Burundi – Nations Unies: Une résolution controversée

burundi-nations-unies-une-resolution-controverseeLa résolution HRC 33  vient d’être adoptée à Génève avec 19 voix pour, 7 voix contre et  19 abstention, une première dans les annales des Nations Unies. En effet, de mémoire, il est extrêmement rare  de voir adoptée une résolution des Nations Unies  où l’abstention l’emporte sur le oui. Cela pose évidemment question et l’on peut s’interroger  sérieusement sur l’applicabilité de cette résolution, en l’état, alors que son adhésion est problématique.

On remarquera que certains  pays qui ont voté pour la résolution,  la Mongolie, l’Albanie, El Salvador, Panama, Slovénie…pour ne citer qu’eux, ignorent probablement tout  de la situation au Burundi, ce qui laisse penser que quelqu’un leur aurait forcé la main. D’autres se sont laissés, sans doute, tromper par un  rapport biaisé, produit auparavant par des experts des droits de l’homme.

Il est à noter  que des membres de la diaspora burundaise, activistes connus  contre leur pays, se sont , sans surprise, réjouit de cette résolution.  l’on sait que certains d’entre eux  n’avaient pas hésité de contacter , quelques jours auparavant, des responsables étatiques, pour un vote dans ce sens. Ils devront user encore  plus de leur « petite langue sucrée » pour que la commission d’enquête prévue « ad hoc », puissent entrer en action.

Par contre, les dirigeants du Burundi et surtout l’écrasante majorité de citoyens  du pays, s’opposent à cette résolution adoptée dans la confusion, alors que, malgré le forcing en coulisses,  le Oui fut battu par l’abstention et reste donc  minoritaire par rapport au nombre total de votants. Sans pour autant  donner trop d’importance à cette comission, une nouvelle bataille s’annonce entre ses partisans et la majorité qui lui est hostile.

Mais, comment en est on arrivé là ? Nous avons tenté d’en savoir un  peu plus.

Au départ, l’Union Européenne, ou plutôt un ou deux États de cette Union, proposent une résolution relative  à la question des droits de l’homme au Burundi. Lors des lobbying d’usage en coulisses, le ou les  deux États qui ont pris l’initiative du projet, se heurtent aux arguments pertinents d’autres États plus neutres vis à vis de cette question.

Il s’agit notamment de l’omission   » volontaire » par le ou les deux États initiateurs , de signaler les cas de graves violations des droits de l’homme, commises par des opposants radicaux, soutenus précisément ( mais pas très ouvertement) par les mêmes initiateurs du projet de résolution. A ce stade déjà, le projet est non recevable, même s’il aurait été fondé, puisque présenté par une partie prenante au conflit, incapable de donner  par conséquent,un avis crédible.

A ce stade également, étant donné la controverse, les initiateurs du projet de résolution, auraient dû le retirer au lieu de forcer certains autres États, qui leur sont probablement redevables dans d’autres dossiers ( on est pas loin du chantage). En effet, cette résolution est pour eux, un  demi échec, car même si elle a été adoptée, on voit mal comment ses initiateurs parviendront à forcer son application, alors que des grands États qui comptent , Chine et Russie ont dit non,  et que d’autres  États, parmi les plus émergeant et non moins importants, se sont abstenus.

En définitive, une telle résolution est de nature à créer des tensions inutiles entre États, alors qu’elle n’apporte  pas de solution à cette question des droits de l’homme. A notre avis, s’ils sont vraiment épris de la question des droits de l’homme au  Burundi,  la meilleure attitude des initiateurs de ce projet serait de s’assurer que « leurs protégés » ne sont pas  précisément impliqués dans des actes de violations de droits de l’homme. Ces initiateurs pourraient ,par la suite, prendre des mesures adéquates , afin d’éviter d’être accusés, tôt ou tard, de complicité  » passive » dans ces violences.

De même, pour ce qui est des violations imputables au gouvernement, des États qui adoptent une attitude responsable et non partisane, sont à même de donner des conseils judicieux au gouvernement burundais, dans le but d’éviter certaines exactions signalées  ici  et là dans le pays. Mais, la balle se trouve clairement dans le camp des États qui ont tendance à soutenir le mouvement insurrectionnel armé contre le Burundi.

