Le Burundi, premier pays africain à entamer son retrait de la CPI

img_20161006_1802461Le Burundi est devenu vendredi le premier pays africain à engager une procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI), a rapporté la BBC.

L’annonce a été faite à la radio nationale par le vice-président burundais Gaston Sindimwo au lendemain d’un conseil des ministres qui a avalisé cette décision.

M. Sindimwo a assuré que le Burundi est prêt à subir toutes les conséquences qui découleront de son retrait de la Cour, basée à La Haye.

Interrogé par la BBC, le professeur de droit international et avocat à la CPI Abdoulaye Tine a souligné que « même si cette décision est souveraine, le Burundi a obligation de coopérer avec la Cour pénale internationale ».

« En dépit du fait que l’article 127 du statut de Rome donne la possibilité à tout état membre de quitter l’organisation, la décision du gouvernement burundais d’annoncer son retrait de la CPI ne suspend pas les enquêtes en cours et ne lui donne pas un permis de tuer ou de commettre des violations de droits de l’homme », a expliqué ce juriste.

La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, avait annoncé le 25 avril l’ouverture d’un examen préliminaire, étape préalable à une enquête, sur les violences commises au Burundi depuis avril 2015.

Ce petit pays d’Afrique centrale est plongé dans une grave crise émaillée de violences et de nombreux cas de torture depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en avril 2015 sa candidature à un troisième mandat controversé. Réélu en juillet suivant, il a ainsi violé la Constitution, selon l’opposition, la société civile et une partie de son camp.

Les violences ont déjà fait plus de 500 morts – 900 selon certains observateurs – et 600 à 800 disparitions. Elles ont poussé plus de 300.000 personnes à quitter le pays.

Selon le secrétaire général de l’ONG Forum pour la conscience et le développement (Focode), Gordien Niyungeko, le gouvernement de Bujumbura « se trouve visiblement dans une peur panique » à la suite de l’adoption d’une récente résolution des Nations unies qui consacre la création d’une commission d’enquête internationale sur les crimes commis au Burundi depuis le 26 avril 2015,

En janvier dernier, certains pays africains avaient, sur une proposition du Kenya soutenue par le président tchadien Idriss Deby Itno, alors président en exercice de l’Union africaine (UA), fait part lors du sommet de l’UA de leur intention de quitter la CPI.

Ces pays estiment que la CPI « s’acharne beaucoup plus sur l’Afrique, sur les chefs d’Etat africains, y compris des chefs d’Etat en exercice ». « Alors qu’ailleurs dans le monde, beaucoup de choses se passent, beaucoup de violations des droits de l’Homme flagrantes, mais personne n’est inquiété », avait affirmé M. Déby.

La CPI est la première cour pénale internationale permanente. Son fonctionnement est régi par son traité fondateur, le Statut de Rome, entré en vigueur le 1er juillet 2002. Elle est compétente pour poursuivre des auteurs présumés de génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis depuis cette date. Au total, 123 Etats, dont le Burundi, ont à ce jour adhéré au statut de Rome.

Des examens préliminaires ont pour l’instant été ouverts en Afghanistan, en Colombie, en Guinée, en Irak, au Nigeria, en Palestine et en Ukraine.

Belga, 7/10/16 – 16h00, http://www.7sur7.be

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