KARAYENGA Athanase réagit face aux accusations gratuites auxquelles fait face le chanteur KIDUMU

kidumu-10092016-161450Chers amis,

Le procès en sorcellerie contre Kidumu n’a pas de sens et ne devrait pas avoir lieu. Kidumu est un artiste. Il a le droit de penser que sa musique peut apaiser la société burundaise et accélérer le processus de retour à la démocratie et à la liberté dans notre pays.

Kidumu est d’abord un musicien exceptionnel. Il faut saluer son immense talent musical. Il figure parmi les musiciens burundais dont la créativité exceptionnelle enrichit le patrimoine culturel burundais. Dans le Panthéon des artistes burundais, Kidumu est à côté des célèbres Batimbo qui portent l’art du tambour, depuis des siècles, au plus haut sommet de la percussion devenue patrimoine de l’humanité. Kidumu figure à côté de Marc Barengayabo qui a composé la musique de l’hymne national, des Mabano qui ont fait une entrée fracassante sur la scène musicale pop burundaise avec Niki Dave, Africanova et Tanga, à côté de Kadja Nin, la merveilleuse ambassadrice de notre culture dans le monde, de Canju, poète écorché et bouleversant, de Ngabo Léonce, dont la musique constitue une éternelle source de joie et d’émotion. Je n’oublie évidemment pas la jeune et formidable génération des Fariaz, de Sogo, des Lions, etc, etc.

Les grands noms que je ne cite pas dans cette liste rapide et de loin pas exhaustive me pardonneront de ne pas être mentionnés. Je n’oublie surtout pas les musiciens qui ont porté la musique traditionnelle au plus haut sommet de l’excellence comme l’inanga de Sindirimba et le muduri des deux frères dont le nom me reviendra plus tard. Et Emmanuel de la célèbre injonction : « Umenga mu ku kigabangana bari babaroze. » Et l’hymne marrante à la taupe…Rufuku…Et la très hilarante et instructive chanson contre les moustiques de l’ancienne troupe musicale du ministère de la culture, Nakaranga. Chapeau et merci à eux tous de faire vibrer l’âme burundaise et de donner à notre culture un rayonnement magnifique.

C’est donc d’abord, à Kidumu, au musicien de renom international que j’exprime respect et admiration. Sa célèbre chanson, Yaramenje, devrait être prescrite comme un médicament obligatoire à tous les gouvernements, à tous les hommes politiques et même à tous les citoyens burundais. Cette chanson devrait être élevée au rang de deuxième hymne national. Elle devrait être chantée dans les écoles et dans toutes les radios du pays. Kidumu devrait être décoré de la médaille la plus élevée dans les ordres nationaux.

La rencontre entre la musique sublime de Yaramenje et les paroles percutantes de cette chanson, paroles composées par un homme politique burundais de premier plan et dont je ne révèlerais le nom qu’avec l’autorisation expresse de Kidumu, cette rencontre extraordinaire entre ces deux artistes burundais constitue une preuve éclatante que des talents immenses sommeillent dans notre société brimée, malmenée et ruinée par les politiques et ce depuis des décennies.

Kidumu a eu raison de jouer de la musique devant le public burundais. Même avec le risque d’être récupéré par les gouvernants actuels qui pourraient s’empresser d’utiliser son concert comme une preuve que la paix règne partout au Burundi. Le gouvernement serait d’ailleurs plus convaincant en montrant que la paix règne partout si tous les artistes persécutés et qui ont fui le pays pour se mettre à l’abri pouvaient organiser, librement, eux aussi, des concerts à Bujumbura et ailleurs dans le pays.

En réalité, il existe un lieu où la paix est absolument totale au Burundi. Ce sont les cimetières, les fausses communes et les rivières où sont enterrées ou jetées les corps des victimes du régime actuel. Oui, la paix des cimetières règne au Burundi. Silence. Ames sensibles, passez votre chemin !

Cependant, personne n’est dupe. Tout le monde sait que le pouvoir actuel est illégitime car issu d’un coup de force, d’un coup d’Etat constitutionnel. Nous en avons connu des tonnes de coups d’Etat et des violences dans le passé au Burundi. Comme Cicéron, naguère, nous pouvons nous répéter, mille fois par jour, « Carthago delenda est », « Carthage doit démolie », ou en version mise à jour « Le troisième mandat maudit doit être démoli », ce n’est pas un concert de Kidumu qui donnera la légitimité perdue à Pierre Nkurunziza ni la fragilisera non plus.