En conclusion, cette résolution aura ,au moins, eu le mérite de montrer à la face du monde ,que le Burundi a finalement beaucoup d’amis. Car, tous ces pays qui ont dit non à cette résolution ,  ou qui se sont abstenus, ont voulu montrer globalement que la solution à crise burundaise  doit être appréhendée autrement.  Et comme la Cour de justice de l’EAC vient récemment de statuer  en confirmant la légalité du mandat du président NKURUNZIZA, il serait désormais contre  productif de  continuer à s’acharner contre son gouvernement.

Jean François NDEBERI

8 réflexions sur “Burundi – Nations Unies: Une résolution controversée

  1. Les burundais d’aujourd’hui ne sont pas aussi dupes que certains le pensent, ils ont vécu autant de calvaires à tel point que leurs attitudes pourront défier ceux qui se croient intelligents ou forts. Le futur nous réserve des surprises wait and see car l’homme propose et Dieu dispose!

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  2. intumva zonyene nizo zishobora kubandanya, Mais umuntu afise amaso kandi abona, ndiyumvirako yotekereza akareka kuko ubu Nkurunziza yabaye ikinani!!!! Tuvyanke canke tuvyemere yaradutsinze sur tous les points. Murakoze

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  3. Ce que vous dites est en partie vrai, surtout là où vous dites qu’il y a certaines complicités parmi les initiateurs du projet de résolution. Mais de l’autre côté, dans un vote, les voix des abstentions ne comptent pas, c’est comme s’ils n’ont pas participé au vote. Et leur interprétation est mitigée: ils ne sont pas totalement pour et ils ne sont pas totalement contre. Les arguments des uns et des autres ne les ont pas convaincus. Au deuxième niveau, vous semblez dire que les opposants sont protégés par les initiateurs de la résolution et donc ils ne seront pas concernés par les enquêtes. Ceci est une affirmation gratuite dans la mesure où la commission d’enquête aura comme mission d’identifier tous les auteurs de crimes commises au Burundi, qu’ils soient des opposants ou du gouvernement. Ce n’est donc pas une raison, pour ma part, de dénigrer cette commission d’enquête, si du moins nous voulons connaître la vérité et traduire les auteurs des crimes devant les juridictions compétentes et neutres.

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    1. Si il est question de verite pourquoi l’UE refuse de finance la CVR qui pourtant enquetera sur une longue duree? Les maux d’aujourd hui sont le fruits des maux d’antan donc des consequences du silence sur les crimes commis depuis l’independance. Donc si verite etait la preoccupation de cette communaute internationale il aurait fallut commencer par les annees 1960 jusqu’aujourd hui. Sinon cette resolution ressemble a une piece de ce puzzle pour deposer le parti au pouvoir.

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  4. Le fait de dire que les pays comme la Mongolie et d’autres cités ne connaissent pas le Bdi serait une affirmation gratuite! La communauté internationale s’était investie pour trouver la solution des crises cycliques à base ethnique en 2000. Bcp de moyens humains et financiers ont été mis sur table et un sanguinaire Nkurunziza Pierre vient de saboter tout cela. Remarquons que les grandes figures de la diplomatie mondiale ayant aidé pour trouver l’accord encore en vie se sont montrés contre le 3ieme Mandat de Nkurunziza. Dire que les Bdais ayant refusé le 3ieme mandat ne sont pas exilés, torturés, disparus, excités par SNR et l’API est une aberration!

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    1. Cet article de M. Ndeberi, probablement teleguide par les bureaux de la presidence a Bujumbura, demontre une ignorance totale du fonctionnement du systeme intergouvernemental. Les abstentions ne comptent pas dans le vote comme le dit Gatore. Les Etats qui s’abstiennent sont ceux qui estime que cette affaire « ne les regarde pas ». Ce serait une erreur de croire que les abstentions sont l’expression d’un soutien quelconque. Peut etre que ce message de Ndeberi est destine a la rue de Bujumbura. Pour ce qui est de la Russie et de la Chine, il est tres rare que ces Etats soutiennent ce qui est propose par l’Occident, facon d’affirmer la fin du monde unipolaire mais aussi en vue de proceder a d’autres marchandages sur d’autres dossiers les concernant. Il serait utopique de lire leurs votes en terme d’alliance avec le regime de Bujumbura qui pour eux, ne represente aucun interet immediatement strategique.

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