L’opposition burundaise s’unit… en Belgique

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Tant sur le plan économique que politique, la situation au Burundi est toujours enlisée. En revanche sur le plan militaire, on pourrait assister à de nouveaux développements, mus par l’un des anciens mentors du président Nkurunziza, Hussein Radjabu.

Le médiateur mandaté par l’ Union africaine, Benjamin Mkapa, qui a obtenu le ralliement de certains opposants, à titre individuel, est de plus en plus contesté par le CNARED, la plate forme rassemblant le plus grand nombre d’anciennes personnalités politique en exil. En effet, en décembre dernier, le médiateur avait déclaré que « la question de la légitimité du président Nkurunziza avait été vidée » et cela alors que l’opposition considère que le troisième mandat qu’il exerce actuellement n’est pas légitime et représente une violation des accords de paix d’Arusha. L’Union africaine pour sa part, soutient toujours les efforts du médiateur et tente de convaincre les opposants, un à un, de reprendre le dialogue. Pour le Cnared, « cet agenda du médiateur ne vise qu’à « réconforter et renforcer la dictature de M. Nkurunziza, sinon détruire l’opposition. »

C’est pour tenter de vaincre cette lassitude de l’opposition qu’une réunion importante a eu lieu le week end dernier en Belgique : dans la plus grande discrétion, des représentants de l’opposition politique, de la société civile et de la diaspora burundaise, soit 34 personnes, se sont réunis pour arrêter une stratégie commune. Selon Pancrace Cimpaye, le porte parole du mouvement, «toutes les forces vives de la nation opposées au troisième mandat criminel du président Nkurunziza se sont réunies dans un forum et elles ont désigné un « comité de conciliation » dirigé par Pierre Claver Mbonimpa, défenseur historique des droits de l’homme au Burundi. » Ce dernier est réfugié en Belgique depuis une tentative d’attentat qui a failli lui coûter la vie.

A mesure que le temps passe, l’opposition politique en exil craint cependant de perdre prise sur la situation dans le pays, qui, sur le plan économique et social, à cause de la pénurie de devises et de la suspension des aides étrangères, devient de plus en plus critique, à tel point que l’on enregistre désormais des morts par famine…

C’est pourquoi les regards se tournent à nouveau vers l’opposition armée et en particulier vers un mouvement initié par l ’ancien mentor du président Nkurunziza, l’un des fondateurs de son parti CNDD, (Comité national pour la défense de la démocratie) Hussein Radjabu. Ce dernier se serait rapproché d’un officier très populaire dans les rangs de l’ancienne rébellion, le général Jérémie Ntizanyibagira. Ce dernier était jadis le chef de la garde rapprochée du président Nkurunziza et, quoique ayant combattu dans les maquis où il dirigeait la deuxième région militaire, il était sorti de l’Institut de formation militaire Iscam. Hussein Radjabu aurait rallié à lui les « frondeurs » c’est-à-dire les membres historiques du parti CNDD qui avaient tenté de dissuader le président Nkurunziza de briguer un troisième mandat, tandis que le général Jérémie aurait la confiance des officiers des anciennes Forces armées du Burundi, parmi lesquels de nombreux Tutsis, réputés pour leur professionnalisme et qui avaient été progressivement écartés du service actif…

23 janvier 2017, Le carnet de Colette Braeckman, http://blog.lesoir.be/colette-braeckman

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