Le CNARED s’est tiré la récusation de Mkapa dans les pieds

c2r-clzxuaa0oddLe CNARED s’est tiré la récusation de Mkapa dans les pieds. C’est ce que vient de confirmer la session de « briefing » tenue à Arusha le 16 Janvier. Il y a une grande leçon à tirer dans cette chorégraphie maladroite et moins habile des membres de cette coalition, désormais ONG de droit Belge. Cette rencontre de Mkapa avec les opposants de l’intérieur comme de l’extérieur et les lamentations des proches de la galaxie cnarediste disant n’avoir pas été conviés (qui implicitement auraient participé s’ils avaient été invités) a sonné comme un tonnerre dans le ciel des radicaux du CNARED qui se disaient indispensables. Incontournables. Donc coup de tonnerre. Certains des membres de la coalition qui venait de passer des semaines à vilipender Mkapa ont répondu à l’appel de William. Benjamin a séduit. William a convaincu. Mkapa a conquis. D’une main douce. Et la malheureuse abdication de certains des hommes de Jean Minani parle d’elle-même et témoigne les débâcles d’une entité politique clopinant entre incohérence et incompétence avec une attitude aussi étrange qu’est leur culture politique. Le virtuel Titan tombe. Jupiter s’éclipse. Et cette fois-ci sans moindre doute.

En Décembre 2016 lors de sa visite officielle à Bujumbura où il avait rencontré différents acteurs politiques, activistes et confessions religieuses, William Mkapa facilitateur de la médiation régionale dans le problème politique burundais soutenu jusque là par la communauté internationale et continentale avait parfaitement et clairement laissé entendre que ceux qui comptaient sur lui pour remettre en question la légitimité de l’actuel chef de l’Etat était « out of their minds » et que cela était une « folie ». Oui, Mkapa l’a dit. Et ni Museveni ni Magufuli ne l’a jusqu’ici contrédit. La cure a été difficile à ingurgiter pour l’opposition radicale en exil rassemblée au CNARED et la réaction ne s’était pas faite attendre. « Mkapa s’est déclassée lui-même…Il n’est plus en mesure de conduire une facilitation neutre et impartiale… ». Une réaction jugée par plusieurs analystes politiques de « précipitée » et de « sans effet ». Des mots en totale contradiction avec les actes et qui manquent de consensus en dehors de la Belgique.

Mais d’abord souvenons-nous. La raison première d’être du CNARED trouve son origine dans la contestation d’un « troisième mandat » de Nkurunziza. Ils n’ont que ça en commun. Rien d’autre. « Nkurunziza doit tombe. Peu importe le sacrifice matériel et humain à engager » disaient-ils. Après avoir subi des multiples défections partant de Audifax Ndabitoreye à Hussein Radjabu en passant par Pacifique Nininahazwe et Vital Nshimirimana, le CNARED est, après la reddition de FRODEBU, de l’UPRONA et du CNDD, presque vide structurellement et substantiellement. En se faisant désavoué par les membres de son groupe,  Minani et ses acolytes partisans du statu quo se voient  dans une situation extrêmement délicate pouvant leur assurer défaite et humiliation parce qu’ils restent minoritaires. Oui, Minoritaires et donc faibles.

Et puis, parlons forces politiques en présence au CNARED. En déhors du FRODEBU, CNDD et  UPRONA, il n’y a que le MSD de Sinduhije. Le reste des partis ne sont là que pour amuser la galerie. Avec les trois premières formations politiques en phase de rejoindre le bâteau présidentiel, car priorisant la « gestion du mandat » que le mandat lui-même comme l’a révelé à demi-mot Bamvunginyumvira sur Ikiriho, le CNARED se retrouve dans un embarras total. Et tout le monde sait très bien ce que pensent le MSD et son boss Sinduhije: ‘il faut faire plier Nkurunziza par les armes’. La participation de l’UPRONA, du CNDD et du FRODEBU dans le briefing de Mkapa en foulant aux pieds la décision du CNARED de ne plus considérer William comme facilitateur a signé une fracture entre deux oppositions radicales irrécinciliables pourtant membres d’une même plateforme politique pouvant conduire à une rupture définitive. L’une privilégiant la violence, l’autre préférant le dialogue. Cette deuxième faction a déjà compris que la politique de la chaise vide ne paie pas et malgré qu’elle soit encore minée par des chicaneries internes, la balle a été lancée et elle est dans le camp de ceux qui entendent se faire entendre par la violence.

