Des « dynamiques génocidaires » sont à l’œuvre au Burundi

32423753900_5fe6b440ed_zLa FIDH dénonce des représailles contre les militaires tutsis.

La Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) s’inquiète de la répression ciblée contre des militaires d’ethnie tutsie, qui « laisse penser que les dynamiques génocidaires à l’œuvre au Burundi se poursuivent dans un huis clos de plus en plus total ». Depuis la publication, en septembre 2016, d’un rapport des Nations unies concluant que « le danger de crime de génocide est grand » dans ce pays , Bujumbura a suspendu toute coopération avec l’Onu et accentué son isolement.

Voilà des mois que l’on signale de nombreuses arrestations parmi les Tutsis au sein de l’armée. L’armée burundaise actuelle est en effet formée de la réunion de l’ancienne armée, essentiellement tutsie du temps de la dictature militaire tutsie, avec les militaires de la rébellion armée hutue CNDD-FDD, dont le bras politique a gagné les élections de 2005. Si la disparition des tensions ethniques était la plus grande réussite du régime alors installé sous l’autorité du chef du CNDD-FDD, Pierre Nkurunziza, ce parti n’a pas hésité, par ses discours et ses actes, à tenter de relancer les tensions ethniques pour rallier autour de lui les Hutus, majoritaires.

Depuis les élections de 2010, boycottées par l’opposition qui critiquait la mainmise du CNDD-FDD sur tous les rouages du pouvoir, la tension n’a cessé de croître. En avril 2015, la situation s’est encore aggravée quand le président Nkurunziza a passé outre l’Accord de paix d’Arusha, qui a mis fin à la guerre civile, en se présentant à un troisième mandat expressément interdit. Depuis lors le pays est en crise.

Attaque d’un camp militaire

Le 24 janvier, le camp militaire de Mutoni (prov. de Muyinga) a été attaqué par un groupe armé; le Malibu-Front patriotique du Salut a assuré avoir emporté « 27 armes de gros calibre« . La gouverneure de province a confirmé l’attaque mais l’armée l’a niée, réduisant les faits à l’arrestation de « cinq suspects » pour tentative de vol.

Dans les heures qui suivirent, les services de sécurité arrêtaient 15 militaires tutsis dans 5 camps de 5 provinces différentes, puis dix autres encore. Une partie d’entre eux ont été emmenés en forêt, torturés pour livrer des noms de militaires tutsis impliqués dans la rébellion armée; trois ont été tués. Le 26 janvier, 20 personnes, dont 7 militaires, ont comparu à huis clos devant un tribunal pour « tentative de vol » – qui n’a pas été évoquée à l’audience – et 18 d’entre elles ont été condamnées à 30 ans de prison. La FIDH demande à la Cour pénale internationale d’« ouvrir rapidement une enquête sur les crimes contre l’humanité commis depuis avril 2015 afin d’y mettre un terme ».

Marie-France Cros, samedi 11 février 2017 à 09h37, http://www.lalibre.be/actu/international

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