Décollage raté des mouvements de résistance burundais (Analyse de Ndimurwanko I.)

ndi« La cause se doit être juste, pour que la guerre soit juste »

Le régime CNDD-FDD, est-il réellement solide à tel point que ses opposants ne parviennent pas à le défaire ? Depuis maintenant deux ans, que le pays fragilisé ait sombré dans le chaos. En effet, plusieurs mouvements rebelles ont vu le jour sans qu’aucun ne parvienne à s’imposer ou à démolir ce système injuste et incohérent. Les leaders qui croyaient en l’action rapide n’ont pas hésité à utiliser l’argent comme nouvelle stratégie pour mener la révolution très rapidement possible. Ils ont oublié que le changement d’un régime ou d’un système est un travail exigeant qui demande beaucoup de réflexion, de planification et de concentration. Tout changement doit impérativement impliquer le peuple détenteur du pouvoir. En principe ce n’est pas les leaders qui libèrent le peuple, ce le peuple lui-même qui se libère. Les événements du 12 décembre 2015 s’inscrivent dans l’imprudence et la planification hâtive des responsables politiques.

Au Burundi, on entend souvent parler de deux sortes d’opposants, les premiers qu’on qualifie des durs radicaux et les seconds des mous. Mais ni l’un, ni l’autre, n’est pas capable de s’imposer et/ou détruire le système instauré par le CNDD-FDD. Plutôt un système introduit par le colonisateur perpétué par tous les pouvoirs successifs. Ce système est tellement mauvais au point que chaque dix ans, notre pays connaît des turbulences sans précédent. Et il est très avantageux pour celui qu’il l’a conçu, car à chaque fois que le pays sombre dans ses crises cycliques, ce conquistador à toujours son nez dans les affaires internes de notre pays. Le Burundi avait espéré, lors de l’arrivée de ces maquisards en 2005, le changement de ce système répressif et corruptible. Malheureusement, ils ont continué dans la même logique gestionnaire héritée des anciens pouvoirs.

Suite aux plusieurs crimes économiques et politiques commis par ces hommes au pouvoir, ils ne veulent pas renoncer par crainte d’être poursuivis. Même après deux mandats autorisés par notre constitution, ils se cramponnent toujours au pouvoir dont ils ne méritent pas. Comme ils ont coutume de le dire, ils régneront plus ou moins trois décennies, période équivalent à celle des régimes dictatoriaux de l’époque. Effectivement ils l’ont démontré, l’an dernier, à travers les élections antidémocratiques qu’ils ont organisées. Ces élections de façade ont installé illégalement Nkurunziza au fauteuil présidentiel en violation de nos lois fondamentales mettant conséquemment notre patrie en feu et en sang sans s’inquiéter au tort qu’ils causent à la population. De plus, Nkurunziza et ses courtisans kleptomanes se comportent en conquistadors par l’avidité du pouvoir et de richesse.

Un mandat de trop, source de malheur de tous les maux. Ce mandat maudit a poussé les braves citoyens, surtout des généraux qui ont tenté de renverser cette dictature rampante. Sans oublier d’autres citoyens ayant choisi le chemin extrêmement difficile de résister par les armes en s’opposant à la barbarie de la dictature de Nkurunziza. C’est grâce aux certains frondeurs qu’on a pu connaître la vraie face du régime CNDD-FDD et ses ambitions. De la manifestation sévèrement réprimée par la police sont nées les forces de résistance. Pousser par la cruauté de la police, appuyée par des imbonerakura, force hybride de Nkurunziza, les revendicateurs de respect de la loi ont été obligés de former une résistance dans leurs Quartiers respectifs. Quartiers berceaux d’espoir et de forteresse pour la liberté que le régime a concentré toute sa force en tuant des innocents. Dans ces Quartiers le combat était coriace plus qu’ailleurs. Aujourd’hui comme hier, les jeunes en payent le prix plus particulièrement après le coup raté du 12 décembre 2015, visant  les camps militaires de la capitale.