Or, pour un gouvernement qui les qualifie déjà de « terroristes » et de « criminels » la voie armée lui donnerait encore une  raison de les noyer impitoyablement dans le sang. On serait encore parti pour d’autres mauvais mois d’une polémique sanglante inutile qu’ils ne gagneraient pas. Bujumbura, par le fait que le CNARED, qu’il ne reconnaît d’ailleurs pas en tant qu’entité, a précipitamment claqué la porte et refusé de rencontrer Mkapa sous de faux prétextes, pourrait alors dénoncer la mauvaise foi de certains acteurs politiques qui demandent une chose et son contraire. Qui réclament le dialogue politique en menant des activités à caractère terroriste contre le Burundi. Et tous les moyens seraient bons pour combattre le terrorisme. Il opterait alors, avec la bénédiction de Mkapa et donc de la communuté internationale, pour la composition avec le FRODEBU, CNDD et UPRONA qui s’ajouteraient sur Rwasa. Et vous savez la suite? Une large coalition politique contre le terrorisme serait lancée pour anéantir Sinduhije et tout autre acteur qui penserait encore à la guerre. A l’état actuel des choses, revenir sur sa propre décison tout en répondant au dialogue prévu en mi février à Arusha humilierait peut être mais  éviterait le CNARED de s’effondre. Sinon, il se l’est tirée dans les pieds et en l’état, il est incapable de bouger.

Des deux oppositions radicales justement. La menace qui pèse sur elles est réelle. L’écoulement de l’une conduirait peut être, juste peut être, à la survie de l’autre mais l’écroulement de l’une entraînera indubitablement l’écroulement de l’autre. Et la mort s’en suivra. L’un doit s’écouler pour que l’autre survive. Le choix est clair. Survie ou mort ? Violence ou dialogue? Cependant, le problème majeur pour ces deux factions reste qu’elles sont en manque criant de crédibilité. Elles n’ont pas de base populaire solide qui leur permettrait de conquérir le pouvoir. Surtout pas aujourd’hui et même pas  en 2020. Et somme toute logique, Rwasa Agathon règne sur l’opposition. La vraie opposition. Il l’incarne et pourrait probablement et possiblement lui rendre une posture d’une plausible alternative au CNDD-FDD. Le possible nous impose cette réalité parce qu’en politique c’est avant tout le rapport de force sur le terrain et non sur le clavier.

Tout ce couac au sein de la plateforme qui s’est depuis vers fin 2015 présentée comme une alternative au pouvoir de Bujumbura ne fait que réconforter et renforcer Nkurunziza et son parti. Le CNARED étouffé. Le CNARED éssouflé. Le CNARED affaibli. Le CNARED souffrant. Le CNARED agonisant. Le CNARED mourant. Il est au bord du gouffre et rien, en l’état, ne paraît pouvoir l’empêcher. Et cette vérité est cruelle. Terrible. Effrayante. Mais réalité quand même.

En récusant Mkapa, le CNARED s’était censuré lui-même et en se faisant cloué au pilori par ses propres membres, qu’importe le nombre, en répondant gaillardement à l’invitation de Mkapa, il venait de décocher la flèche la plus empoisonnée et la plus fatale. Le CNARED aura beau dire et beau faire mais il restera aux yeux de l’histoire, un rassemblement politique, à l’image de ADC-IKIBIRI en 2010, qui a mis du temps à édifier son image au crayon en ignorant que son portait, se faisait peindre avec de l’ancre indélébile à cause de son  incohérence et de son incompétence.

https://fridolinandres.wordpress.com

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2 commentaires sur “Le CNARED s’est tiré la récusation de Mkapa dans les pieds

  1. Minorite ne veut pas dire faible. Je prefere plutot minorite de vieux routiers de la politique alimentaire du Burundi. J’ajouterais aussi politiciens pareusseux mentalement.

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  2. This a very a good article credit to Fridoline. About the article it is very true and sad for the CNARED supporters. Now the CNARED supporters should channel their energy to develop and support our country. Guys we are the poorest country on earth.

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