Le « club » CNARED est bourré de défauts insupportables dixit Athanase Karayenga

Dans sa réplique à l’éditorial de Léandre Sikuyavuga, KARAYENGA Athanase nous livre, dans un style humoristique propre à lui, quelques vérités sur l’ambiance qui règne actuellement au sein du « Club CNARED ».


athanase-karayengaMon cher Léandre,

La coquetterie intellectuelle à la mode au Burundi, dans les milieux gouvernementaux surtout, consiste à se gausser, à se moquer du CNARED, à le vilipender, à ricaner en grinçant les mâchoires de rage.

Beaucoup de mauvais « acteurs » politiques qui soutiennent le « troisième règne céleste » de Pierre Nkurunziza, annoncent tous les jours la mort du CNARED.  Vous verrez, il ne survivra pas aux trahisons et aux crocs-en-jambe mortels, ibicamurundi, entre les « crocodiles » politiques qui se sont emparés de la direction de cet attelage improbable et hétéroclite de « has been ».

D’ailleurs certains de ces vétérans travaillent, en réalité, pour le pouvoir de Bujumbura. Ils seraient des poissons pilotes, des agents au regard louche et sournois, des fausses barbes qui espionneraient de l’intérieur du CNARED pour le compte du pouvoir illégal de Bujumbura à coup de milliers d’euros ou de piastres payés à des Judas sans scrupule. Ceux-ci détruiront l’organisation comme les vers à bois grignotent les poutres de toiture de la maison commune de l’opposition. Pardon, du panier de crabes de l’opposition burundaise ! Oh le CRABES-NARED !

En outre, pour les fossoyeurs autoproclamés de la démocratie burundaise, le CNARED est truffé de « putschistes », de repris de justice, de bandits des grands chemins. Tous les noms d’oiseaux ne suffiraient pas pour exprimer la détestation du « troisième règne céleste » contre le CNARED ! Décidément, au Burundi, l’hôpital du  » troisième règne céleste » se moque de la charité ! Car, entre nous, qui est plus putschiste que Pierre Nkurunziza ?

Qu’à cela ne tienne ! Et loin de moi la tentation de m’improviser avocat sans talent pour engager une plaidoirie efficace en faveur du CNARED. L’organisation est bourrée de défauts. C’est entendu. Tout le monde en convient. Elle a déçu des millions de Burundais car elle réclame « notamment » un gouvernement de transition et d’union nationale. Sans Pierre Nkurunziza certes ! Mais elle ne se donne absolument pas les moyens pour créer un véritable rapport de force politique qui contraindrait le président – fondateur qui brigue « un mandat unique à vie » à rendre le tablier.

Le CNARED est bourré de défauts insupportables. C’est une évidence. Entre autres, l’organisation ne fait aucune place ni aux femmes, ni aux jeunes, ni à la société civile, ni aux médias.  C’est bien dommage.

Enfin, last but not least, elle ne sait pas organiser une résistance politique, économique, diplomatique, médiatique, militaire coordonnée, moderne et efficace. C’est bien triste et c’est désespérant. Sortez les mouchoirs pour pleurer, âmes sensibles !

Cependant, il faut reconnaître tout de même un mérite remarquable au CNARED. Constituer une plate-forme unique pour les partis politiques burundais est un immense défi. Les militants de certains partis politiques burundais, partis nyakuri et partis zukuri » confondus ne rempliraient pas une cabine téléphonique » selon le joli mot de Julius Nyerere.

Du reste, ne demandez surtout pas à ces micro-partis politiques leurs programmes respectifs qui constitueraient le socle commun pour penser l’avenir du Burundi et dessiner les contours d’une vision politique partagée par ces formations politiques et par la population burundaise.

Tout n’est pas perdu pour autant. Les partis politiques burundais éparpillés dans leurs « rugo idéologiques », dans leurs « mihana mentaux », isolés sur leurs « misozi individuels » pourraient nous surprendre et élaborer un programme politique commun dans un avenir proche.

Par ailleurs, aussi bancal et bringuebalant que le CNARED puisse paraître, il vient d’administrer une superbe leçon démocratique  » au troisième règne céleste ». La Direction du CNARED est élue pour un mandat de 9 mois. Un peu trop court à mon avis. Douze mois constitueraient un délai plus raisonnable.

Néanmoins, des élections régulières permettent d’élire un nouveau président du CNARED après ce mandat de neuf mois. Pas mal non ? Renouveler ou confirmer la direction sortante de l’organisation constitue un signe de bonne santé démocratique.  Même si cette élection et si ce changement de direction se font dans une tension et une hostilité évidente. Les partis membres du CNARED et les personnalités qui composent la Direction, avec des « egos » surdimensionnés, acceptent, malgré tout, le calendrier des élections et le changement de la direction sans que le sang ne coule dans les salons feutrés de Bruxelles. A Bujumbura, la contestation du « troisième règne céleste » a été noyée dans des rivières de sang et réprimée avec des violences indicibles !

Mille bravos au CNARED ! Malgré tout ! Car, respecter les règles du jeu démocratiques, accepter les alternances, continuer à œuvrer ensemble même après un affrontement violent entre les personnalités en compétition…on aimerait bien que « le troisième règne céleste » en prenne de la graine.

Mais il ne faut pas rêver non plus ! La vertu démocratique du CNARED ne contaminera jamais le  » troisième règne céleste ». Jamais celui-ci ne respectera les délais démocratiques et ne saura assurer un renouveau politique grâce à une alternance apaisée à la tête de l’Etat burundais.

Seul le CNARED porte et propose cet espoir ! Alors chiche ? Amen. Alleluia ! Imana Akbar !

Athanase Karayenga

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3 commentaires sur “Le « club » CNARED est bourré de défauts insupportables dixit Athanase Karayenga

  1. « Du reste, ne demandez surtout pas à ces micro-partis politiques leurs programmes respectifs qui constitueraient le socle commun pour penser l’avenir du Burundi et dessiner les contours d’une vision politique partagée par ces formations politiques et par la population burundaise ».

    De toute cette histoire, je retiens ce paragraphe. Merci Karayenga pour cette analyse. Encore un peu de positivité de votre part et le Burundi aura un sage de plus. Sinon, par quel œil aviez-vous regardé la réalité du Burundi? Le troisième règne céleste seulement?
    Oui cher compatriote, ce qui intéresse nous le bas peuple du contient africain, ce n’est pas le nombre de mandats qui se succèdent et se ressemblent tous comme ceux du CNARED (d’ailleurs 9 mois rien que pour gérer les dons des fondations belges et suisse et pour alimenter ensuite le feu contre leur patries c’est même trop, en témoignent les chicaneries internes à ce cercle d’une petite vingtaine de personnes), ce qui compte pour nous c’est un programme politico-économique révolutionnaire.

    Quant au « troisième règne céleste », nous n’avons pas encore eu mieux que lui, sinon nous le changerions comme nous l’avons fait pour tous les précédents. En avez vous un à nous proposer? Avec un programme clairement mieux élaboré que l’actuel? Rendez-vous en 2020, mais entre temps, sensibilisez-nous déjà sur les programmes constructifs non destructifs et nous allons vous récompenser en 2020.

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  2. C’est triste qu’une telle éminence grise n’a plus le droit de mettre pied au Burundi pour enseigner nos jeunes qui, si rien est fait risquent de finir leur baccalauréat avec un niveau intellectuel d’un enfant de la 5 années primaire!Quelle mouche a piqué mes compatriotes.Merci cher Karayenga pour cette ‘assiette’ si délicieuse!Oh que me pays avait besoin des gens comme vous pour le construire!!!!

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