A qui profite la zizanie ? (par Pasteur Anaclet Bangiricenge)

13516284_10209672594921702_4216874897766942229_nA qui profite la zizanie ?

« L´ ennemi de ton ennemi est ton ami. » dit un adage français.

Ça fait bien des jours que les burundais ont décidé de ne plus croiser les bras face à une menace populaire dont personne ne connait l´issue. Dans cette démarche certes audacieuse, nombreux y ont tant soufferts, voir même péris en martyrs. Nous regrettons des frères et des sœurs qui sont tombés dans les mains des cannibales de la république, aux visages des humains. Ils ont été déchiquetés par leurs frères d´hier, affolés, enivrés par des slogans de la haine, aux services des démons sans noms. Nous les pleurons et nous les pleurerons toujours de notre vivant. Mais qui est ennemi ? comment le combattre ? C´est là où se trouve le hic. Pour les uns, l´ennemi c´est celui qui a violé les accords et les conventions de la constitution, tandis que pour d´autres c´est celui qui risque de prendre leur place, ou de l´occuper avant eux ! Bazard ! Je pensais que les burundais étions suffisamment intelligents et avions assez appris par le passé. Il est inconcevable de penser que ce qui est arrivé pouvait l´être et que des hommes auraient pu s´amuser à faire tomber, comme un château en cartons, les fameuses et sacrées conventions d´Arusha, ayant permis aux uns et aux autres le « respect et la paix », car il n´y avait pas longtemps qu´on venait de sortir d´une guerre fratricide qui avait emporté nombreux des nôtres. Malheureusement ! La vie étant une bonne école, quand on a pas compris une leçon elle te la redonne jusque quand tu la réussiras. Des fois, je me demande quel genre de mouche nous a piqués. La plus part des personnes qui étonnent sont ceux-là qui ont été le plus formés, Souvent instrumentalisés sans résistance par des malins manipulateurs,  puis ils marchent sans vergogne, peut-être dans l´espoir des miettes qui leurs seront servies plus tard. Où est la crème tant vantée, lauréate de notre prestigieuse et unique université d´en temps ?

Je veux bien nous avons appris à manger assaisonné, mais est-ce la peur d´avoir faim,  que nous pensons trop à ce que nous mangerons demain et  que nous adoptons une telle attitude ?  Quand penserons nous à la paix et au respect mutuel? Notre temps se perd dans les médisances insensés qui nous oppressent et réduisent nos valeurs en mettant plus en exergue, nos faiblesses que nos qualités utiles au salut de notre nation. Où est la crème ? Où est-elle  pour prodiguer des bons conseils afin de revigorer les hommes et les femmes aux bonnes intentions ?  Où est la crème pour enseigner aux gens qu´il faut savoir limiter son alimentation, de peur d´être atteint par certaines maladies gastronomiques. Où est la crème pour amener à penser plutôt à construire et équiper les hôpitaux qui soigneront demain le peuple et le dignitaire, prendre soin du médecin qui le sauvera des mains de la mort avant de rejoindre New Dehli. Où est la crème ? Où est la crème de mon peuple ? Pourtant il y a des hommes admirables, leurs noms complexent les pédants qui n´ont rien à venter de leurs maigres œuvres. Il y a des hommes qui un jour se sont levés pour dire non, trop c´est trop. Des hommes et des femmes dans les médiats qui,  au risque de voir leurs logistiques brulés, fusillés et se voir tués ou exilés ont osé dire non, des femmes et des jeunes face à une mort certaine, un jour sont descendu dans la rue pour dire non, des hommes et des femmes dans l´armé et dans la police, qui au risque d´être trahis par leur frères d´armes corrompus, au risque de la prison, de l´exil et de la mort, ont dit non, nous ne pouvons pas garder les bras croisés face à une violation de la liberté et de la souveraineté de tout un peuple. Il y a des hommes et des femmes, dont les noms resteront dans notre mémoire et dans l´histoire de notre pays. Ceux qui les diffament le font par leur propre honte. Je déclare la tête haute qu´ils ont fait mieux que moi. En tout honnêteté  je leur dois du respect. Et quoi faire alors ? Tant que la lutte continue, retroussons nos manches et doublons d´ardeur dans le bien et dans la cohésion. Pour le moment il y a deux camps, celui de Nkurunziza et celui de l´opposition.  Si tu es avec Nkurunziza c´est ton droit car tu as fait ton choix en âme et conscience. Mais si tu es avec l’opposition, pourquoi affaiblir l´opposition ? Quoi qu´il en soit, celui qui s´attaque à un opposant sert Nkurunziza, consciemment ou inconsciemment. Choisissez vos camps. A bon entendeur, salut.

Pasteur Anaclet Bangiricenge, Chercheur en anthropologie.

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