Le Burundi plaque tournante du trafic de l’or dans les Grands lacs

4802913838_1e85e3e09f_zUne affaire d’escroquerie impliquant un colonel de la police et des services secrets, Désiré Uwamahoro considéré comme un véritable bourreau par les anciens quartiers contestataires de Bujumbura, ainsi que des négociants moyen-orientaux et des trafiquants congolais, est venue rappeler que le Burundi est l’une des principales plaques tournantes dans le trafic d’or en provenance de l’est de la RDC. Qui est impliqué ? Quelles sont les voies de sortie de cet or ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes ; 411 kg seulement, c’est la quantité d’or que le Burundi a exporté officiellement vers Dubaï en 2015, du moins celle communiquée par le ministère burundais des Mines au groupe d’experts de l’Onu sur la RDC.
Mais la réalité est tout autre. Ces experts sont allés vérifier à Dubaï, et ils ont constaté que les importations d’or en provenance du Burundi, inscrites dans les registres pour l’année passée, dépassaient de près de 3 tonnes, c’est-à-dire de plus de sept fois le chiffre annoncé par Bujumbura.

D’où provient dans ce cas tout cet or exporté par le Burundi ? Le gouvernement et les principaux exportateurs n’ont pas répondu à cette question, selon le rapport des experts onusiens. Leurs enquêtes ont toutefois révélé qu’à côté d’une petite production locale, la plus grosse partie de l’or exporté par le Burundi provient surtout du Sud-Kivu et du Nord-Katanga dans la très trouble RDC, après avoir transité par Bukavu puis Goma, à l’extrême est de ce pays. De l’or qui proviendrait des groupes armés congolais, des FARDC, ainsi que des miliciens hutus rwandais des FDLR.

Trois pays dans la région sont plus ou moins impliqués dans ce trafic : l’Ouganda, passage de l’or en provenance de l’Ituri et du Nord Kivu, puis vient le Burundi qui sert à évacuer celui produit dans le Sud-Kivu et le nord du Katanga. On trouve à la troisième place la Tanzanie pour la production d’or du Katanga. Le Rwanda lui serait peu impliqué dans le trafic d’or. Mais ce pays est plutôt une voie de sortie pour les «3 T», l’étain, le coltan et le tungstène, qui ne sont pas moins rentables que l’or.

Uwamahoro succeseur de Nshimirimana

Une fois au Burundi, les trafiquants sont en sécurité. Leurs cargaisons sont convoyées jusqu’à l’aéroport de Bujumbura par des agents de la police et des services secrets qui dépendaient du n°2 burundais, le général Adolphe Nshimirimana, jusqu’à son assassinat il y a un peu plus d’une année, selon toujours ce rapport.
Sa mort n’a pas mis fin à ce trafic, qui a été récupéré par les successeurs du général Nshimirimana. Et c’est un des rouages de cette machine bien huilée qui a grippé samedi, avec l’arrestation du tristement célèbre colonel Désiré Uwamahoro.

Ils sont trois pays dans la région plus ou moins impliqués dans ce trafic : l’Ouganda, passage de l’or en provenance de l’Ituri et du Nord Kivu, puis vient le Burundi qui sert à évacuer celui produit dans le Sud-Kivu et le nord du Katanga. On trouve à la troisième place la Tanzanie pour la production d’or du Katanga. Le Rwanda lui serait peu impliqué dans le trafic d’or. Mais ce pays est plutôt une voie de sortie pour les «3 T», l’étain, le coltan et le tungstène, qui ne sont pas moins rentables que l’or.

le 06-11-2016 à 07:20, http://www.rfi.fr/afrique/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s