Car, ce qui est insupportable aujourd’hui et qui constitue un pas supplémentaire dans l’horreur par rapport au passé, c’est que ce pouvoir illégitime est, en plus, meurtrier et prédateur à un niveau jamais égalé. En effet, ce pouvoir a instauré la peine de mort sans jugement et sans assistance judiciaire pour les victimes. Toute personne qui n’approuve pas le troisième mandat de Pierre Nkurunziza est persécutée, torturée, violée, emprisonnée, exilée, ruinée.  Le déni des droits fondamentaux du citoyen constitue ainsi, au quotidien, une violence institutionnelle et des crimes d’Etat savamment organisés et d’une brutalité inouïe.

Malheureusement Kidumu, pas plus qu’aucun artiste ou simple citoyen ne peut changer, seul, le rapport de force actuel. Même la communauté internationale semble tétanisée et incapable de trouver une solution rapide au conflit burundais. Pour la simple raison que le régime a une sacrée longueur d’avance dans la mainmise totale sur le pays grâce à sa machinerie militaire et policière et surtout grâce au quadrillage du pays par des services de renseignements, par des sévices exercés par les véritables tontons macoutes haïtiennes de l’époque Duvalier, et par les Interahamwe et Imbonerakure, miliciens enragés qui achèvent d’étouffer le pays.

La bonne nouvelle, c’est que la dictature imposée par la terreur au Burundi sera vaincue par une action combinée de plusieurs forces positives et déterminées. Elle sera vaincue si Kidumu et tous les autres artistes continuent de chanter et de créer des œuvres d’art de référence. Elle sera vaincue par les médecins qui continuent à soigner, par les enseignants et les professeurs qui continuent à enseigner, par les commerçants qui continuent à faire des affaires propres, par les paysannes et les paysans qui continuent à cultiver les champs et à produire des vivres, par les journalistes qui continuent à produire des informations de qualité, par des policiers et des militaires qui auront de la compassion à l’égard de la population et refuseront de s’associer à la persécution de la jeunesse notamment, par les religieux qui continuent à prier et à sensibiliser la population sur le message de paix, par les étudiants qui continuent, contre vents et marées à bien travailler à l’école et dans les universités et enfin par les politiciens de l’opposition qui accepteront enfin de mettre en avant les attentes et les priorités des victimes du régime de Pierre Nkurunziza et élaboreront ensemble un programme alternatif de gouvernement.

Pour parodier la sublime chanson « Yaramenje », celui qui a provoqué le chaos institutionnel actuel et qui piétine l’Accord de Paix d’Arusha et la constitution, « uwo yaramenje »….Uwishe abandi abahora umuryango, abahora umugambwe, yaramenje !

Enfin, invoquons les dernières paroles de Yaramenje : « Oh Mana yanje, Oh my God…. » pour établir une passerelle entre elles et la célèbre homélie de Mgr Joachim Ruhuna, à Bugendana, le 25 août 1996, devant les centaines de femmes et enfants tutsi massacrés par un escadron de la mort du CNDD-FDD. Les Burundais connaissent la sanction définitive « divine » contre le criminel dénoncé par « Yaramenje » en massacrant des innocents. « Azopfa yangara…. »

Athanase Karayenga

2 réflexions sur “KARAYENGA Athanase réagit face aux accusations gratuites auxquelles fait face le chanteur KIDUMU

  1. Mes sincères salutations fraternelles particulièrement à Mr Karayayenga et à tout Murundi en général.
    Très chers frères et soeures burundais, kudahaguruka ngo dushimire réaction de Mr karayange serait  » Uruhombo rutagira izina umuntu  » yitegereje ses réactions durant ces derniers temps. Ntako atagira en prenant l’idée sous un autre angle où les autres n’y voient que de l’ éteincel! Nous devriez être positivement et négativement critiques sinon nous risquons d’ être des penchants ce qui n’est pas le cas pour notre frère Karayenga et Dieu-Merci! Nkaba ndamushimiye caaane kuko naho nsanzwe ntakunda Kidumu kunvo najewe ntazi nuko ivyo yavuze ari ukuri. Mugabo ndamaze kwumva abantu benshi bakunda Kidumu Kandi Karayenga yabishikirije nibaza ko Kidumu tutomuhora ubusa kuko yari kukazi kandi murumva ko yari yahora mu Rwanda, sivyo gusa no muri Amérique canke i Burayi arajayo. Sinon nous lui jugerons dans le temps et dans l’espace!

    J'aime

    • Non Munico, il a été penchant qlq part: est ce que abamenje ni aba CNDD-FDD gusa? ko atavuze abahutu b’inzirakarengane batikijwe n’abasirikare bo mugihe caheze? Ubwo bo ntibamenje? Imana yo Mucarubanza itarenganya izobishira ahabona kandi biriko biraja ahabona kiretse uwudashaka kubibona gusa.

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s