenir de Simbare trois choses importantes, à savoir que c’est quelqu’un qui aime les autres et veut transmettre un message aux générations futures. Il n’hésite pas à parler de son parcours depuis l’enfance jusqu’à nos jours et veut servir de modèle aux jeunes qui veulent entreprendre.

28 mars 2017, http://burundi-eco.com

Publicités

4 commentaires sur “SIMBARE, histoire d’un fonctionnaire devenu boulanger

  1. Ndumiwe,nagira yagize nkabandi badashe muri leta, Nibaza ko arico gituma yateyimbere, Mutama ijuru murareha,
    Bahungu mugikura, la mère poule état est un mirage; kuko ntamwana uzoraga leta.

    J'aime

    • @ Bisokoro
      À son époque le pays était encore le « pays de lait et du miel » . Il y avait très peu de bandits, voyous et ventriotes. Par ailleurs, que voulez-vous dire par « Bahungu mugikura » ? Les filles ne peuvent pas réussir ???

      J'aime

  2. Boulangerie-Pâtisserie TRIANON que M.Simbare a rachetée dans le cadre d’une collaboration exemplaire de transmission de savoir-faire à f. Hadjiandreou Jean, grec (venu de Kirundo) originaire de Samos ,cité par ailleurs dans le livre de Salvator Nahimana YOBI L’ENFANT DES COLLINES (éd L’Haramattan).
    Jean était le frère de Dimitri fondateur du supermarché éponyme et de Nico du magasin de radios,m/c à coudre et montres Nico-radio

    J'aime

  3. Quelle belle réussite! Bravo Mutama! Njanye nawe. Ndababazwa nukubona i Burundi havugwa inzara naba jeunes ingénieurs buzuye kwi ligala muri centre ville kandibose bafise iyo bavutse ruruguru bafiseyo amatongo mais bakirigwa barabuguza ifanta, amstel naya bus! Nibamufateko akarorero.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s