2016: Journal d’un Patriotes X: Ce que le Mwalimu NYERERE nous dirait … « Kubita ! »

2016 : JOURNAL D’UN PATRIOTE X

nyerere_01-1CE QUE LE MWALIMU NYERERE NOUS DIRAIT … « KUBITA ! »

A la mémoire de Julius Kambarage Nyerere, né le 13 avril 1922 et décédé le 14 octobre 1999.

Mon cœur se serre…

Mon cœur se serre à l’idée du crime que nos leaders africains sont prêts à commettre, au nom de ce qui est acceptable ou non au Burundi. En effet, comment « négocier » avec une clique dont les actes jusqu’à maintenant démontrent sans hésitation aucune qu’elle est prête à tout ? Comment discuter avec un gouvernement qui tue les siens, sans pudeur, sans honte ? Certains parmi nos amis occidentaux nous demandent d’accepter, au prix d’enjeux « de paix », « de stabilité régionale », ce qu’eux même considèrent comme inimaginable et inconcevable.

A tout va, il me revient à l’esprit la remarque d’une haute personnalité anglaise qui disait que: « le scandale le plus effroyable dans l’histoire politique américaine fut le « Watergate ». Mais qu’en était-il, au fond ? L’histoire d’un président qui a mis sur écoute ses opposants politiques. Rien de plus. Pas de meurtres, pas de tueries, pas de génocide à la « kamwe kamwe ». Juste un acte immoral qui a entrainé la démission dudit président. Cet incident a suffi pour changer le cours d’une partie de l’histoire américaine.

En Occident, lorsqu’ils sont impliqués dans un scandale politique entrainant la perte de leur crédibilité, les leaders démissionnent. En Asie, s’ôter la vie subsiste encore de manière exceptionnelle afin de racheter ses fautes mais aussi pour se laver de l’opprobre social….

Au Burundi, selon notre code ésotérique, Nkurunziza aurait déjà dû « boire l’hydromel » depuis belle lurette ! On est loin de ce concept de « leadership » à partir duquel l’honneur, la dignité, la moralité et la décence font partie intégrante du comportement politique des dirigeants.

En effet, de par nos codes anciens d’Ubushingantahe, d’Ubutwari et d’Ubuntu, Nkurunziza n’aurait droit à aucune table, ni au Burundi, ni chez nos chers frères africains et encore moins au sein du concert des Nations.

Mon cœur saigne…

Mon cœur saigne lorsque j’entends le régime de Bujumbura dire à qui veut l’entendre qu’il ne s’agit que d’une « minorité tutsi » qui veut accéder au pouvoir par le biais de sacro-saintes « négociations » dont on ne comprend ni la teneur, encore moins la pertinence. On peut cacher la vérité mais mentir et pervertir les esprits avec une ambition non-dissimulée de créer de nouvelles tensions interethniques, c’est intellectuellement obscène et politiquement révoltant ! A l’évidence, le « pays du lait et du miel » glisse sûrement vers les abîmes d’une guerre intestine. Et les raisons les plus objectives sont le goût du pouvoir et l’ambition maladroite, violente et terrifiante de durer. Le tout ponctué par une incapacité notoire à diriger le Burundi.

Mon cœur bat fort…

Mon cœur bat fort. Très fort. Mais il reste, en définitive, serein car les raisons qui ont poussé notre jeunesse dans la rue le 26 avril 2015 sont démocratiquement justes, loyales et patriotiques.

En restant passifs, nous courons le risque d’être « victimes » de notre propre mal. Si  nous restons silencieux, nous devenons « complices » de crimes contre l’humanité. Ainsi, se lever contre l’injustice est une nécessité impérieuse pour cette génération et revêt une importance vitale pour les générations futures ! Car, l’ignorance et la tyrannie exhibées avec vanité ne peuvent pas continuer à fleurir au pays de Kiranga.

Avec fierté et dignité, nous devons dire « OYA! » à cette misère et à cette souffrance. Oui, il est loin le temps où Mwalimu Nyerere déclarait que le régime d’Idi Amin Dada, parce que moralement illégitime, ne pouvait être que combattu et renversé, comme ce fut le cas !

Je me demande ce que Mwalimu penserait de Nkurunziza et ce qu’il nous dirait. Certainement qu’il nous dirait : «Sasa, tunayo kazi moja, ni kumpiga. Uwezo ya kumpiga, tunayo. Sababu ya kumpiga, tunayo. Na niya ya kumpiga, tunayo !»

« A présent, il ne nous reste qu’une seule chose à faire, c’est le combattre. Nous avons la capacité de le combattre. Nous avons toutes les raisons de le combattre. Et, nous avons l’intention de le combattre !»

KUBITA !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s