Mise en place de la commission d’enquête de l’ONU sur les exactions

cx3tnibwiaadpssIl y a environ deux mois, un rapport d’une mission d’experts indépendants des Nations unies au Burundi avait dénoncé de graves exactions dans le pays, surtout à l’actif des agents publics, ce qui avait abouti à une résolution préconisant la mise en place d’une commission d’enquête, malgré les protestations de Bujumbura. C’est chose faite depuis mardi 22 novembre. Le Conseil des droits de l’homme a nommé ses membres. Quelles seront ses missions ?

La mission d’experts indépendants des Nations unies avait déblayé le terrain, en établissant au bout de six mois de travail que de probables crimes contre l’humanité étaient commis au Burundi depuis fin avril 2015 et le début de la grave crise qui frappe le pays.

Cette fois, le Conseil des droits de l’homme va plus loin en créant une commission d’enquête, conformément à l’une des principales recommandations de cette mission d’experts qui se trouve dans la résolution 33/24, adoptée par le Conseil des droits de l’homme le 30 septembre dernier à Genève.

La nouvelle commission est composée de trois éminentes personnalités connues pour leur engagement dans la lutte pour les droits de l’homme. A leur tête, l’Algérien Fatsah Ouguergouz qui connaît bien le Burundi pour avoir été rapporteur spécial des droits de l’homme de l’ONU pour ce pays.

« Identifier les auteurs »

Cette équipe aura la lourde tâche pendant une année d’enquêter en profondeur, d’établir les faits et leur ampleur, de les qualifier et surtout, d’« identifier les auteurs présumés de ces violations et abus afin qu’ils rendent des comptes ». Et elle pourra à cet effet recommander des poursuites s’il y a lieu.

C’est ce qui fait peur, surtout au pouvoir burundais qui a décidé entre-temps de circonscrire le feu en se retirant de la Cour pénale internationale. Bujumbura menace également de ne plus collaborer aux enquêtes de l’ONU. « C’est ce qu’il ne faut surtout pas faire », estime un spécialiste des questions internationales, expliquant qu’une telle décision ne va pas arrêter les enquêtes et en rappelant qu’une telle enquête va concerner tous les responsables de violations des droits de l’homme au Burundi, y compris ceux de l’opposition.

le 24-11-2016 à 01:04, http://www.rfi.fr/afrique

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