Sinduhije, Busokoza et Minani pourraient se rendre à Arusha

mediation-09022017-142247Fall et Benomar veulent envoyer Sinduhije, Busokoza et Minani à Arusha: le piège tendu à Mkapa

Selon des sources concordantes, le Représentant de l’Union Africaine au Burundi et l’Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies ont demandé à Mkapa l’intégration de Alexis Sinduhije, Bernard Busokoza et Jean Minani sur la liste des invités à la session de dialogue inter-burundais la semaine prochaine. De quoi faire capoter le processus.

Le Sénégalais Ibrahima Fall (UA) et le Marocain Jamal Benomar (ONU) sont conscients qu’en demandant l’invitation de trois noms inscrits sur la liste des acteurs violents au Burundi, c’est la Résolution 2248 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui vole en éclats. Elle “engage le Gouvernement burundais à coopérer avec la médiation menée par la Communauté d’Afrique de l’Est et approuvée par l’Union africaine, afin de lui permettre d’organiser immédiatement un dialogue inter-burundais véritable et inclusif associant toutes les parties prenantes pacifiques concernées se trouvant aussi bien dans le pays qu’à l’étranger, afin de trouver une solution consensuelle, propre au Burundi, à la crise en cours.”

Un texte qui fixe “la ligne rouge” du gouvernement burundais selon son diplomate en chef. Hors de question pour Bujumbura de s’asseoir sur une même table avec des putschistes ou ceux qui sont poursuivis par la justice burundaise pour soutien à la violence.

Le ministre Alain Aimé Nyamitwe précise: “Le gouvernement burundais s’en tient à cette ligne, et le facilitateur l’a compris”.

Pour preuve, les propos tenus par Mkapa fin 2016 lors de sa visite à Bujumbura. L’ancien président tanzanien avait précisé que ceux qui l’intéressaient étaient les acteurs pacifiques, et que ceux qui avaient trempé dans la violence “pouvaient rester là où ils se trouvaient.” Que Mkapa accepte la proposition des deux diplomates serait donc un reniement de ses propres propos.

Sinduhije, Busokoza et Minani sur la table du dialogue, ce sont toutes les avancées du processus qui sont remises en question.  Le gouvernement, le Cndd-Fdd et ses alliés vont se retirer. Mkapa va être obligé de reprendre le travail de reconstruction de la confiance avec Bujumbura alors que le temps file. 2020 approche, et les esprits au Burundi vont décrocher d’ici quelques mois du dialogue pour se concentrer sur les prochaines échéances électorales.

Ensuite, en voulant imposer les trois politiciens dans le dialogue, Fall et Benomar changent complètement le sens du processus: ce n’est plus un dialogue, mais des négociations. Sinduhije, qui en réalité est la force ouvrière du CNARED, sera à Arusha avec en arrière-pensée l’option militaire, qu’il prétextera dès lors que le gouvernement va se retirer.

Enfin, Fall et Benomar qui n’en sont pas à leur premier coup contre Mkapa, tentent par ce lobbying de ressusciter le CNARED en donnant du poids politique au trio qui en forme le poumon.

Depuis le divorce avec le Sahwanya Frodebu qui n’attend que la consommation alors qu’électoralement c’était le plus important parti de la coalition, le CNARED bat de l’aile. Il suffit de voir les moqueries sur les réseaux sociaux des pro et anti Cndd-Fdd pour comprendre que personne ne croit plus en Minani et ses compagnons. A commencer par de nombreux acteurs politiques européens. “Ils prétendent combattre l’illégalité du mandat de Nkurunziza alors qu’ils sont en mode glissement à la tête du CNARED depuis le 25 janvier dernier”, rit-on dans les ambassades à Bujumbura.  La sagesse le dit si bien: Qui vole un œuf vole un bœuf…

En attendant que Mkapa se prononce sur l’offre empoisonnée que Fall et Benomar lui proposent, le prochain rendez-vous du dialogue inter-burundais risque d’être placée sur le signe de haute tension.

Il conviendra particulièrement d’observer les positions des différents chefs d’État sur la proposition des deux diplomates africain et onusien… Est-ce que ce ne sera pas l’occasion de se venger du Kenya, qui accuse nommément le gouvernement burundais de l’avoir privé de la présidence de la Commission de l’Union Africaine?

9 February 2017 11:44

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Un commentaire sur “Sinduhije, Busokoza et Minani pourraient se rendre à Arusha

  1. Le Président Nkurunziza devrait, en tant que chrétien, méditer sur ce que Jésus, sur le point de mourir, dit un jour à son Père concernant ses bourreaux qui l’avaient crucifié. En effet, il demanda à son Père de leur accorder la miséricorde pour ce qu’ils venaient de faire.

    Aussi, comme Jésus le révéla un jour à Sainte Brigitte de Suède parlant des attitudes que les rois doivent adopter (au 14ème siècle on ne parlait pas de présidents), un roi doit accorder la miséricorde à ses sujets et ne doit pas se laisser emporter par la colère et le désir de vengeance même pour de graves offenses commises par ses sujets contre sa personne.

    Que le Président Nkurunziza considère le trio Sinduhije, Busokoza et Minani comme faisant partie des putchistes avérés ou non ne doit nullement l’empêcher d’accepter de dialoguer avec eux tant que l’objectif recherché est de ramener une paix durable dans le pays. Le président, pour prendre une telle décision, ne devra écouter ni ses ministres ni ses courtisans mais uniquement sa conscience.

    Le Président devrait bien accueillir la proposition de MM. Ibrahima Fall et Jamal Benomar qui, bien que de confession musulmane (à en juger par leurs noms), semblent bien imprégnés de la valeur de la miséricorde.

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