Malgré l’esprit héroïque de certains combattants, la résistance n’a pas traversé le temps et l’espace. Petit à petit la force s’est amoindrie jusqu’à l’état actuel de silence ou d’anéantissement. La capitale est actuellement sous contrôle des Imbonerakure et de la police répondant aux intérêts du pouvoir sectaire. Déplorablement, plusieurs combattants se sont rendus, arrêtés et emprisonnés et d’autres sont devenus collabos. Chose qu’on n’a jamais vue à l’époque de résistance contre le pouvoir militaire dictatorial d’antan. Quand il y a une nouvelle pratique qui apparaît, il faut chercher sa cause, afin de la comprendre et d’en expliquer. On a précédemment parlé de la distribution des billets d’argent aux combattants première source de destruction des mouvements. Un combattant avec quelques billets dans sa poche n’a pas intérêt à se battre, il privilégie plutôt le chemin du bonheur offert par ceux-ci. La jeunesse s’était enrôlée avec esprit de se libérer, mais elle n’a pas réussi faute d’idéologie manquante, l’élément motivateur pour tout combattant. C’est par la fierté que tout combattant accepte volontairement et par bravoure de verser son sang pour sa patrie. Or l’étape d’inculquer des valeurs guerrières aux combattants et idéologie du mouvement a été mise de côté dans le but d’accélérer la révolution.

L’esprit d’honneur et d’héroïsme a été négligé, voire détruit, car c’est moyennant l’argent que les jeunes étaient recrutés. Ce qui est triste et révoltant, c’est la mobilisation qui se faisait entre mouvements. On promettait aux combattants de meilleures conditions s’ils quittaient leurs anciens groupes. Généralement la souffrance fait partie de la vie de chaque libérateur et le façonne. C’est pourquoi les échecs étaient répétitifs et intenses parce ces recrus espéraient amélioré leur vie. Suite à leur déception, la morale a baissé au plus bas niveau. À côté de cela, certains étaient frappés d’ostracisme et d’exclusion aux hauts postes de commandement. Et l’argent qu’on leur faisait miroité était une source de discorde, car ils obtenaient des sommes inférieures à celles de leurs collègues. Cette triste réalité a renforcé le sentiment de désertion et accepter la collaboration avec le gouvernement moyennant de récompense d’argent ou du travail.

Bref, le fait que l’idéologie a été délaissée au profit de récompense pécuniaire cela a avantagé le gouvernement d’être le meilleur conquéreur. Compte tenu de la situation d’indignation de certains combattants, l’offre du pouvoir les a séduits et trahir leurs confrères. Par conséquent, les chefs fêtards, drogueurs, alcooliques et coureurs de jupon ont été éliminés parce que le SNR avait les infos sur leur mouvement. À cause de l’infiltration des groupes qui opéraient dans les Quartiers susmentionnés, les combattants ont été obligés de replier en dehors de la ville. Aujourd’hui le pouvoir ne sait pas exactement où ils se trouvent. Ce mystère disparition fait peur au gouvernement, car il soupçonne une main invisible au dessus de ces mouvements.

Le service national de renseignement continue à utiliser des prostituées et de l’argent pour venir à bout la résistance. Pour les frondeurs et d’autres anciens dignitaires ont les promet des postes et un avenir radieux afin qu’ils reviennent au bercail pour servir les intérêts du système aux abois. Cette arme de tête chercheuse a fait ses preuves au sein des mouvements et continue à être utilisée au-delà des frontières nationales. Plusieurs jeunes ont été arrêtés dans des motels ou dans des maisons louées pour l’occasion. La facilitation est obtenue par des collabos qui ont dévoilé les stratégies opérationnelles des mouvements, et dénoncé d’importants caches d’armes, qui ont fini par être saisies. En somme, les conséquences ont été énormes pour tous les mouvements. À titre d’exemple, il y a eu cessation d’activités et actuellement des supporteurs nationaux et autres s’impliquent moins, car ils réclament l’union ou la coopération des mouvements. Une chose sûre, à Bujumbura, le pouvoir craint d’une attaque puissante.

Analyse de Ndimurwanko I

2 réflexions sur “Décollage raté des mouvements de résistance burundais (Analyse de Ndimurwanko I.)

  1. Monsieur Gabriel, on devrait aller voir ensemble la définition du terme charismatique, mais j’aimerais que vous faisiez vous-même l’exercice intellectuel et trouver le sens de ce concept. Mi

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  2. Mr. Ndimurwanko . Your political analysis is superficial. You have ignored that the majority of the Burundi people support the Government. As you said those armed Movements are not the will of the people of Burundi. It is the will of the former military dictators and some of individuals who rebelled from the Party on Power. As you said there is no one among those leaders who has the Charisma like Mr.Nkurunziza. And you are talking about »Revolution ». I don’t see how it can apply in the case of Burundi. The people of Burundi are happy with their Leadership. A revolution like the Chinese or NorthCorean model is not possible. Remaining what we can call »Revolution Bourgeoise » which in Burundi settlement is just a dream for not to say impossible.

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