Le président Nkurunziza annonce qu’il pourrait se représenter en 2020

31594815592_913d0a4aa9_zLe président burundais Pierre Nkurunziza a annoncé vendredi qu’il pourrait à nouveau se représenter en 2020, « si le peuple le demande », laissant craindre que la crise née de sa réélection en 2015 à un troisième mandat controversé ne se prolonge durablement.

« Comme nous sommes dans un pays régi par la loi et si le peuple dit qu’elle autorise quelqu’un à se représenter (à la magistrature suprême) sans violer la loi, si le peuple le demande, nous ne trahirons pas la confiance du pays, la confiance du peuple », a déclaré M. Nkurunziza, lors d’une séance de questions publiques à Rutana, dans le sud-est du Burundi.

« Le peuple peut décider chaque fois qu’il le désire (de réformer) la Constitution », a-t-il ajouté, suggérant ainsi qu’il était prêt à réviser l’actuelle Constitution, dont l’article 96 prévoit que le chef de l’État « est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois ».

Des divergences sur l’interprétation de cet article sont à l’origine de la crise actuelle. M. Nkurunziza avait été élu une première fois par le Parlement en 2005, dans le cadre d’un mécanisme de sortie de guerre civile (1993-2006) prévu par l’accord d’Arusha (2000), puis une deuxième fois au suffrage universel en 2010.

Il considère donc que son premier mandat ne compte pas, ce qui l’a autorisé à se représenter fin avril 2015 à un troisième mandat, avant d’être réélu en juillet de la même année.

L’opposition, la société civile et une partie de son camp ont au contraire jugé ce troisième mandat contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha, précipitant le pays dans une grave crise qui perdure.

Depuis avril 2015, les violences ont fait plus de 500 morts et poussé plus de 300.000 personnes à quitter le pays.

M. Nkurunziza a reconnu avoir promis à l’occasion de sa réélection de ne pas se représenter en 2020. Mais cette décision avait été prise « en fonction de la conjoncture du moment », a-t-il argué.

Pour légitimer sa révision de la Constitution, il entend se baser sur un rapport récent du Conseil national du dialogue interne (CNDI), qui a affirmé qu’une majorité des participants à ce dialogue souhaitaient mettre un terme à la limite de deux mandats présidentiels.

Après la publication de ce rapport, le Conseil des ministres avait décidé de créer une commission chargée de préparer une révision de la Constitution, conformément aux conclusions du CNDI.

Ce dialogue national exclut cependant une large partie de l’opposition intérieure et en exil, avec laquelle le gouvernement burundais refuse de discuter, malgré les pressions de la Communauté internationale.

La révision constitutionnelle envisagée par M. Nkurunziza pourrait aussi mettre fin aux dispositions issues de l’accord d’Arusha, qui prévoient des quotas ethniques entre Hutu (85% de la population) et Tutsi (14%) pour les corps de défense et de sécurité (armée, police et services secrets), les postes électifs et la haute fonction publique.

L’opposition et la société civile burundaise, en exil, craignent une révision « en profondeur » de la Constitution, qui la ferait sortir du cadre de l’accord d’Arusha, lequel constitue selon elle le socle démocratique du Burundi.

AFP

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2 commentaires sur “Le président Nkurunziza annonce qu’il pourrait se représenter en 2020

  1. Il va organiser les elections sous les intimidations et les menaces de mort et d’emprisonnement de ses opposants et les autres voix discordantes.S’il se decide de se representer il gagnera haut la main les elections de 2020, 2025 et meme 2030 jusqu’a a ce qu’il meurt au pouvoir comme tous les autres despotes du monde entier qui ont choisi de regner par la terreur et le mepris de la loi et des libertes publiques.

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  2. Ce n’est pas parce que quelqu’un se représente qu’il doit nécessairement gagner les élections.En 1993 les médias disaient que Son Excellence Pierre Buyoya était favori mais c’est Melchior Ndadaye qui a gagné les élections. Aux USA le contraire de ce que les médias disaient s’est produit.
    Avec cette expérience pourquoi nous entre-tuer en voulant empêcher tel ou tel à se représenter ? Si quelqu’un viole la loi ou s’il est mauvais,ou si le peuple ne le veut pas, il en subira les conséquences dans les urnes. Ce sont les points faibles que les autres candidats devraient exploiter pendant la campagne au lieu de se lancer les grenades.
    La chose la plus importante à faire est l’organisation d’une surveillance rigoureuse des élections pour les rendre transparentes et crédibles et ainsi attendre le jugement du peuple : la démocratie.

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